Politique
Maroc : Les élections législatives fixées au 23 septembre 2026
Le gouvernement marocain a annoncé que les prochaines élections pour la Chambre des représentants se tiendront le 23 septembre 2026, avec une campagne électorale prévue du 10 au 22 septembre.
Le gouvernement marocain a fixé au mercredi 23 septembre 2026 la date des prochaines élections législatives destinées à renouveler la Chambre des représentants, a annoncé jeudi le porte-parole de l’exécutif, Mustapha Baitas, à l’issue du Conseil de gouvernement. La décision intervient dans le cadre de l’adoption d’un projet de décret présenté par le ministère de l’Intérieur, qui encadre l’organisation du scrutin ainsi que les différentes étapes du processus électoral.
Selon les précisions apportées par le porte-parole lors de la conférence de presse hebdomadaire du gouvernement, le texte réglementaire fixe à la fois la date du vote et les modalités administratives liées au dépôt des candidatures.
Les déclarations de candidature devront être introduites via une plateforme électronique dédiée, ou directement auprès de l’autorité gouvernementale chargée de la réception des dossiers. Le décret détermine également les périodes officielles de dépôt des candidatures et les conditions applicables aux listes électorales.
La campagne électorale débutera officiellement à la première heure du jeudi 10 septembre 2026 et prendra fin à minuit le mardi 22 septembre, soit la veille du scrutin.
Les autorités ont par ailleurs communiqué les premières données relatives au corps électoral. Le ministre de l’Intérieur marocain, Abdelouafi Laftit, a indiqué que le nombre total d’inscrits provisoires sur les listes électorales atteint environ 16,5 millions d’électeurs. Selon les chiffres présentés devant la Chambre des conseillers lors d’une séance de questions orales, les hommes représentent 54 % du corps électoral contre 46 % de femmes.
La répartition territoriale du corps électoral montre une légère prédominance des zones urbaines. D’après les données communiquées par le ministère de l’Intérieur, 55 % des électeurs inscrits résident en milieu urbain, tandis que 45 % se trouvent dans les zones rurales. Ces chiffres illustrent la structure démographique du corps électoral dans un pays où les dynamiques urbaines jouent un rôle croissant dans la participation politique et la compétition électorale.
Source : https://fr.apanews.net/news/maroc-elections-legislatives-fixees-au-23-septembre-2026/
Politique
Mali : Annonce de la mort du ministre de la défense Sadio Camara
Pilier du régime militaire, CE général formé en Russie incarnait la ligne dure et souverainiste du pouvoir malien. Sa mort, au cœur d’une attaque contre sa résidence, fragilise un édifice sécuritaire déjà sous pression.
Le choc est à la mesure de l’attaque. Au Mali, le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, figure centrale du régime militaire, a été tué samedi 25 avril dans l’assaut mené contre sa résidence à Kati, ville-garnison aux portes de Bamako.
L’information, révélée en premier par la presse internationale, notamment, Le Figaro, a été confirmée dans la journée de ce dimanche par Jeune Afrique et RFI, ainsi que par plusieurs sources familiales puis sécuritaires. Selon ces dernières, une partie de ses proches, dont une de ses épouses, a également péri dans l’attaque.
À 47 ans, cet officier formé en Russie incarnait une génération de militaires convaincus que la reconquête de la souveraineté passait par une rupture assumée avec les partenaires occidentaux. Il était l’un des architectes du système mis en place depuis les coups d’État de 2020 et 2021.
Un homme du sérail militaire
Peu connu du grand public avant 2020, Sadio Camara s’impose dans l’ombre des casernes. Officier de carrière, il appartient au premier cercle des militaires qui prennent le pouvoir en août 2020, aux côtés du colonel Assimi Goïta.
Dans ce groupe de jeunes officiers, il se distingue par sa maîtrise des questions de défense et son réseau au sein de l’appareil militaire. Très vite, il devient incontournable.
Nommé une première fois ministre de la Défense dans la transition, il est brièvement écarté sous pression internationale, avant de revenir en force après le second coup d’État de mai 2021. Un retour qui marque l’affirmation d’une ligne plus dure au sommet de l’État.
L’architecte du tournant russe
C’est sous son impulsion que Bamako opère l’un des basculements géopolitiques les plus significatifs de son histoire récente.
Dans un contexte de dégradation des relations avec la France et ses partenaires européens, Sadio Camara pilote le rapprochement avec Moscou. Il est l’un des principaux artisans de l’arrivée du groupe Wagner — devenu ensuite Africa Corps — pour appuyer l’armée malienne dans sa lutte contre les groupes djihadistes.
Ce choix stratégique, présenté comme un acte de souveraineté, redessine les alliances du pays. Mais il expose aussi le régime à de nouvelles dépendances et à des critiques sur les méthodes employées sur le terrain. Sadio Camara a été sanctionné par le Trésor américain en 2023.
Une doctrine sécuritaire offensive
Sur le plan militaire, Sadio Camara défend une approche offensive : reprendre le contrôle du territoire, coûte que coûte.
La reconquête de Kidal en novembre 2023, bastion historique des rébellions touarègues, constitue l’un des succès mis en avant par les autorités. Une victoire symbolique, censée marquer le retour de l’État dans le nord du pays. Mais derrière ces avancées, la réalité sécuritaire reste fragile. Les groupes djihadistes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) affilié à Al-Qaïda, conservent une forte capacité de nuisance. Les attaques se multiplient, y compris dans des zones autrefois relativement épargnées.
Une cible stratégique
La mort du ministre intervient au lendemain d’une offensive d’une ampleur inédite depuis l’arrivée au pouvoir de la junte en 2020. Dès l’aube samedi, des combattants djihadistes du JNIM, affilié à Al-Qaïda, et des rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont lancé des attaques coordonnées contre des cibles stratégiques.
Bamako, Kati, mais aussi Gao, Sévaré et Kidal ont été simultanément visées. Dans la capitale, des combats ont éclaté autour de l’aéroport et de la base militaire de Sénou, tandis que des hélicoptères survolaient la ville. Les principales artères menant aux sites sensibles ont été bouclées.
Dans un communiqué diffusé samedi soir, le JNIM a revendiqué l’opération, affirmant avoir ciblé « le siège du président », « celui du ministre de la Défense » ainsi que l’aéroport international de Bamako. Le groupe djihadiste a proclamé une « victoire », revendiquant une coordination étroite avec ses « frères » du FLA.
La coordination affichée entre le JNIM et le FLA constitue un tournant. Jusqu’ici, djihadistes et rebelles touaregs poursuivaient des objectifs distincts, parfois concurrents. Leur convergence tactique traduit une recomposition profonde du paysage sécuritaire.
Pour plusieurs analystes, cette offensive vise autant à infliger des pertes militaires qu’à ébranler le cœur du pouvoir. En ciblant Kati et Bamako, les assaillants frappent directement le dispositif militaire de la junte.
Dans tous les cas, la disparition de Sadio Camara ouvre une zone d’incertitude. Elle fragilise un dispositif sécuritaire qui peut vaciller à tout moment et pourrait raviver des tensions internes dans un régime sous pression.
Reste une question, désormais au centre de toutes les interrogations : comment le ministre de la Défense d’un pays en guerre a-t-il pu être atteint chez lui, à Kati, l’un des sites les plus sécurisés du Mali ?
Politique
Centrafrique: De faux diplômes de baccalauréat seraient délivrés aux politiciens locaux
En Centrafrique, une décision du ministère de l’Éducation nationale suscite une vive controverse au sein de l’opinion publique. Le 28 février 2025, un arrêté ministériel annonçait l’octroi du baccalauréat et de diplômes équivalents au profit de plusieurs dizaines de citoyens ayant perdu leurs attestations. Cependant, cette mesure restée discrète pendant plusieurs mois, refait surface, cette semaine, sur les réseaux sociaux, étant donné le contexte de sa signature, en pleine période électorale.
Selon la nouvelle Constitution centrafricaine, tout candidat aux élections législatives doit être titulaire du baccalauréat. Or, de nombreux candidats, y compris au sein du parti au pouvoir, ne disposeraient pas de ce diplôme. Pour une partie de l’opinion, cet arrêté aurait donc été pris pour favoriser certains candidats, au détriment de l’équité électorale.
Face à la polémique, le ministre de l’Éducation nationale a qualifié ces accusations de désinformation, lors d’une conférence de presse tenue, samedi 18 avril, à Bangui.
Cette décision, passée inaperçue pendant près d’un an, suscite aujourd’hui de nombreuses réactions. Certains acteurs de la société civile estiment qu’elle ne repose sur aucune base légale et rappellent que les diplômes doivent être obtenus par mérite.
« Le baccalauréat n’est pas une décoration que l’on peut attribuer à qui on veut. Il n’y a pas, aujourd’hui, un cadre légal qui encadre la décision du ministre. Nous pensons que cela a été fait à des fins politiques pour favoriser des candidats non diplômés du pouvoir. C’est une faute grave. », dénonce Quentin Ngbouando, coordonnateur de l’organisation de la société civile « I Gwé ».
De son côté, Aurélien Simplice Zingas, ministre de l’Éducation nationale, rassure que cette mesure n’est pas un cas isolé. Elle a commencé à être appliquée par ses prédécesseurs, depuis 2006. Selon lui, les archives de la Direction des examens et concours (DEC) ont été détruites lors des différentes crises qu’a traversées le pays.
Cette opération exceptionnelle permet de fournir ces documents académiques à ceux qui en ont fait la demande.
« Ces décisions ne relèvent ni de la complaisance ni de l’arbitraire. Je déplore avec fermeté la diffusion d’informations erronées, relayées sans la moindre rigueur de vérification, et qui relèvent manifestement d’une entreprise de désinformation et de diffamation », a déclaré Aurélien Simplice Zingas, ministre de l’Éducation nationale.
L’affaire désormais entre les mains de la justice. Le tribunal administratif, saisi par plusieurs citoyens, devrait rendre sa décision dans les prochains jours concernant une éventuelle abrogation de cet arrêté.
Politique
Togo : L’ambition de « servir de pont » entre le Sahel et la communauté internationale
Le Togo souhaite « servir de passerelle » entre le Sahel et la communauté internationale. Dans le cadre de cette ambition, le pays a élaboré une nouvelle stratégie présentée samedi, à Lomé, par le ministère des affaires étrangères, pour la période 2026-28.
Pour les autorités, cette nouvelle feuille de route remplace celle adoptée en 2021, qui a guidé l’engagement togolais au Sahel au cours des quatre dernières années.
« Le Togo est prêt à mettre son expertise en matière de médiation et son ancrage régional au service de la stabilité, en jouant le rôle de passerelle entre le Sahel et la communauté internationale au sens large », a déclaré Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères.
Plusieurs délégations internationales ont pris part à la rencontre de haut niveau initiée par les autorités togolaises, à savoir des représentants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) comprenant le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Également présents, des membres de l’ONU, des personnalités africaines et européennes.
« La coopération en matière de sécurité exige, en particulier, de mettre fin à l’accueil de forces étrangères hostiles menant des actions visant à déstabiliser ou à renverser les États voisins. La coopération régionale dans la lutte contre le terrorisme nécessite également de s’accorder sur une définition commune de ce qui constitue un terroriste ou des terroristes », s’est exprimé Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères.
« La coopération sécuritaire exige notamment de cesser d’accueillir des forces étrangères hostiles engagées dans des actions de déstabilisation ou de subversion des Etats voisins. La coopération régionale en matière de lutte contre le terrorisme exige également la nécessité de pouvoir avoir la même définition du terroriste ou des terroristes. »
Le contexte sécuritaire régional a occupé une place essentielle lors de ces assises à Lomé, et la France a tenu à rappeler son implication dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.
« C’est toute architecture sécuritaire de l’Afrique de l’ouest qui est désormais menacée. La France a joué tout son rôle pour faire reculer le terrorisme au Sahel au côté des armées de la région et à leur demande. Elle est enfin partie quand sa présence n’était plus souhaitée. La situation, aujourd’hui, est très différente « , a expliqué Christophe Guilhou, envoyé spécial de la France pour le Sahel.
Cette réunion intervient au moment où la CEDEAO enregistre la sortie du Mali, du Brukina Faso et du Niger.