Économie
UEMOA : 161 établissements de crédit agréés à la fin 2025
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a publié sur son site la liste officielle des établissements de crédit agréés dans l’Union au 31 décembre 2025. Derrière ce document technique se dessine une réalité structurante : un système bancaire dense, mais fortement concentré sur quelques marchés clés.
Ainsi, l’on dénombre 161 établissements de crédit, répartis en 136 banques (dont 22 succursales) et 25 établissements financiers à caractère bancaire. La Côte d’Ivoire et le Sénégal comptent chacun 33 établissements de crédit, soit 29 banques et 4 établissements financiers. À eux deux, ces pays concentrent plus de 40 % de l’effectif bancaire de l’Union.

Viennent ensuite le Burkina Faso et le Niger (20 établissements de crédit chacun), le Mali et le Togo (17 chacun), le Bénin (15) et la Guinée-Bissau (6). Le Niger se distingue par un nombre relativement élevé d’établissements financiers non bancaires. Au-delà des banques, la BCEAO recense 25 établissements financiers spécialisés, 30 établissements de paiement agréés en 2025 et près de 300 institutions de microfinance de grande taille.
Selon les compilations de Financial Afrik, l’UEMOA compterait 22,2 millions de comptes bancaires en 2024, pour environ 24 millions en 2025. Dans ce décompte repertorié dans notre graphique, la Côte d’Ivoire occupe la part du lion avec plus de 7 millions de comptes, devant le Burkina Faso et le Sénégal.

Économie
Togo : Près de 6 milliards FCFA d’investissements prévus pour la filière coton
Au Togo, l’exécutif prévoit de mobiliser 5,8 milliards FCFA en 2026 pour soutenir l’approvisionnement en engrais au profit de la filière cotonnière, informe le ministère des Finances et du budget. Ceci, dans son document annuel intitulé Budget du citoyen.
Avec ces ressources, les autorités projettent l’achat de 21 000 tonnes d’engrais destinées aux cotonculteurs. La répartition régionale de cette dotation place la région des Plateaux en tête, avec 7600 tonnes, soit un peu plus du tiers du volume total. Cette allocation s’explique par le poids de cette région dans la production nationale de coton.
Les régions de la Kara et des Savanes devraient respectivement recevoir 6500 tonnes et 5000 tonnes. De leur côté, les régions Maritime et Centrale bénéficieront respectivement de 1000 tonnes et 900 tonnes.
Comparativement à 2025, où 18 191 tonnes d’engrais avaient été distribuées selon les données de la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT), cette nouvelle prévision est en hausse de 15%.
Ce renforcement de l’approvisionnement en fertilisants devrait contribuer à l’atteinte de l’objectif de production fixé pour la campagne 2025-2026, estimé à 92 500 tonnes de coton graine. Une ambition qui intervient dans un contexte où, depuis la prise de contrôle de la filière par le groupe singapourien Olam en 2020, la production nationale est restée globalement inférieure à 60 000 tonnes.
Toutefois, une légère amélioration a été observée au cours des dernières campagnes. La production a atteint 67 000 tonnes en 2023-2024, avant de s’établir à 60 403 tonnes lors de la campagne 2024-2025.
Économie
Togo : Six milliards FCFA de la BOAD en faveur d’une entreprise spécialisée dans le karité
En finançant la modernisation de cet acteur togolais de l’agro-industrie, la banque régionale de développement cible simultanément trois priorités : industrialisation locale, inclusion des femmes et compétitivité à l’export.
La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a approuvé, lors de son dernier Conseil d’administration tenu les 25 et 26 mars à Dakar, un prêt de 6 milliards de francs CFA en faveur de Label d’Or SA, entreprise togolaise spécialisée dans la transformation d’amandes de karité. L’opération doit permettre d’étendre l’outil industriel de la société et de renforcer ses capacités de production au profit de 33 000 femmes de la chaîne de valeur.
Un acteur déjà structuré, entouré de partenaires de premier rang
Implantée à Gbatopé dans la préfecture de Zio et inaugurée en février 2023, l’usine Label d’Or a coûté 1,8 milliard de FCFA, financée sur fonds propres et soutenue par l’USAID. Elle est dotée d’une capacité de transformation de 30 tonnes d’amandes par jour, soit environ 4300 tonnes de beurre de karité par an, pour un chiffre d’affaires cible de 7 millions d’euros annuels.
Label d’Or bénéficie par ailleurs de l’accompagnement de la Société Financière Internationale (IFC), branche du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. L’IFC a conclu avec l’entreprise un accord d’assistance technique portant sur la gestion financière, la conformité aux normes ESG et la facilitation de l’accès au financement. Le prêt de 6 milliards de la BOAD s’inscrit précisément dans cette dynamique de montée en gamme.
Mais Label d’Or peine encore à atteindre sa pleine cadence. Pour fonctionner à capacité maximale, la société doit acquérir jusqu’à 10 000 tonnes d’amandes en quelques mois, ce qui exige des ressources financières substantielles. S’y ajoutent une forte concurrence sur l’approvisionnement et des exigences de certification à l’export qui pèsent sur la compétitivité.
Un marché à fort potentiel export
L’enjeu dépasse la seule entreprise. Producteur africain d’amandes de karité de premier plan avec 20 000 à 25 000 tonnes par an, le Togo exporte encore l’essentiel de sa production sous forme brute. Label d’Or ambitionne de repositionner le pays sur le segment de la transformation certifiée, en ciblant les marchés américain et européen où la demande en beurre de karité bio est soutenue dans les secteurs cosmétique et agroalimentaire.
Économie
Bénin : Lancement officiel d’une compagnie aérienne nationale
Après plusieurs tentatives restées sans suite, le Bénin relance le développement d’un transport aérien national, dans un contexte où les États ouest-africains cherchent à améliorer leur connectivité interne pour soutenir la croissance et le tourisme.
Au Bénin, la compagnie aérienne nationale Amazone Airlines a lancé cette semaine ses activités avec l’ouverture de vols domestiques entre la capitale économique Cotonou et Parakou, une ville du nord du pays.
Le pays franchit une nouvelle étape dans la structuration de son transport aérien, en introduisant une offre de mobilité plus rapide sur un axe stratégique où les déplacements reposaient quasi exclusivement sur la route. Le lancement intervient un peu plus d’un mois après l’obtention du permis d’exploitation aérienne, délivré par l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC). Cette autorisation atteste de la conformité des procédures, de la qualification des équipages et du respect des standards de sécurité requis pour l’exploitation commerciale.
Selon les premiers détails disponibles concernant les vols d’Amazone Airlines, le prix d’un aller simple serait de 50 000 francs CFA, soit environ 76 euros. La durée du vol est estimée à environ 1 heure 15 minutes. A titre de comparaison, le trajet entre Cotonou et Parakou peut durer entre sept et huit heures selon l’état du trafic et des infrastructures, pour un coût compris entre 5 000 et 7 000 francs CFA.
La mise en service d’Amazone Airlines s’inscrit dans une stratégie engagée de longue date par les autorités béninoises pour se doter d’un transporteur national.
Dès 2021, le gouvernement béninois a acté sa volonté de relancer une compagnie aérienne en adoptant un décret autorisant la prise de participation de l’État au capital de la société Bénin Airlines. Le plan qui devait consister en des apports de fonds pour acquérir de nouveaux aéronefs moyen-courriers n’a pas abouti, puisque l’entreprise a depuis cessé ses activités.
Le projet est revenu sur le devant de la scène en mai 2025, à l’occasion d’une visite au Qatar du président béninois Patrice Talon. Les discussions ont porté sur l’établissement d’une connexion régulière entre Cotonou et Doha, présentée par les deux parties comme un levier potentiel pour stimuler le tourisme, les investissements, le transport de fret et les échanges culturels. Plusieurs sources ont alors évoqué l’hypothèse d’un appui de Qatar Airways à un projet de compagnie nationale, sans qu’aucun cadre officiel n’ait été confirmé.
Amazone Airlines indique aujourd’hui, sur ses canaux officiels, être issue de la fusion entre Benin Airlines et Cronos Airlines Bénin. Ce dernier est un opérateur privé qui a obtenu en mai 2022 un permis d’exploitation aérienne auprès des autorités béninoises. En 2023, il avait lancé ses activités par un vol inaugural Cotonou-Abidjan, tout en proposant aussi des vols vers le Niger.
Entre ambitions touristiques et contraintes du marché
Le développement d’une offre aérienne intérieure intervient dans un contexte de diversification économique. Le Bénin ambitionne d’augmenter la contribution du tourisme à son produit intérieur brut, de 6% actuellement à 13,4% d’ici 2030, avec un objectif de plus de 2 millions de visiteurs par an.
Cette stratégie s’appuie sur des investissements publics importants dans les infrastructures culturelles et hôtelières, ainsi que sur l’amélioration de l’accessibilité du territoire. Dans ce cadre, une meilleure connectivité entre les différentes régions du pays constitue un levier potentiel pour structurer les flux de visiteurs.
Le modèle économique reste toutefois contraint. Le transport aérien domestique en Afrique est confronté à des coûts d’exploitation élevés, liés à des facteurs comme le prix du carburant, la maintenance et les redevances. À cela s’ajoute un niveau de demande encore incertain sur des marchés où les alternatives routières, bien que plus lentes, restent nettement moins coûteuses.
Dans un tel environnement, la viabilité des nouvelles opérations d’Amazone Airlines dépendra de sa capacité à capter une clientèle prête à arbitrer entre coût et gain de temps. A moyen terme, la question de son développement au-delà de l’axe unique Cotonou Parakou se pose également, dans un marché ouest-africain déjà occupé par des compagnies régionales bien établies.