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Société

Afrique : Une terre de café d’excellente qualité… mais pas encore de tasse

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Le marché du café de spécialité en Europe affiche une dynamique solide, portée par une demande accrue pour des origines claires, une traçabilité rigoureuse et une expérience de dégustation affinée. Cette montée se traduit par un intérêt marqué pour les cafés d’Afrique qui font rêver de plus en plus de consommateurs européens, friands de profils floraux, de terroirs d’altitude et de lots à traçabilité.

« Le marché européen des cafés de spécialité est en forte croissance. »

Selon un rapport du CBI (Centre for the Promotion of Imports from developing countries) des Pays-Bas, l’Europe concentre environ 46 % de la demande mondiale de cafés de spécialité, ces cafés notés au moins 80/100 par la Specialty Coffee Association et majoritairement issus d’arabicas de haute altitude.

« Le marché européen du café de spécialité serait estimé à 7,81 milliards de dollars en 2024, avec une projection à 18,01 milliards de dollars en 2033, soit une croissance annuelle moyenne proche de 10 %« 

Dans ce segment, les origines éthiopiennes, kényanes, rwandaises ou tanzaniennes sont parmi les plus recherchées : le même rapport souligne que les importations de cafés de spécialité en provenance d’Éthiopie et du Kenya augmentent deux fois plus vite que les mélanges classiques sur le marché européen.

La Norvège : un territoire de choix pour les cafés d’origine africaine

Au-delà de la France, la Scandinavie et donc la Norvège occupe une place importante dans cette chaîne de valeur. Dans ce pays, la consommation par habitant est parmi les plus élevées au monde. On y trouve une culture café forte, plus orientée qualité que volume. Les torréfacteurs norvégiens ont rapidement adopté cette direction : importer des lots d’arabicas de spécialité africains, les torréfier avec finesse, et les servir dans des bars à espresso et filtre haut de gamme.

Dans ce contexte, le rôle de acteurs locaux devient central pour établir un lien concret entre continents : l’origine africaine, la torréfaction/scandinave, la consommation nord-européenne.

Norvège : un petit pays qui boit (beaucoup) de café

Les Scandinaves ne boivent pas seulement beaucoup de café : ils en ont fait un laboratoire mondial du café de spécialité. Le CBI note que 65 % des coffee shops en Scandinavie déclarent une hausse de leurs ventes, et que le nombre de cafés de spécialité au Danemark progresse d’environ 14,5 % par an – une dynamique similaire en Norvège, même si les chiffres précis manquent.

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À Oslo, plusieurs torréfacteurs sont devenus des références mondiales :

  • Tim Wendelboe, micro-torréfacteur et espresso bar dirigé par un ancien champion du monde barista, travaille en relation directe avec de petits producteurs au Kenya, en Éthiopie, au Honduras, en Colombie, au Salvador et au Mexique.
  • Solberg & Hansen, basé également à Oslo, est présenté comme l’un des plus grands torréfacteurs de spécialité en Europe, avec un fort réseau de distribution en Scandinavie.
  • Des enseignes comme Fuglen ou Supreme Roastworks complètent un écosystème où les baristas norvégiens sont régulièrement finalistes ou lauréats de championnats internationaux.

L’exemple de Sognefjord Kaffibrenneri dans la petite ville de Sogndal

Kjetil Russenes est un torréfacteur installé à Sogndalsfjøra, en plein cœur du fjord norvégien. Depuis 2017, le jeune homme âgé d’une trentaine d’années est un bel exemple de cette dynamique. Son modèle : importer des « lots rares » de cafés d’origine africaine ou d’ailleurs, les torréfier en petites quantités pour maximiser la fraîcheur et la qualité. Il va sans dire que ce type de torréfacteur aide à valoriser les cafés de spécialité, à sensibiliser les consommateurs nordiques à l’origine, et par effet de ricochet, à envoyer des signaux de demande vers les producteurs africains.

« Le Barista noir » du Sunnfjord

Originaire du Togo, celui que l’on surnomme « Le Barista Noir » s’est hissé, en à peine six ans, parmi les figures incontournables du café de spécialité dans le Sunnfjord, en Norvège. Le quotidien local Firda lui consacre d’ailleurs régulièrement des articles à l’occasion des ateliers et événements qu’il anime à Førde, où son nom attire désormais un public fidèle.

Son ascension raconte l’histoire d’une passion devenue expertise. Arrivé en Scandinavie avec la curiosité du jeune amateur de café, il y a affûté son palais, perfectionné son geste notamment en latte art et en extraction de précision. Toujours fidèle à ses racines, il privilégie les cafés d’origine africaine qu’il s’attache à sublimer dans ses créations.

Au-delà de la performance, c’est une vision qu’il porte : celle d’un café africain revalorisé, où le producteur ne serait plus relégué au rôle de fournisseur de café vert, mais deviendrait un acteur à part entière de la chaîne de valeur.

« Je voudrais faire monter en gamme le café au Togo et y développer une véritable culture de la spécialité »

Cette ambition, il la nourrit aussi en collaborant étroitement avec des torréfacteurs norvégiens parmi lesquels Sognefjord Kaffibrenneri pour construire une identité gustative que l’on retrouve ensuite principalement à « Det gule huset », le coffee shop de la marque.

De son vrai nom Deo-Gratias KPODO, le barista se voit autant comme un ambassadeur des cafés africains en Europe que comme un passeur de savoirs vers l’Afrique. Une trajectoire qui illustre, à elle seule, le nouveau mouvement du café africain : celui qui s’exporte, inspire, puis revient enrichi sur sa terre d’origine.

France : l’autre grand terrain de jeu européen

En France, la vague café de spécialité est bien installée. On note un essor des « néo-cafés » qui favorisent des torréfactions artisanales, des origines visibles et des expériences de consommation plus exigeantes. Les Français sont de plus en plus sensibles non seulement au goût, mais à l’histoire derrière chaque tasse notamment origine, process, traçabilité. Cela crée une demande accrue pour des cafés africains d’exception.

Ce contexte est favorable aux importateurs et torréfacteurs recherchant des arabicas d’Afrique de l’Est ou de l’Ouest, ce qui augmente indirectement la valeur pour les producteurs africains à condition que la chaîne soit équitable.

Un paradoxe africain : produire beaucoup, boire peu !

En Afrique, le paradoxe demeure frappant : les pays qui fournissent certains des meilleurs cafés de spécialité au monde en consomment encore très peu. Alors que l’Afrique subsaharienne produit des arabicas parmi les plus recherchés, la majorité de sa récolte prend la direction de l’Europe ou des États-Unis, où le café est valorisé, torréfié, transformé en marque… puis vendu à un prix bien supérieur à celui perçu par les producteurs.

Les chiffres illustrent ce déséquilibre. Près de 74 % de la consommation mondiale de café se fait dans les pays du Nord, contre seulement 26 % dans les pays producteurs. Au Togo, pays natal du « Barista Noir », la dégustation de cafés de spécialité reste presque inexistante, malgré la présence de caféiculteurs locaux dont les récoltes alimentent les marchés en Europe. Résultat : la plus-value, le savoir-faire barista et l’expérience de torréfaction demeurent pour l’essentiel hors du continent africain.

Les enjeux : pourquoi cela compte

Face à cette réalité, certains acteurs tentent d’inverser la tendance. Des torréfacteurs norvégiens comme Sognefjord Kaffibrenneri ou des baristas tels que le « Barista Noir » contribuent à mieux faire connaître les cafés africains en Scandinavie, un marché qui, grâce à sa culture café exigeante, peut soutenir une montée en gamme et tirer les prix vers le haut. Cette visibilité renforce la demande pour des lots de spécialité et, à terme, peut améliorer les revenus des producteurs.

Mais leur contribution va plus loin. Le « Barista Noir » défend l’idée que l’Afrique doit être plus qu’un simple fournisseur de grains verts : elle doit devenir un territoire de transformation et de création de valeur, avec ses propres baristas, torréfacteurs et coffee shops.

Développer une consommation locale est l’autre clé. Pour rééquilibrer la chaîne, les pays producteurs doivent instaurer une véritable culture café, en investissant dans l’éducation, la torréfaction artisanale, les bars spécialisés et la formation professionnelle. Une évolution qui demande du temps, mais qui pourrait faire émerger une scène café africaine forte et indépendante.

Vers une nouvelle géographie du café

Aujourd’hui, l’histoire du café africain ne s’arrête plus aux portes des ports d’exportation. Elle se poursuit dans les torréfacteurs européens, dans les compétitions barista dans le monde, dans les formations que des professionnels africains prévoient de ramener chez eux. Le café n’est plus seulement une matière première : c’est un vecteur culturel, un artisanat, un savoir.

Pourtant, le défi demeure : faire en sorte qu’une partie plus importante de cette valeur revienne en Afrique. Cela passe par un partage équitable, une montée en compétence locale et une transformation sur place. L’exemple de Sognefjord Kaffibrenneri et du « Barista Noir » montre qu’un autre modèle est possible : celui d’un café global où l’Afrique n’est pas seulement le point de départ, mais devient aussi un centre créatif, reconnu pour son excellence.

Source : La Rédaction

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Afrique : plus de 100 morts dans des inondations dévastatrices au Mozambique

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L’Afrique du Sud a décrété officiellement ce dimanche l’état de catastrophe nationale face aux inondations meurtrières et destructrices qui frappent depuis décembre le pays. Le Zimbabwe et surtout le Mozambique déplorent également des victimes. Selon le dernier bilan dressé par Maputo, rien qu’au Mozambique plus de 100 personnes sont mortes dans diverses circonstances du fait des intempéries.

Des pluies sont encore attendues, des centres d’hébergements d’urgence sont bondés selon Guy Taylor de l’Unicef Mozambique. Et tout le monde n’a pas encore pu être mis à l’abri. « Beaucoup de gens sont encore complètement isolés et attendent des secours. Beaucoup sont coupés des services essentiels dont ils dépendent. Or, les enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ont besoin d’aliments thérapeutiques immédiatement. »

Des soins d’autant plus nécessaires que les inondations accentuent le risque sanitaire : « Le Mozambique connaissait déjà des cas de choléra dans de nombreuses régions, et il est donc très probable que cette inondation accélère sa propagation et celle d’autres maladies, rappelle Guy Taylor. Il est essentiel que nous intervenions dès maintenant pour aider les gens à avoir accès à de l’eau potable. Il faut un accès à des services de santé pour que les enfants puissent être traités et recevoir des vaccinations cruciales ».

Des milliers d’hectares de champs inondés

Pour ne rien arranger, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) cité par Associated Press, 70 000 hectares de champs ont été inondés. « La majorité des gens au Mozambique dépendent d’une agriculture de subsistance. Il est probable que des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes verront leur sécurité alimentaire gravement menacée par ces inondations. »

Lire la suite sur https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260119-afrique-australe-plus-de-100-morts-au-mozambique-dans-des-inondations-dévastatrices 



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Tunisie: libération des travailleurs humanitaires jugés pour aide aux migrants

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En Tunisie, des responsables de l’organisation Terre d’asile, qui étaient en détention dans le cadre d’une procédure judiciaire pour leur rôle dans l’aide apportée aux migrants, ont été récemment libérés  dans la nuit de lundi à mardi 6 janvier, a annoncé le comité de soutien de l’une d’entre eux.

Cette décision intervient dans un contexte où leur implication dans la fourniture de soutien humanitaire suscite à la fois des débats et des préoccupations quant à la légitimité de leur action face aux réglementations en vigueur.

La libération marque une étape importante dans cette affaire, tout en soulignant les enjeux complexes liés à l’assistance aux migrants dans la région.

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RDC : 35000 cas de viols et d’agressions sexuelles contre les enfants, recensés en 2025

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En République démocratique du Congo, les abus sexuels commis contre les mineurs ont atteint des niveaux alarmants.

En 2025, l’Unicef a recensé plus de 35 000 cas de violences sexuelles contre les enfants sur l’ensemble du territoire congolais. L’instabilité sécuritaire reste l’une des principales causes de cette situation. Antoinette vivait dans le camp de Rhoo dans la province de l’Ituri lorsqu’elle a été victime d’agression sexuelle, cette région depuis des années est en proie à un conflit intercommunautaire opposant les Hema et Lendu.

J’avais 13 ans lorsque le viol a eu lieu, et j’en ai aujourd’hui 14. En rentrant de l’école, ma tante m’a envoyée chercher des légumes dans le champ. J’étais seule lorsque j’ai rencontré un inconnu qui m’a violée avant de s’enfuir raconte-elle.

Lire la suite sur https://fr.africanews.com/2026/01/05/rdc-plus-de-35000-cas-de-viols-et-dagressions-sexuelles-contre-les-enfants-en-2025/

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