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Société

Nigeria : L’écrivain Ken Saro-Wiwa et des militants Ogoni graciés à titre posthume

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À l’occasion de la Journée de la démocratie, célébrée le 12 juin, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a annoncé l’octroi d’une grâce présidentielle à titre posthume à l’écrivain Ken Saro-Wiwa et à huit autres militants Ogoni exécutés en 1995 sous la dictature militaire de Sani Abacha.

Ce pardon national aux « Ogoni Nine » – parmi lesquels figuraient Saturday Dobee, Nordu Eawo, Barinem Kiobel, John Kpuine et d’autres figures de la contestation environnementale – intervient près de trois décennies après leur pendaison dans la prison de Port Harcourt, le 10 novembre 1995.

À l’époque, leur exécution avait provoqué une onde de choc mondiale. Le régime d’Abacha, sourd aux appels à la clémence émanant de personnalités telles que Bill Clinton, Nelson Mandela ou Desmond Tutu, avait choisi de défier la communauté internationale en exécutant les militants le jour même de l’ouverture du sommet du Commonwealth à Auckland.

Ken Saro-Wiwa, écrivain, producteur de télévision et militant infatigable des droits des Ogoni, avait dénoncé dès les années 1990 les ravages causés par l’exploitation pétrolière dans le delta du Niger, notamment ceux de la multinationale Shell. Fondateur du MOSOP (Mouvement pour la survie du peuple ogoni), il s’était efforcé de conjuguer l’action politique et l’engagement environnemental, défendant avec une rare éloquence les droits d’une communauté marginalisée, victime de la pollution, de l’expropriation et de la répression.

À travers son ouvrage Genocide in Nigeria: The Ogoni Tragedy (1992), il avait exposé au grand jour les effets destructeurs des fuites d’hydrocarbures, l’inaction coupable des autorités nigérianes et la complicité présumée de Shell dans la répression des protestations.

Le procès des neuf militants avait été entaché d’irrégularités manifestes. Amnesty International le qualifie encore aujourd’hui de « mascarade judiciaire ». Les chefs d’accusation – notamment celui d’avoir orchestré l’assassinat de chefs coutumiers pro-gouvernementaux lors d’un rassemblement en 1994 – se fondaient sur des témoignages extorqués et des preuves douteuses. La brutalité de leur exécution, au terme d’un rituel humiliant, a marqué les mémoires. Selon certains récits, les bourreaux durent s’y reprendre à plusieurs reprises pour mettre fin aux souffrances de Saro-Wiwa.

Si l’annonce de Tinubu est accueillie comme une avancée morale, elle reste, selon plusieurs ONG, largement insuffisante. Amnesty International a salué une mesure « bienvenue », mais estime qu’elle « ne saurait remplacer une reconnaissance pleine et entière de l’innocence des condamnés ». L’organisation appelle à une exoneration officielle, à l’engagement d’une procédure de réhabilitation judiciaire et à la réparation des torts infligés aux familles des victimes.

En parallèle, les appels à tenir les compagnies pétrolières responsables de la dévastation environnementale dans le delta du Niger se multiplient. Shell, qui a nié tout rôle dans les arrestations et les actes de torture signalés à l’époque, fait actuellement face à plusieurs procédures devant la justice britannique, intentées par des membres de la communauté ogoni.

Source : https://fr.africanews.com/2025/06/13/le-president-tinubu-gracie-lecrivain-ken-saro-wiwa-et-huit-autres-militants-ogoni/

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Tunisie: libération des travailleurs humanitaires jugés pour aide aux migrants

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En Tunisie, des responsables de l’organisation Terre d’asile, qui étaient en détention dans le cadre d’une procédure judiciaire pour leur rôle dans l’aide apportée aux migrants, ont été récemment libérés  dans la nuit de lundi à mardi 6 janvier, a annoncé le comité de soutien de l’une d’entre eux.

Cette décision intervient dans un contexte où leur implication dans la fourniture de soutien humanitaire suscite à la fois des débats et des préoccupations quant à la légitimité de leur action face aux réglementations en vigueur.

La libération marque une étape importante dans cette affaire, tout en soulignant les enjeux complexes liés à l’assistance aux migrants dans la région.

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RDC : 35000 cas de viols et d’agressions sexuelles contre les enfants, recensés en 2025

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En République démocratique du Congo, les abus sexuels commis contre les mineurs ont atteint des niveaux alarmants.

En 2025, l’Unicef a recensé plus de 35 000 cas de violences sexuelles contre les enfants sur l’ensemble du territoire congolais. L’instabilité sécuritaire reste l’une des principales causes de cette situation. Antoinette vivait dans le camp de Rhoo dans la province de l’Ituri lorsqu’elle a été victime d’agression sexuelle, cette région depuis des années est en proie à un conflit intercommunautaire opposant les Hema et Lendu.

J’avais 13 ans lorsque le viol a eu lieu, et j’en ai aujourd’hui 14. En rentrant de l’école, ma tante m’a envoyée chercher des légumes dans le champ. J’étais seule lorsque j’ai rencontré un inconnu qui m’a violée avant de s’enfuir raconte-elle.

Lire la suite sur https://fr.africanews.com/2026/01/05/rdc-plus-de-35000-cas-de-viols-et-dagressions-sexuelles-contre-les-enfants-en-2025/

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Sénégal : Les étudiants de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar en colère

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Binta Camara, étudiante en géographie à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal, affirme que les raisons de la révolte des jeunes étudiants sont apolitiques. « S’ils ont des problèmes, qu’ils les règlent entre eux« , assure-t-elle au micro de la DW. 

Elles n’ont, précise-t-elle, aucun lien avec les problèmes au sommet du parti présidentiel, le Pastef, qui avait jusqu’alors bénéficié du soutien d’une bonne partie de la jeunesse.

« Ils nous avaient promis, qu’une fois au pouvoir, ils allaient changer l’image de l’université et la situation des étudiants. Mais ce que nous vivons aujourd’hui est vraiment catastrophique. On les avait mis au pouvoir dans l’espoir qu’ils changent notre université« 

Pour Bassirou Gueye, représentant d’une association d’étudiants à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, les raisons de cette tension en milieu universitaire sont simplement à chercher dans les difficultés du gouvernement à apurer les arriérés de bourses.

« Nous manifestons pour une seule raison : réclamer notre dû. Rien de plus. Réclamer nos bourses et de meilleures conditions d’études. Nos bourses, c’est ce qui nous permet d’étudier, de manger, de nous loger, de vivre dignement. Et aujourd’hui, il est impossible d’accepter que des étudiants puissent rester plus d’un mois sans bourse« 

Un problème qui n’est pas récent 

Bassirou Gueye explique que ces tensions ne datent pas de l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.

« L’année passée, il y a eu des tensions liées aux étudiants de Master 1. Et ce type de crise existait bien avant, sous Macky Sall, Abdoulaye Wade, Abdou Diouf, etc. Donc, ce n’est pas un problème né avec le Pastef. Ces tensions ne sont pas une conséquence des débats politiques actuels« 

Le contexte budgétaire du Sénégal est sans nul doute l’une des principales causes de ces tensions à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Cependant, des analystes politiques sénégalais estiment que les problèmes au sommet du Pastef, notamment les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son premier ministre Ousmane Sonko, pourraient avoir des répercussions sur la prise en charge de certains dossiers sensibles de l’enseignement supérieur.

Source : https://www.dw.com/fr/senegal-etudiants-reclament-bourses-impay%C3%A9es/a-75080824

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