Société
Kenya : La mort en garde à vue d’un blogueur suscite un émoi national
Albert Ojwang est décédé dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 juin, dans une cellule du commissariat central de Nairobi. La police affirme qu’il s’est suicidé, mais la famille conteste cette version.
Des dizaines de militants ont organisé une manifestation devant une morgue de Nairobi, la capitale du Kenya, après la mort d’un blogueur de 31 ans en garde à vue.
La mort d’Albert Omondi Ojwang a suscité l’indignation au Kenya. Il a été arrêté suite à une plainte du chef adjoint de la police, qui l’accusait d’avoir terni son nom sur les réseaux sociaux.
Dans une première déclaration , la police a déclaré que M. Ojwang « a subi des blessures à la tête après s’être cogné la tête contre un mur de cellule » pendant sa détention.
Cependant, l’avocat de la famille Ojwang, Julius Juma, a déclaré que le corps portait des signes de traumatisme physique grave, notamment un gonflement de la tête, du nez et des oreilles.
M. Juma a également cité des contusions sur les épaules et les mains de M. Ojwang – des blessures qui, selon lui, n’étaient pas compatibles avec un seul impact contre un mur.
L’Autorité indépendante de surveillance de la police du Kenya (IPOA) a ouvert une enquête sur sa mort.
Tenant des pancartes et scandant « Arrêtez de nous tuer », une foule a manifesté devant la morgue de Nairobi, où le corps de M. Ojwang est conservé.
La foule s’est ensuite rendue au commissariat central de police où M. Ojwang était détenu au moment de sa mort.
M. Ojwang a été arrêté vendredi à Homa Bay, une ville de l’ouest du Kenya, à cause d’un message publié sur X qui aurait critiqué l’inspecteur général adjoint de la police, Eliud Lagat.
Il a ensuite été transféré à plus de 350 km (220 miles) de Nairobi et incarcéré au poste de police central samedi.
Selon M. Kanja, M. Ojwang a été arrêté après que M. Lagat a déposé une plainte selon laquelle son nom était « terni ».
« C’est sur cette base que les enquêtes ont été menées », a déclaré M. Kanja lors d’une conférence de presse.
En réponse à la pression croissante de l’opinion publique, M. Kanja a annoncé que des officiers supérieurs du commissariat central de police de Nairobi avaient été « interceptés ».
Le porte-parole de la police, Michael Muchiri, a déclaré à la BBC que cela signifie que les officiers ne pourraient pas exercer leurs fonctions et recevraient la moitié de leur salaire, en attendant le résultat de l’enquête menée par l’IPOA.
Lors d’une conférence de presse, l’inspecteur général Kanja a déclaré que la police apporterait aux enquêteurs tout le « soutien nécessaire » pour résoudre l’affaire.
M. Ojwang a été retrouvé inconscient lors d’une inspection de routine des cellules et « transporté d’urgence à l’hôpital, où il a été déclaré mort à son arrivée », selon la police.
Le directeur de la branche kenyane d’Amnesty International, Irungu Houghton, a déclaré à la BBC que la mort de M. Ojwang était « très suspecte ».
M. Houghton a déclaré qu’il était « assez choquant » que M. Ojwang n’ait pas été enregistré au poste de police local après avoir été détenu, mais qu’il ait plutôt été emmené pour un long voyage.
Dimanche, il a appelé les enquêteurs indépendants à sécuriser ce qu’il a décrit comme « la scène du crime » au poste de police de Nairobi.
La mort de M. Ojwang en détention survient à un moment où l’inquiétude grandit quant à la manière dont certains critiques du gouvernement sont traités.
La semaine dernière, la développeuse de logiciels Rose Njeri , qui a créé un outil pour aider les citoyens à s’opposer à un projet de loi de finances gouvernementales, a été accusée d’avoir enfreint la loi sur la cybercriminalité. Elle nie cette accusation.
Société
Côte d’Ivoire : Le prix bord champ du kilogramme de la noix de cajou fixé à 400 FCFA
Le prix plancher bord champ du kilogramme de la noix de cajou est fixé à 400 FCFA pour la campagne 2026. L’annonce a été faite ce vendredi 6 février 2026, à Yamoussoukro par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, à l’occasion des Journées nationales du Producteur de l’anacarde, du coton et du karité.
Ce prix de 400 FCFA/Kg, légèrement en baisse comparé à la campagne précédente s’explique par un repli constaté sur le marché international, accentué par des mesures tarifaires restrictives imposées par les États-Unis. À cela s’ajoute la baisse du dollar, passé de 620 FCFA en 2025 à 565 FCFA aujourd’hui, limitant mécaniquement les marges de manœuvres financières.
Selon le ministre Bruno Nabagné Koné, « La fixation d’un prix prudent mais protecteur s’impose afin de préserver l’écoulement de toute la production nationale tout en sécurisant les revenus des producteurs ».
Il a rappelé l’engagement du Gouvernement, sur instructions du Président de la République, à intervenir financièrement pour soutenir le pouvoir d’achat des producteurs.
Le ministre n’a pas exclu la possibilité d’une révision à la hausse du prix, comme cela fut le cas lors de précédentes campagnes, si la situation au niveau international s’améliorait. En fixant le prix de 400 FCFA/Kg, le Gouvernement entend maintenir la position de leader mondial de la Côte d’Ivoire, tout en garantissant une rémunération attractive à ses braves paysans.
Société
RD Congo : Au moins 200 morts dans l’effondrement d’une mine de coltan
Une série de glissements de terrain a frappé une mine contrôlée par des milices en République démocratique du Congo. L’effondrement a enseveli des personnes vivantes et fait plusieurs morts.
Selon des témoins une partie d’un versant dans la zone minière de Rubaya s’était effondrée mercredi après-midi. Un deuxième glissement de terrain s’est produit jeudi matin.
« Il a plu, puis il y a eu un glissement de terrain qui a emporté des gens. [ …]Certains ont été engloutis, d’autres sont morts dans les puits. Beaucoup sont encore coincés à l’intérieur. » , a révélé Franck Bolingo, mineur.
Vendredi, des dizaines de chiffonniers continuaient à creuser à la pelle sur le vaste site.
Depuis sa résurgence en 2021, le groupe M23 s’est emparé de vastes étendues de l’est de la RDC, riche en ressources, et a pris le contrôle de la mine de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, en avril 2024, avec l’aide du Rwanda.
La mine de Rubaya produit entre 15 et 30 % de l’approvisionnement mondial en coltan, un minerai essentiel à la fabrication d’appareils électroniques tels que les ordinateurs portables et les téléphones mobiles.
Selon les experts des Nations Unies, le M23 a mis en place une administration parallèle à l’État congolais afin de réglementer l’exploitation de la mine de Rubaya depuis sa prise de contrôle.
Les experts estiment que le M23 tire environ 800 000 dollars par mois de la mine grâce à une taxe de sept dollars par kilo sur la production et la vente de coltan.
Les experts de l’ONU accusent également le Rwanda, qui nie fournir un soutien militaire au M23, d’utiliser la milice pour détourner les richesses minérales de la RDC.
Outre le fait qu’elle contient entre 60 et 80 % du coltan mondial, la partie orientale de la RDC abrite également de vastes réserves d’or et d’étain.
Plusieurs sociétés minières internationales ont temporairement suspendu leurs activités dans l’est du pays en raison de l’avancée du M23.
Source : https://fr.africanews.com/2026/01/31/rdc-un-glissement-de-terrain-meurtrier-frappe-un-site-minier/
Société
Afrique : plus de 100 morts dans des inondations dévastatrices au Mozambique
L’Afrique du Sud a décrété officiellement ce dimanche l’état de catastrophe nationale face aux inondations meurtrières et destructrices qui frappent depuis décembre le pays. Le Zimbabwe et surtout le Mozambique déplorent également des victimes. Selon le dernier bilan dressé par Maputo, rien qu’au Mozambique plus de 100 personnes sont mortes dans diverses circonstances du fait des intempéries.
Des pluies sont encore attendues, des centres d’hébergements d’urgence sont bondés selon Guy Taylor de l’Unicef Mozambique. Et tout le monde n’a pas encore pu être mis à l’abri. « Beaucoup de gens sont encore complètement isolés et attendent des secours. Beaucoup sont coupés des services essentiels dont ils dépendent. Or, les enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ont besoin d’aliments thérapeutiques immédiatement. »
Des soins d’autant plus nécessaires que les inondations accentuent le risque sanitaire : « Le Mozambique connaissait déjà des cas de choléra dans de nombreuses régions, et il est donc très probable que cette inondation accélère sa propagation et celle d’autres maladies, rappelle Guy Taylor. Il est essentiel que nous intervenions dès maintenant pour aider les gens à avoir accès à de l’eau potable. Il faut un accès à des services de santé pour que les enfants puissent être traités et recevoir des vaccinations cruciales ».
Des milliers d’hectares de champs inondés
Pour ne rien arranger, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) cité par Associated Press, 70 000 hectares de champs ont été inondés. « La majorité des gens au Mozambique dépendent d’une agriculture de subsistance. Il est probable que des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes verront leur sécurité alimentaire gravement menacée par ces inondations. »
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