Politique
RD Congo : Signature du volet économique de l’accord de paix du 27 juin
Plus de quatre mois après la poignée de main historique, à Washington, entre les ministres des Affaires étrangères rwandais et congolais, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont paraphé le texte intégral du cadre d’intégration économique régional, le volet économique de l’accord de paix du 27 juin. Cela s’est fait dans la nuit de vendredi à ce samedi 8 novembre, dans la capitale américaine, à l’issue de la quatrième réunion du comité conjoint de suivi de l’accord, une avancée significative, se réjouissent les deux médiateurs, le Qatar et les États-Unis.
Il faut dire que le texte était déjà prêt, depuis la fin du mois d’août. Les deux délégations étaient prêtes à signer, la première semaine d’octobre. Kinshasa avait refusé de signer, expliquant qu’il fallait d’abord avancer sur les aspects sécuritaires.
Vendredi 7 novembre, devant Allison Hooker, sous-secrétaire d’État américaine aux Affaires politiques, et Massad Boulos, conseiller spécial pour l’Afrique, les deux camps ont finalement paraphé le document. Le texte fixe les secteurs de coopération économique entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’avec Washington, dans une certaine mesure.
Le texte signé précise toutefois que la mise en œuvre de ce cadre d’intégration économique reste subordonnée à l’exécution satisfaisante du concept d’opérations (CONOPS) et de l’ordre opérationnel (OPORD) prévus par l’accord de paix, deux mécanismes censés neutraliser les FDLR et lever les mesures dites défensives du Rwanda.
Il s’agit ainsi d’une avancée sur le papier, mais pas vraiment sur le terrain. D’ailleurs, les deux parties reconnaissent la lenteur des progrès et se sont engagées à redoubler d’efforts pour appliquer l’accord de Washington. Elles se sont ainsi entendues sur des actions concrètes à court terme. Sur ce point, Kinshasa et Kigali ont notamment examiné les préparatifs des opérations militaires contre les FDLR et ont adopté un accord de mise en œuvre.
Sur le papier, cela ressemble à des avancées, mais c’est sur le terrain qu’il faut évaluer les vrais résultats, a confié à RFI un diplomate occidental qui suit ce processus de paix.
« Nous sommes sur le point de cueillir le fruit de la paix »
De son côté, le président congolais Félix Tshisekedi a annoncé la conclusion prochaine des processus de Doha et de Washington, deux cadres de négociations destinés à ramener la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. Depuis Belém où il participe au sommet climatique de la COP30, Félix Tshisekedi a précisé que la Maison-Blanche devait prochainement adresser l’invitation officielle pour la signature de l’accord de paix.
« Je suis heureux de vous annoncer que les pourparlers dont il est question à Washington et à Doha arrivent à leur terme. Dans les prochains jours, la Maison Blanche va nous adresser officiellement une invitation à clôturer ce processus de l’accord de paix. Mais attention, nous ne sommes pas naïfs. Ce n’est pas nous qui avons provoqué cette guerre. Beaucoup de pays voisins profitaient de notre pays et de notre économie. Nous nous sommes battus pour mettre fin à cela. Nous sommes à la fin. Nous sommes sur le point de cueillir le fruit de la paix, le fruit d’une paix durable en RDC », a affirmé en lingala le président congolais au micro de RFI.
Politique
Côte d’Ivoire : 176 cadres et militants du RHDP sanctionnés pour indiscipline
Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti de Alassane Ouattara, a sanctionné, pour indiscipline, 176 militants dont deux anciennes figures du gouvernement, pour avoir maintenu des candidatures indépendantes pour les législatives du 27 décembre 2026.
La discipline de parti n’est plus une option au RHDP, elle est désormais une exigence absolue. Gilbert Koné Kafana, président du directoire de la formation au pouvoir, a officialisé une série de sanctions visant 176 cadres et militants.
Leur tort : s’être portés candidats aux élections législatives du 27 décembre 2026 sans avoir obtenu l’onction officielle du parti présidé par Alassane Ouattara. En choisissant de faire cavalier seul face aux candidats officiels désignés par la rue Lepic, ces militants ont franchi la ligne rouge tracée par la direction.
Parmi les sanctionnés, deux noms de poids retiennent l’attention. Nabo Clément, ancien ministre des Eaux et Forêts (2011-2012), et Sidiki Konaté, ex-ministre du Tourisme et de l’Artisanat (2007-2010), figurent sur cette liste de dissidents.
La riposte du directoire se veut exemplaire. Les dissidents se voient infliger une batterie de mesures restrictives : Un blâme formel intégré à leur dossier, la déchéance immédiate de toute fonction politique occupée au sein du RHDP.
Ils sont frappés, en outre, d’une exclusion des élections internes pour une durée de trois ans (jusqu’au 31 décembre 2028) et de l’interdiction de représenter le parti lors des scrutins nationaux sur la même période.
À travers cette décision, le RHDP affiche une fermeté assumée. L’enjeu est clair : étouffer toute velléité de division interne pour aborder les joutes électorales à venir en bloc monolithique. En écartant les indépendants pour les trois prochaines années, le RHDP entend restaurer l’autorité du parti et garantir une victoire sans dispersion de voix.
Source : https://fr.apanews.net/cote-divoire/deux-ex-ministres-sanctionnes-au-sein-du-parti-de-ouattara/
Politique
Afrique du Sud : L’armée déployée au Cap-Occidental contre le crime organisé
L’Afrique du Sud s’apprête à déployer plusieurs centaines de soldats et policiers dans les zones sensibles de la région du Cap-Occidental, dans le cadre d’un effort national pour lutter contre la criminalité organisée, l’exploitation minière illégale et la violence des gangs.
Environ 500 membres de l’armée, de la police nationale et de la police locale du Cap ont participé à un défilé et à une opération de mise en place dans cette ville côtière, à la veille de leur déploiement d’un an.
« Nos familles souffrent depuis trop longtemps, » a déclaré la députée sud-africaine Dereleen James. « Nous allons ramener la paix, nous allons ramener l’unité. »
Les autorités sud-africaines ont prévu de déployer un total de 2 200 soldats dans cinq provinces sur les neuf que compte le pays, selon un plan présenté devant le parlement mi-février.
La mesure a suscité les critiques d’experts et de personnalités politiques de l’opposition, qui affirment que les soldats ne possèdent pas les compétences nécessaires pour assurer le maintien de l’ordre.
Ces dernières semaines, plusieurs centaines de soldats ont déjà été déployés dans la province de Gauteng, autour de Johannesburg.
« Nous mettons l’accent sur des opérations coordonnées et fondées sur le renseignement, visant à démanteler les réseaux d’exploitation minière illicite, à lutter contre la violence des gangs et à perturber le crime organisé à plus grande échelle dans tout le pays, » a déclaré mardi au Cap la Lieutenant-Général Tebello Mosikili, commissaire adjointe de la police nationale.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a qualifié le crime organisé de “menace la plus immédiate” pour le pays. L’Afrique du Sud affiche l’un des taux d’homicide parmi les plus élevés au monde, avec plus de 60 meurtres par jour.
Politique
Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra investi pour un nouveau mandat de sept ans
Faustin-Archange Touadéra a prêté serment pour un troisième mandat de sept ans à la tête de la Centrafrique. Cette investiture marque l’entrée officielle dans la VIIe République issue de la réforme constitutionnelle de 2023. La cérémonie, organisée à Bangui, intervient toutefois dans un climat politique contesté et sur fond de défis sécuritaires et économiques majeurs.
La capitale centrafricaine a fait peau neuve pour un événement que le pouvoir juge historique. Ce lundi 30 mars 2026, Faustin-Archange Touadéra prête serment pour un troisième mandat à la tête de la République centrafricaine. Cette cérémonie solennelle, organisée en trois temps forts, marque officiellement le début d’un bail de sept ans au palais de la Renaissance. Elle consacre également l’avènement de la VIIe République, issue de la réforme constitutionnelle de 2023. Pour l’occasion, Bangui a retrouvé un éclat oublié : des feux tricolores ont été réinstallés et mis en service pour la première fois depuis quinze ans, tandis que la place Omar-Bongo et le célèbre « Stade 20 000 places » ont bénéficié de travaux de rénovation express.
Une investiture sous le signe de la rupture et de la controverse
Validée en janvier dernier par le Conseil constitutionnel avec un score de 77,90 % des voix, la réélection du président sortant ne fait pourtant pas l’unanimité. Si ses partisans, à l’instar du ministre de la Communication Maxime Balalou, évoquent un « moment sublime de communion », l’opposition reste vent debout. Son principal adversaire, Anicet-Georges Dologuélé, continue de dénoncer des irrégularités lors du scrutin de décembre.
La tension est montée d’un cran ce week-end avec l’inauguration d’une statue à l’effigie du chef de l’État sur un rond-point portant désormais son nom. Cette initiative a suscité de vives critiques de la part de l’opposant Crépin Mboli-Goumba, qui y voit un culte de la personnalité rappelant les heures sombres de l’époque Bokassa.
Les premiers chantiers d’un mandat de transition institutionnelle
Au-delà du faste de la cérémonie, à laquelle assistent plusieurs dirigeants de la zone Cemac et le président de l’Union africaine Évariste Ndayishimiye, l’agenda politique s’annonce déjà chargé. L’une des premières décisions attendues de la part de Faustin-Archange Touadéra est la nomination d’un vice-président, un poste clé créé par la nouvelle architecture institutionnelle.
Un remaniement ministériel d’envergure est également pressenti, bien qu’il doive probablement attendre l’issue du second tour des élections législatives prévu pour la fin du mois d’avril. Le président devra alors composer une équipe capable de naviguer dans un contexte de mutation profonde de l’État centrafricain.
Un horizon assombri par des défis socio-économiques majeurs
Malgré les célébrations, la réalité du pays reste précaire pour une grande partie de la population. Le nouveau septennat s’ouvre sur des enjeux de taille, à commencer par la lutte contre la pauvreté endémique. Ce défi est d’autant plus complexe que le pays fait face à un retrait progressif de plusieurs organisations non gouvernementales (ONG), piliers traditionnels de l’aide humanitaire.
Sur le plan sécuritaire, la situation demeure fragile. La réduction annoncée de la présence des forces onusiennes obligera le gouvernement à assumer davantage de responsabilités dans la protection du territoire, tout en cherchant à stabiliser les zones encore sous influence de groupes armés.
Source : https://www.afrik.com/centrafrique-faustin-archange-touadera-investi-pour-un-nouveau-mandat-de-sept-ans