Société
Mozambique : TotalEnergies visé par une plainte pour « complicité de crimes de guerre »
Le groupe énergétique français TotalEnergies fait l’objet d’une plainte déposée par une ONG allemande pour « complicité de crimes de guerre » au Mozambique. Ces crimes auraient été commis par des soldats chargés de la protection du site.
L’ONG Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR) a déposé mardi une plainte auprès du procureur antiterroriste français accusant la société énergétique française TotalEnergies de complicité dans des crimes de guerre commis au Mozambique , pays d’Afrique australe .
Les exactions présumées, qui auraient eu lieu selon l’ECCHR dans le cadre du projet de gaz naturel liquéfié de TotalEnergies dans la province instable de Cabo Delgado, incluent la torture et le meurtre de dizaines de civils.
Que savons-nous de la plainte ?
La plainte porte sur des abus présumés commis entre juillet et septembre 2021 par des soldats appartenant à une force opérationnelle conjointe (JTF) déployée pour protéger le site gazier de Cabo Delgado.
La JTF, payée par TotalEnergies dans le cadre d’un accord avec le gouvernement, était composée de forces armées mozambicaines. Les actions présumées se seraient déroulées à la suite d’une attaque djihadiste sur le site, qui avait entraîné la suspension des opérations.
Le média en ligne Politico a rapporté que des soldats travaillant pour le site ont enfermé jusqu’à 250 civils dans des conteneurs pendant trois mois, les accusant de soutenir les djihadistes.
Les civils ont été battus, torturés ou tués, et seuls 26 ont survécu, selon Politico.
« Des documents internes montrent que TotalEnergies était au courant des accusations de violence contre des civils commises par les forces armées mozambicaines depuis mai 2020, mais a continué à soutenir la JTF », a déclaré l’ECCHR dans un communiqué.
« TotalEnergies savait que les forces armées mozambicaines étaient accusées de violations systématiques des droits de l’homme, mais a continué à les soutenir dans le seul but de sécuriser ses propres installations », a déclaré Clara Gonzales, codirectrice du programme Entreprises et droits de l’homme de l’ECCHR.
« Les entreprises et leurs dirigeants ne sont pas des acteurs neutres lorsqu’ils opèrent dans des zones de conflit : s’ils facilitent ou alimentent des crimes, ils peuvent être complices et doivent être tenus responsables », a-t-elle déclaré, selon le communiqué.
L’an dernier, TotalEnergies a déclaré n’avoir eu connaissance d’aucune allégation de torture sur son site évacué et que ses employés étaient partis en avril 2021 pour n’y revenir qu’en novembre 2021, après les faits présumés.

TotalEnergies fait l’objet d’une enquête pour d’autres manquements.
TotalEnergies fait toujours l’objet d’une enquête distincte menée par le parquet français pour avoir prétendument omis de porter assistance aux personnes en danger lors de l’attaque islamiste et de l’évacuation de 2021.
Aucune accusation n’a encore été portée, et Total nie toute malversation.
L’entreprise a également été accusée le mois dernier par des ONG mozambicaines et internationales de prendre le pays en « otage » en exigeant des conditions « ultra-favorables » pour relancer le projet, dans lequel elle détient une participation de 26,5 %.
Son nouveau plan budgétaire pour la réouverture du site en 2029, qui doit encore être approuvé par les autorités, comprend des dépassements de coûts de l’ordre de 4,5 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros) qui doivent être couverts par le gouvernement du Mozambique.
Source : https://www.dw.com/en/totalenergies-complicit-in-mozambique-war-crimes-ngo/a-74788904
Société
Tunisie : Annonce d’un traitement contre le diabète et les maladies cardiovasculaires
Un médicament innovant contre le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires, attendu en 2026, intervient dans un système de santé fragilisé par des ruptures de traitements essentiels, relançant les interrogations sur l’accès réel aux innovations.
Une annonce médicale portée par la cheffe du service de cardiologie de l’hôpital Hédi Chaker à Sfax, la docteure Leïla Abid, fait état de l’arrivée prévue en mai 2026 d’un traitement injectable hebdomadaire destiné à la perte de poids.
Présenté comme un levier de prévention contre le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires, ce médicament s’inscrit dans la dynamique internationale de nouvelles thérapies agissant sur l’appétit et la régulation glycémique. Cette perspective intervient alors que la Tunisie fait face à une progression documentée des pathologies métaboliques.
Dans le prolongement de cette annonce, les bénéfices avancés dépassent la seule réduction du poids. Les premières indications évoquent une amélioration des fonctions cardiaques et rénales, renforçant l’idée d’une approche globale des complications liées à l’obésité. Déjà déployés dans plusieurs pays, ces traitements de nouvelle génération ont montré des résultats cliniques significatifs, ce qui alimente les attentes autour de leur introduction sur le marché tunisien.
Cette perspective positive se heurte toutefois à une réalité plus immédiate du système de santé. L’Ordre des pharmaciens a récemment alerté sur des ruptures de stock touchant des médicaments vitaux dans les officines.
Ce décalage entre l’arrivée annoncée de traitements innovants et les difficultés d’approvisionnement en produits de base met en évidence des fragilités structurelles, notamment en matière de distribution et de régulation du marché pharmaceutique.
L’enjeu devient alors économique autant que sanitaire. Le coût de ces նոր traitements, souvent élevé à l’international, pose la question de leur accessibilité pour une large partie de la population. L’absence de précisions officielles sur leur prix ou leur éventuelle prise en charge par les dispositifs publics entretient une incertitude sur leur diffusion réelle dans le pays.
Dans cette configuration, l’introduction de ce médicament apparaît comme une avancée médicale potentielle, tout en révélant les limites d’un système confronté à des défis persistants.
L’efficacité de cette innovation dépendra moins de ses performances cliniques que de la capacité des autorités à garantir un accès équitable, dans un contexte où la gestion des traitements essentiels reste déjà sous pression.
Source : https://fr.apanews.net/health/tunisie-annonce-dun-traitement-anti-diabete/
Société
Bénin : Shadrac Houngnigbo, collaborateur de Kemi Seba condamné à deux ans de prison
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné, lundi 30 mars 2026 à Cotonou, Shadrac Houngnigbo à 24 mois de prison ferme et à une amende de cinq millions de francs CFA. Proche de l’activiste panafricaniste Kemi Séba et coordonnateur national de l’ONG Urgences panafricanistes, il était poursuivi pour diffusion de fausses informations et harcèlement via un système électronique.
La décision fait suite à la diffusion d’une vidéo en ligne portant sur une expropriation présumée de domaines à Togbin impliquant une société d’État. À l’audience, le prévenu a plaidé non coupable.
Une condamnation fondée sur l’absence de preuves
Selon les éléments examinés par la juridiction, la vidéo incriminée relayait des accusations d’expropriation sans indemnisation au préjudice de propriétaires terriens. Le ministère public a soutenu que ces affirmations ne reposaient sur aucun élément matériel vérifiable et qu’elles étaient de nature à induire l’opinion en erreur.
Les magistrats ont retenu ce raisonnement, estimant que les faits avancés n’étaient pas étayés. La peine prononcée correspond à la durée d’emprisonnement requise par le parquet, mais l’amende a été relevée à cinq millions de francs CFA, contre un million demandé lors des réquisitions. La cour a également ordonné la confiscation des objets saisis dans le cadre de la procédure.
Une nouvelle affaire impliquant une collaboration avec Kemi Séba
Cette condamnation intervient après une autre procédure portée devant la CRIET visant un opérateur de transfert de devises, présenté par le parquet spécial comme en lien avec Kemi Séba. Lors de cette audience, le ministère public avait évoqué des soupçons d’intermédiation dans des opérations financières jugées irrégulières.
D’après les réquisitions du parquet spécial près la CRIET, le prévenu aurait participé à des flux de fonds en utilisant des circuits de transfert et des outils numériques, dans un dispositif susceptible de faciliter le recyclage de gains issus de la cybercriminalité. Il lui était notamment reproché la mise à disposition de comptes pour permettre à des tiers de récupérer des fonds d’origine frauduleuse, contre une commission estimée à 5 %.
À la barre, l’intéressé avait contesté ces accusations, affirmant avoir exercé une activité de change sans connaissance de l’origine illicite des fonds manipulés. Interrogé sur ses relations avec Kemi Séba, il avait reconnu une transaction unique réalisée en 2023, portant sur un montant de 2 000 euros en cryptomonnaie. Les magistrats avaient indiqué disposer d’éléments laissant envisager des interactions plus fréquentes.
Une décision immédiatement exécutoire
Dans le dossier concernant Shadrac Houngnigbo, les avocats de la défense ont plaidé la relaxe, sans convaincre la juridiction. La CRIET a maintenu les poursuites et confirmé la culpabilité du prévenu sur les faits de diffusion de fausses informations.
Le jugement est exécutoire. En l’absence d’un recours formel introduit par la défense, la peine de 24 mois de prison ferme et l’amende prononcée devront être appliquées conformément aux dispositions en vigueur en matière pénale au Bénin.
Société
Togo : Le Barista Noir, ambassadeur d’un café africain d’exception
Longtemps relégué au rang de simple automatisme quotidien, le café opère aujourd’hui une mutation silencieuse. À la croisée de l’artisanat, de la culture et du goût, une nouvelle génération d’acteurs redéfinit ses standards. À travers ses Ateliers, Le Barista Noir s’impose comme l’un des visages les plus exigeants de cette relecture : une approche où chaque tasse devient un acte conscient, précis, et profondément culturel.
Le café est l’un des produits les plus consommés au monde. Il structure les journées, accompagne les rythmes sociaux, s’impose comme un réflexe universel. Pourtant, cette omniprésence masque une réalité plus complexe : rarement un produit aura été à ce point standardisé, au point d’en effacer ses origines, ses nuances et sa richesse aromatique.
Depuis quelques années, une évolution s’opère. Portée par l’essor du café de spécialité, une nouvelle approche émerge, cherchant à réintroduire des notions de qualité, de traçabilité et de compréhension. Dans ce contexte, les ateliers de dégustation et d’initiation se multiplient, participant à une redéfinition progressive du rapport au café.

Réapprendre à goûter
Le café est partout. Dans les bureaux, les foyers, les hôtels, les aéroports. Il rythme les journées, structure les habitudes, accompagne les silences. Et pourtant, rarement un produit aura été aussi consommé… et aussi peu compris.
Standardisé à l’extrême, soumis à une logique industrielle, le café a progressivement perdu ce qui faisait sa singularité : son origine, sa complexité, son goût. Ce que l’on boit aujourd’hui tient souvent davantage du réflexe que de l’expérience.
Sortir d’une consommation automatisée
Ces formats proposent un changement de perspective. Le café n’y est plus envisagé comme un simple stimulant, mais comme un produit complexe, nécessitant attention et lecture.
Les participants sont invités à ralentir, à observer, à goûter autrement. À identifier des profils aromatiques, à comparer des origines, à comprendre les effets de l’extraction. Ce déplacement du regard, souvent déroutant, met en évidence l’écart entre le café de spécialité et les produits issus de circuits industriels.
Très vite, une rupture s’opère : ce qui relevait jusque-là de l’habitude devient un objet d’analyse.

Le retour du terroir
L’un des apports majeurs de ces ateliers réside dans la réintroduction de la notion de terroir.
À l’image du vin, le café est abordé à travers ses conditions de production : altitude, climat, variété botanique, méthodes de traitement.
Certaines origines se distinguent par leur vivacité, d’autres par des profils plus doux ou plus structurés. Loin d’une uniformité longtemps dominante, le café révèle une diversité qui oblige à reconsidérer sa nature même.
Ce changement de paradigme s’accompagne d’une meilleure visibilité des acteurs en amont : producteurs, coopératives, chaînes de transformation. Le produit gagne en lisibilité, mais aussi en valeur.

L’Afrique comme point d’ancrage
Au cœur de cette démarche, une volonté forte : remettre en lumière le rôle central de l’Afrique dans l’histoire du café.
Berceau originel de la plante, le continent est ici célébré à travers ses grands crus. L’Éthiopie, bien sûr, mais aussi le Rwanda, le Burundi ou encore le Kenya, dont les cafés comptent parmi les plus recherchés au monde. À travers ses ateliers, Le Barista Noir propose une relecture contemporaine du café africain : exigeante, qualitative, et profondément ancrée dans une logique de valorisation.

Une expérience plus qu’un atelier
Ce qui distingue les Ateliers du Barista Noir, c’est sans doute leur dimension expérientielle.
Tout est pensé dans le détail : la mise en scène, le rythme, la progression sensorielle. L’atelier devient un moment suspendu, presque intimiste, où l’on prend le temps — un luxe devenu rare.
On y vient pour apprendre, mais aussi pour ressentir.
Pour partager. Pour vivre un moment différent.
Une technicité assumée
L’approche repose également sur une compréhension plus fine des paramètres d’extraction.
Mouture, température de l’eau, temps de contact, dosage : autant de variables qui influencent directement le résultat en tasse.
Sans être réservés à un public expert, ces ateliers introduisent une exigence technique qui rompt avec la simplicité apparente du geste quotidien. Le café cesse d’être immédiat. Il devient un processus.
Cette montée en technicité participe à l’évolution globale du secteur, où la précision tend à remplacer l’approximation.

Vers une culture du café
Au-delà de l’apprentissage technique, ces ateliers participent à l’émergence d’une véritable culture du café.
Une culture fondée sur la connaissance, l’expérience sensorielle et la capacité à distinguer.
Ce mouvement reste encore marginal face à l’ampleur du marché mondial, mais il témoigne d’une évolution significative des attentes. Le consommateur ne se contente plus d’un produit fonctionnel. Il cherche du sens, de la qualité, une forme d’authenticité.
Un produit en mutation
Le café traverse aujourd’hui une phase de transformation comparable à celle qu’ont connue d’autres produits alimentaires auparavant.
Vin, chocolat, thé : tous ont connu, à des degrés divers, une montée en gamme et une réappropriation culturelle.
Rien n’indique que cette évolution sera uniforme ni durable à grande échelle. Mais elle révèle une tendance claire : le café n’échappe plus aux exigences contemporaines en matière de qualité et de compréhension.
Et dans ce contexte, une évidence s’impose progressivement :
le café n’est plus seulement une habitude.
Source : La Rédaction