Politique
Tchad: L’ancien Premier ministre Succès Masra interpellé à son domicile
L’ancien ministre tchadien Succès Masra a été interpellé vendredi à son domicile, ont annoncé ses proches à RFI, ajoutant qu’aucun motif n’a été communiqué lors de son arrestation.
L’ancien chef du gouvernement, figure de l’opposition et critique des autorités au pouvoir dans ce pays d’Afrique centrale, a été interpellé à son domicile vendredi 16 mai. Son parti a quant à lui rapporté qu’il avait été « enlevé » par des hommes en uniformes à son domicile de N’Djamena.
« Le président Succès Masra vient d’être enlevé manu militari ce jour, 16 mai, à 5 h 56 » à son domicile, qui sert également de siège à son parti Les Transformateurs, indique un message publié sur la page Facebook officielle de son parti, accompagné d’un extrait d’une vidéo de caméra de surveillance montrant l’homme politique sortant de son domicile, encadré par plus d’une dizaine d’hommes en uniformes militaires et armés.
Le procureur de la République Oumar Mahamat Kedelaye, contacté par l’AFP, a confirmé l’arrestation de Succès Masra par la police judiciaire et annoncé une conférence de presse dans la journée.
Motif d’arrestation et lieu de détention inconnus
Celui-ci a confirmé à RFI qu’une procédure a été ouverte contre Succès Masra et qu’un mandat d’amener a été émis par ses soins et exécuté ce matin par la police judiciaire. Il n’a toutefois pas précisé le lieu de détention de l’ancien Premier ministre, ni les motifs de son arrestation.
En avril dernier, comme le rappelle RFI, succès Masra avait critiqué le président Mahamat Idriss Déby Itno, estimant qu’il ne respectait plus l’esprit de l’accord de Kinshasa signé assurant la transition. Il lui avait alors demandé de « changer de cap pour que le changement voulu par le peuple devienne réalité », dénonçant également « des changements cosmétiques » du président, ainsi qu’un maintien du statu quo par « des forces d’influence nuisibles ». Les proches du président avaient dénoncé des « propos outranciers ».
Succès Masra, économiste formé en France et au Cameroun, âgé de 41 ans, avait été nommé Premier ministre cinq mois avant l’élection présidentielle de mai 2024, à laquelle il s’était porté candidat, dans un duel inédit face au président élu Mahamat Idriss Déby Itno, proclamé vainqueur avec plus de 60 % des suffrages.
L’élection avait mis fin à trois ans de transition politique entamée à la mort d’Idriss Déby Itno, le père de l’actuel président tchadien, au pouvoir au Tchad pendant plus de 30 ans, et tué à 68 ans par des rebelles en se rendant au front en 2021.
Politique
Afrique du Sud : Vers un déploiement de l’armée dans les foyers de criminalité
L’Afrique du Sud s’apprête à déployer des unités de l’armée aux côtés de la police dans un délai de dix jours afin de lutter contre une criminalité galopante alimentée par les gangs de drogue et les mineurs illégaux.
L’annonce a été faite mardi 17 février par le ministre par intérim de la Police, Firoz Cachalia, devant le Parlement.
Les chefs de l’armée et de la police ont finalisé « le plan de déploiement qui débutera dans les dix prochains jours », a précisé le ministre. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures musclées prises par le gouvernement pour contenir la violence dans un pays qui affiche l’un des taux d’homicide les plus élevés au monde, avec environ 60 meurtres par jour.
Le président Cyril Ramaphosa avait annoncé la semaine dernière, lors d’une allocution nationale, l’envoi de troupes dans la province du Cap-Occidental — où se trouve la ville touristique du Cap — ainsi que dans le Gauteng, qui abrite le centre financier de Johannesburg. « Le crime organisé constitue désormais la menace la plus immédiate pour notre démocratie, notre société et notre développement économique », avait-il déclaré.
Certaines zones du Cap sont le théâtre d’affrontements meurtriers entre gangs rivaux qui se disputent le contrôle du trafic de drogue, tandis que des mineurs illégaux opèrent dans les anciens bassins aurifères du Gauteng. Firoz Cachalia a indiqué que l’opération militaire serait également étendue au Cap-Oriental, autre province confrontée à des gangs solidement implantés et à une criminalité liée aux stupéfiants.
La mesure suscite toutefois des critiques. Des experts de la sécurité et des partis d’opposition estiment que les militaires ne sont pas formés aux missions de maintien de l’ordre. D’autres s’interrogent sur le coût du dispositif et y voient l’aveu d’un échec de la police à endiguer la violence.
« Envoyer l’armée à court terme ne réduira pas les 64 meurtres qui ont lieu chaque jour dans ce pays », a lancé Mmusi Maimane, chef du parti libéral Build One South Africa, lors de la séance parlementaire à laquelle assistait le président Ramaphosa.
Politique
Gabon : Suspension des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre »
Les autorités gabonaises ont décidé de suspendre tous les réseaux sociaux “jusqu’à nouvel avis”. Depuis un mois, le président Oligui Nguema fait face à sa première vague de contestations sociales qui gagne en intensité.
La Haute Autorité de la Communication (HAC) au Gabon a annoncé mardi la suspension immédiate et « jusqu’à nouvel ordre » des réseaux sociaux sur le territoire gabonais, évoquant un risque de « dérives conflictogènes ».
Dans un communiqué lu mardi soir sur la chaîne de TV publique Gabon 1ère, le porte-parole de la HAC Jean-Claude Mendome a annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre », sans désigner les plateformes concernées, expliquant que des contenus risquaient d’engendrer des conflits sociaux ou de déstabiliser les institutions.
La contestation monte
Le président gabonais a été confronté en janvier et février à sa première vague de contestation sociale avec une grève des enseignants qui dure par endroits depuis plus d’un mois.
« La Haute Autorité de Communication (HAC) constate la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais, de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes moeurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale », a énuméré le porte parole de l’institution.
La HAC s’inquiète aussi de « la propagation de fausses informations », de « cyberharcèlement », ou encore de « la divulgation non autorisée de données personnelles ».
Dans son communiqué, la HAC a également « déploré », « l’indifférence » des plateformes et « l’absence d’une véritable volonté de modération des contenus illicites ».
« Ces agissements sont susceptibles dans le cas du Gabon d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques », a affirmé le porte-parole.
La suspension n’était cependant pas effective dans la nuit de mardi à mercredi, d’après des témoignages sur place.
Politique
Tchad : L’opposant Albert Pahimi Padacké désigné président du CPDP
L’opposant tchadien Albert Pahimi Padacké a été désigné présidé du CPDP par consensus pour un mandat d’un an.
Installé dans les fonctions la semaine dernière, les membres du Cadre permanent de dialogue politique (CPDP) ont tenu leur première plénière ce mardi, marquée par l’installation de Albert Pahimi Padacké à la tête du bureau.
La plénière a procédé à la mise en place d’un bureau composé de dix membres. Pour la première année, la présidence est accordée par consensus à l’opposition. Le chef de file de l’opposition conduite par son chef de file Albert Pahimi Padacké. Il est assisté d’Aziz Mahamat Saleh, de la mouvance présidentielle.
La plénière a mis également un comité pour la rédaction du règlement intérieur de l’organe et un autre pour l’élaboration de son budget de fonctionnement.
Mis en place en juin 2025, le CDPD a pour objectif de favoriser la concertation entre les partis politiques et accompagner la vie démocratique. Il est composé de 30 membres dont 15 de la majorité présidentielle et 15 de l’opposition démocratique. Ne sont membres que les présidents ou secrétaires généraux des partis politiques légalement reconnus.
Source : https://fr.apanews.net/news/tchad-albert-pahimi-padacke-designe-president-du-cpdp/