Politique
Bénin: Attaque près de la frontière avec le Niger et le Burkina Faso
Les forces béninoises ont subi de lourdes pertes lors d’une attaque près de la frontière avec le Niger et le Burkina Faso, pays en proie à l’insurrection.
Le colonel Faizou Gomina, chef d’état-major de la garde nationale, a déclaré que l’une des positions militaires les mieux équipées du Bénin avait été touchée dans le nord du pays mercredi soir.
« Nous avons reçu un coup très dur », a ajouté le colonel Gomina.
On ne sait pas encore qui est à l’origine de l’attaque, mais le pays a connu ces dernières années une augmentation des attaques dans la région du nord, attribuées à des groupes djihadistes basés dans les pays voisins.
Plus de 120 militaires béninois ont été tués entre 2021 et décembre 2024, a indiqué une source diplomatique à l’agence de presse AFP.
Le mois dernier, des hommes armés ont tué trois soldats et en ont blessé quatre autres qui gardaient un oléoduc dans le nord-est du pays.
Le colonel Gomina n’a pas fourni de bilan pour l’attaque de mercredi, mais le principal parti d’opposition, The Democrats, a déclaré qu’environ 30 soldats avaient été tués dans la région d’Alibori, rapporte l’agence de presse Reuters.
Une source de sécurité a avancé un bilan de 28 morts, selon l’AFP.
« Nous poursuivons les opérations de nettoyage. Quarante assaillants ont été neutralisés jusqu’à présent », a ajouté la source militaire.
Le colonel Gomina a déclaré que la position attaquée était « l’une des plus fortes et des plus militarisées » et a appelé les commandants militaires à améliorer leurs stratégies opérationnelles afin de contrer les menaces à la sécurité.
« Réveillez-vous, officiers et chefs de section, nous avons des batailles à gagner », a-t-il déclaré.
En 2022, le Bénin a déployé près de 3 000 soldats pour freiner les incursions transfrontalières et renforcer la sécurité dans le nord du pays.
Politique
Côte d’Ivoire : 176 cadres et militants du RHDP sanctionnés pour indiscipline
Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti de Alassane Ouattara, a sanctionné, pour indiscipline, 176 militants dont deux anciennes figures du gouvernement, pour avoir maintenu des candidatures indépendantes pour les législatives du 27 décembre 2026.
La discipline de parti n’est plus une option au RHDP, elle est désormais une exigence absolue. Gilbert Koné Kafana, président du directoire de la formation au pouvoir, a officialisé une série de sanctions visant 176 cadres et militants.
Leur tort : s’être portés candidats aux élections législatives du 27 décembre 2026 sans avoir obtenu l’onction officielle du parti présidé par Alassane Ouattara. En choisissant de faire cavalier seul face aux candidats officiels désignés par la rue Lepic, ces militants ont franchi la ligne rouge tracée par la direction.
Parmi les sanctionnés, deux noms de poids retiennent l’attention. Nabo Clément, ancien ministre des Eaux et Forêts (2011-2012), et Sidiki Konaté, ex-ministre du Tourisme et de l’Artisanat (2007-2010), figurent sur cette liste de dissidents.
La riposte du directoire se veut exemplaire. Les dissidents se voient infliger une batterie de mesures restrictives : Un blâme formel intégré à leur dossier, la déchéance immédiate de toute fonction politique occupée au sein du RHDP.
Ils sont frappés, en outre, d’une exclusion des élections internes pour une durée de trois ans (jusqu’au 31 décembre 2028) et de l’interdiction de représenter le parti lors des scrutins nationaux sur la même période.
À travers cette décision, le RHDP affiche une fermeté assumée. L’enjeu est clair : étouffer toute velléité de division interne pour aborder les joutes électorales à venir en bloc monolithique. En écartant les indépendants pour les trois prochaines années, le RHDP entend restaurer l’autorité du parti et garantir une victoire sans dispersion de voix.
Source : https://fr.apanews.net/cote-divoire/deux-ex-ministres-sanctionnes-au-sein-du-parti-de-ouattara/
Politique
Afrique du Sud : L’armée déployée au Cap-Occidental contre le crime organisé
L’Afrique du Sud s’apprête à déployer plusieurs centaines de soldats et policiers dans les zones sensibles de la région du Cap-Occidental, dans le cadre d’un effort national pour lutter contre la criminalité organisée, l’exploitation minière illégale et la violence des gangs.
Environ 500 membres de l’armée, de la police nationale et de la police locale du Cap ont participé à un défilé et à une opération de mise en place dans cette ville côtière, à la veille de leur déploiement d’un an.
« Nos familles souffrent depuis trop longtemps, » a déclaré la députée sud-africaine Dereleen James. « Nous allons ramener la paix, nous allons ramener l’unité. »
Les autorités sud-africaines ont prévu de déployer un total de 2 200 soldats dans cinq provinces sur les neuf que compte le pays, selon un plan présenté devant le parlement mi-février.
La mesure a suscité les critiques d’experts et de personnalités politiques de l’opposition, qui affirment que les soldats ne possèdent pas les compétences nécessaires pour assurer le maintien de l’ordre.
Ces dernières semaines, plusieurs centaines de soldats ont déjà été déployés dans la province de Gauteng, autour de Johannesburg.
« Nous mettons l’accent sur des opérations coordonnées et fondées sur le renseignement, visant à démanteler les réseaux d’exploitation minière illicite, à lutter contre la violence des gangs et à perturber le crime organisé à plus grande échelle dans tout le pays, » a déclaré mardi au Cap la Lieutenant-Général Tebello Mosikili, commissaire adjointe de la police nationale.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a qualifié le crime organisé de “menace la plus immédiate” pour le pays. L’Afrique du Sud affiche l’un des taux d’homicide parmi les plus élevés au monde, avec plus de 60 meurtres par jour.
Politique
Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra investi pour un nouveau mandat de sept ans
Faustin-Archange Touadéra a prêté serment pour un troisième mandat de sept ans à la tête de la Centrafrique. Cette investiture marque l’entrée officielle dans la VIIe République issue de la réforme constitutionnelle de 2023. La cérémonie, organisée à Bangui, intervient toutefois dans un climat politique contesté et sur fond de défis sécuritaires et économiques majeurs.
La capitale centrafricaine a fait peau neuve pour un événement que le pouvoir juge historique. Ce lundi 30 mars 2026, Faustin-Archange Touadéra prête serment pour un troisième mandat à la tête de la République centrafricaine. Cette cérémonie solennelle, organisée en trois temps forts, marque officiellement le début d’un bail de sept ans au palais de la Renaissance. Elle consacre également l’avènement de la VIIe République, issue de la réforme constitutionnelle de 2023. Pour l’occasion, Bangui a retrouvé un éclat oublié : des feux tricolores ont été réinstallés et mis en service pour la première fois depuis quinze ans, tandis que la place Omar-Bongo et le célèbre « Stade 20 000 places » ont bénéficié de travaux de rénovation express.
Une investiture sous le signe de la rupture et de la controverse
Validée en janvier dernier par le Conseil constitutionnel avec un score de 77,90 % des voix, la réélection du président sortant ne fait pourtant pas l’unanimité. Si ses partisans, à l’instar du ministre de la Communication Maxime Balalou, évoquent un « moment sublime de communion », l’opposition reste vent debout. Son principal adversaire, Anicet-Georges Dologuélé, continue de dénoncer des irrégularités lors du scrutin de décembre.
La tension est montée d’un cran ce week-end avec l’inauguration d’une statue à l’effigie du chef de l’État sur un rond-point portant désormais son nom. Cette initiative a suscité de vives critiques de la part de l’opposant Crépin Mboli-Goumba, qui y voit un culte de la personnalité rappelant les heures sombres de l’époque Bokassa.
Les premiers chantiers d’un mandat de transition institutionnelle
Au-delà du faste de la cérémonie, à laquelle assistent plusieurs dirigeants de la zone Cemac et le président de l’Union africaine Évariste Ndayishimiye, l’agenda politique s’annonce déjà chargé. L’une des premières décisions attendues de la part de Faustin-Archange Touadéra est la nomination d’un vice-président, un poste clé créé par la nouvelle architecture institutionnelle.
Un remaniement ministériel d’envergure est également pressenti, bien qu’il doive probablement attendre l’issue du second tour des élections législatives prévu pour la fin du mois d’avril. Le président devra alors composer une équipe capable de naviguer dans un contexte de mutation profonde de l’État centrafricain.
Un horizon assombri par des défis socio-économiques majeurs
Malgré les célébrations, la réalité du pays reste précaire pour une grande partie de la population. Le nouveau septennat s’ouvre sur des enjeux de taille, à commencer par la lutte contre la pauvreté endémique. Ce défi est d’autant plus complexe que le pays fait face à un retrait progressif de plusieurs organisations non gouvernementales (ONG), piliers traditionnels de l’aide humanitaire.
Sur le plan sécuritaire, la situation demeure fragile. La réduction annoncée de la présence des forces onusiennes obligera le gouvernement à assumer davantage de responsabilités dans la protection du territoire, tout en cherchant à stabiliser les zones encore sous influence de groupes armés.
Source : https://www.afrik.com/centrafrique-faustin-archange-touadera-investi-pour-un-nouveau-mandat-de-sept-ans