Économie
UEMOA : La BCEAO lance la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané
La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a procédé, ce 30 septembre 2025 à Dakar, au lancement officiel de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI‑SPI). La cérémonie, présidée par Monsieur Cheikh DIBA, Ministre des Finances et du Budget de la République du Sénégal, représentant le Président du Conseil des Ministres de l’UMOA, s’est déroulée en présence de Monsieur Alioune SALL, Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique de la République du Sénégal, des hautes des Autorités des institutions de l’Union, de partenaires techniques et financiers, ainsi que des principaux acteurs du secteur financier de l’Union.
Lors de son allocution, le Gouverneur de la BCEAO, Monsieur Jean‑Claude Kassi BROU, a souligné que la mise en place de la plateforme PI‑SPI constitue l’aboutissement d’une vision partagée par les Autorités de l’Union, portée par la Banque Centrale, en faveur d’un écosystème financier plus inclusif, plus dynamique et plus performant.
PI‑SPI est un système de paiement instantané et interopérable, accessible en continu dans les huit pays de l’UEMOA. Conçu pour permettre des transactions rapides et sécurisées entre les différents prestataires de services de paiement, il vise à améliorer l’efficacité, la sécurité et l’inclusivité des paiements au sein de l’Union, avec pour objectif de renforcer l’inclusion financière, réduire l’usage des espèces fiduciaires, promouvoir l’innovation et consolider l’intégration économique et financière de l’Union.
L’Union a réalisé des avancées significatives en matière de digitalisation financière, notamment la progression spectaculaire des paiements électroniques, passés de 260 millions à plus de 11 milliards entre 2014 et 2024, ainsi qu’un taux d’inclusion financière désormais estimé à 74%, contre moins de 15 % deux décennies plus tôt.
PI‑SPI vient consolider cette dynamique en apportant des bénéfices concrets à l’ensemble des parties prenantes :
Pour les particuliers, un accès simple, gratuit et instantané à leurs fonds, quel que soit le canal ou l’établissement utilisé ;
- Pour les commerçants, une acceptation universelle des paiements via un QR code standardisé ;
- Pour les entreprises, une meilleure gestion de trésorerie et une automatisation des flux ;
- Pour les administrations publiques, une optimisation du paiement des salaires, des aides sociales et du recouvrement fiscal ;
- Pour les banques et fintechs, un élargissement de l’offre de services, une réduction des coûts d’intégration et des opportunités de développement accrues.
Le Gouverneur Jean‑Claude Kassi BROU a salué la mobilisation des banques, établissements de monnaie électronique et institutions de microfinance déjà connectés à la plateforme, appelant l’ensemble des institutions de paiement de l’Union à rejoindre la dynamique. Il est également revenu sur le choix stratégique de la BCEAO de concevoir et de développer cette infrastructure intégralement en interne, grâce à la mobilisation de jeunes talents, des ingénieurs issus des meilleures écoles et universités de l’Union, dirigés par les équipes de la Banque Centrale et guidés dans leur mission par Monsieur Abdoulaye SECK, alors Secrétaire Général de la BCEAO. Le Gouverneur a rendu hommage aux membres de l’équipe projet pour leur engagement exemplaire et leur sens du devoir.
Le Gouverneur a rendu hommage aux membres de l’équipe projet pour leur engagement exemplaire et leur sens du devoir.
Une vaste campagne de communication est annoncée dans les huit Etats membres, ainsi qu’un accompagnement ciblé des Trésors publics pour leur intégration diligente à la plateforme.
« Nous entrons dans une nouvelle ère. Adoptons le réflexe PI. », ont déclaré d’une seule voix les différents intervenants, appelant à l’appropriation massive de PI‑SPI par l’ensemble des acteurs économiques, institutionnels et techniques de l’Union.
Économie
Mali : Le projet aurifère de Yanfolila passe sous contrôle local
Le 17 décembre 2025, le groupe australien Marvel Gold a acté la cession intégrale de son projet aurifère de Yanfolila à une société minière malienne. Cette opération intervient dans un contexte où l’or demeure la principale source de recettes d’exportation du Mali et un pilier central de son économie.
Marvel Gold Limited a signé un protocole d’accord contraignant avec Askiya Mineral Resources, portant sur la cession à cent pour cent du projet de Yanfolila, situé dans le sud du Mali. La transaction prévoit une contrepartie pouvant atteindre 1,94 million de dollars américains, soit un peu plus d’un milliard de FCFA, montant conditionné à la finalisation d’audits techniques et juridiques sur une période de trente jours. Dans le cadre de l’accord, Marvel s’est engagée à transférer l’ensemble des permis et à accompagner leur renouvellement auprès du Cadastre minier, une étape déterminante pour la poursuite des activités d’exploration et d’exploitation.
Le projet de Yanfolila s’inscrit dans une zone aurifère déjà connue, à proximité d’axes miniers actifs du sud du pays, région qui concentre une part importante des investissements aurifères industriels et semi-industriels. Pour Marvel Gold, cette cession s’intègre dans une stratégie de recentrage sur d’autres actifs jugés prioritaires, notamment son projet de Hanang en Tanzanie, dans un contexte de rationalisation de portefeuille face aux coûts d’exploration et aux exigences réglementaires croissantes.
Pour Askiya Mineral Resources, basée à Bamako, la reprise de cet actif marque une étape significative dans la montée en puissance d’acteurs miniers locaux dans un secteur longtemps dominé par des groupes étrangers. Cette opération intervient alors que l’or reste de loin le premier produit d’exportation du Mali, avec 2 652 milliards de FCFA de recettes en 2024, selon les données publiées par la BCEAO, très loin devant le coton et le bétail. Le secteur aurifère industriel contribue à lui seul à une part majeure des recettes en devises, des revenus fiscaux et de l’emploi formel, tout en attirant des investissements étrangers et nationaux.
Dans ce contexte, la cession de Yanfolila à un opérateur malien alimente le débat sur la valorisation locale des ressources minières et sur la capacité des entreprises nationales à capter une part plus importante de la chaîne de valeur. Elle s’inscrit également dans un environnement marqué par l’application du nouveau code minier et par la volonté affichée des autorités de renforcer la participation nationale dans l’exploitation de l’or, ressource stratégique pour l’équilibre budgétaire et la balance extérieure du pays.
Source : https://fr.apanews.net/news/mali-le-projet-aurifere-de-yanfolila-passe-sous-controle-local/
Économie
Togo : 150 millions USD de la Banque mondiale pour soutenir l’investissement privé et l’emploi
Le Togo vient de bénéficier d’un financement de 150 millions de dollars du Groupe de la Banque mondiale, destiné à stimuler l’investissement privé et à favoriser la création d’emplois. L’opération, financée par l’Association internationale de développement, représente environ 84 milliards de FCFA.
Ce soutien marque la première phase d’une série programmatique prévue sur trois ans, indique-t-on depuis Washington. Il s‘agit, à travers un ensemble de réformes, de lever plusieurs contraintes structurelles qui pèsent sur la transformation économique du pays.
Les réformes ciblent en priorité l’amélioration de la productivité agricole, notamment à travers la sécurisation foncière et l’accès au financement pour les petits exploitants.
Plus encore, le programme prévoit également des mesures visant à réduire les déficits d’infrastructures dans l’énergie, le numérique et la logistique, considérés comme des freins majeurs à l’activité privée.
Sur le plan de l’attractivité économique, l’accent devrait être mis, indique-t-on, sur le renforcement du cadre des investissements directs étrangers et sur la mobilisation accrue de capitaux privés.
Selon la Banque mondiale, la mise en œuvre complète de ce programme pourrait permettre de mobiliser jusqu’à 800 millions de dollars d’investissements privés additionnels et d’améliorer les conditions d’emploi de près de 73 000 personnes sur une période de cinq ans. A cet égard, les secteurs de l’agriculture, du foncier et de l’énergie sont identifiés comme les principaux moteurs de création d’emplois.
« S’il est pleinement mis en œuvre, ce programme triennal marquera une étape décisive pour le développement du secteur privé au Togo, avec le potentiel de mobiliser jusqu’à 800 millions de dollars de capitaux privés additionnels et d’améliorer les conditions d’emploi de 73 000 personnes sur cinq ans », a ainsi déclaré Justin Beleoken Sanguen, Représentant résident par intérim de la Banque mondiale pour le Togo. « Les réformes dans l’agriculture, le foncier et l’énergie seront les principaux moteurs de création d’emplois, tandis que les capitaux privés supplémentaires devraient provenir notamment des projets dans les énergies renouvelables et d’une attractivité accrue pour les IDE. »
Vers une Agence nationale du domaine et du foncier
Parmi les mesures phares figurent la création de l’Agence nationale du domaine et du foncier (ANDF) pour accélérer la délivrance des titres fonciers, la révision de la gouvernance de la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET), ainsi que la régulation des prix du haut débit afin de renforcer la concurrence numérique.
Des réformes de la formation technique et professionnelle complètent le dispositif, avec pour objectif d’adapter les compétences aux besoins des secteurs productifs.
Économie
Afrique du Sud : Vers l’ouverture totale du marché de l’électricité à la concurrence
Le ministre sud-africain de l’Électricité et de l’Énergie, Kgosientsho Ramokgopa, a validé une stratégie révisée pour le démantèlement du géant public de l’électricité, Eskom.
La décision de démantèlement d’Eskom marque une étape majeure vers l’ouverture totale du marché sud-africain de l’électricité à la concurrence.
Mardi, M. Ramokgopa a confirmé que ce plan, entériné par le conseil d’administration d’Eskom, prépare la restructuration de la compagnie, conformément à la loi modifiant la réglementation de l’électricité (Electricity Regulation Amendment Act).
Les actifs de transmission resteront sous l’égide de la National Transmission Company of South Africa (NTCSA), une filiale d’Eskom. Parallèlement, le gouvernement lancera le processus juridique visant à établir un opérateur de système de transmission (OST) entièrement indépendant.
L’OST sera chargé de superviser les opérations du système, les fonctions de marché et les achats centralisés. Il devra garantir un accès non discriminatoire à tous les acteurs, favorisant ainsi un marché de gros de l’électricité compétitif.
« Cette décision stratégique représente une avancée significative vers l’établissement d’un marché de l’électricité concurrentiel en Afrique du Sud », a déclaré M. Ramokgopa. Soulignant que cette approche concilie surveillance publique, tarification abordable, efficacité et diversité de l’approvisionnement.
Cette initiative intervient dans un contexte de difficultés persistantes chez Eskom, marquées il y a quelques années par des délestages chroniques (load-shedding), le vieillissement des infrastructures et un endettement dépassant les 400 milliards de rands.
Depuis longtemps, les analystes plaident pour le démantèlement afin d’améliorer la transparence, d’attirer les investissements privés et de diversifier la capacité de production. La stratégie révisée vise à mobiliser les capitaux du secteur privé tout en assurant la stabilité financière d’Eskom et la sécurité énergétique nationale. La séparation juridique de la NTCSA a déjà été finalisée, jetant les bases des réformes futures.
M. Ramokgopa a précisé qu’Eskom mettra en œuvre la stratégie par phases pour gérer les risques financiers et opérationnels. Le gouvernement s’engage, quant à lui, à dialoguer avec les régulateurs, les municipalités et les syndicats pour garantir une transition stable.
Il a insisté sur l’impératif de concilier l’intégration des énergies renouvelables avec une production de charge de base fiable. Le ministre a également rappelé la nécessité de protéger les consommateurs vulnérables et de préserver l’accès universel alors que l’Afrique du Sud poursuit sa transition énergétique juste.
Source : https://fr.apanews.net/business/afrique-du-sud-feu-vert-au-demantelement-deskom/