Politique
Tchad: Ouverture du procès de Youssouf Boy, ex-directeur de cabinet du président
Idriss Youssouf Boy, l’ancien directeur de cabinet du président tchadien Mahamat Idris Déby Itno est incarcéré depuis janvier dans les locaux des Renseignements généraux après une plainte déposée par l’homme d’affaires tchadien, About Hachim Bouder, pour escroquerie et détournement de plusieurs milliards de francs CFA. Une affaire délicate, gérée avec discrétion et dans le secret, dont le procès a débuté mardi 6 mai par la délocalisation de l’audience du tribunal de grande instance de Ndjamena vers une petite salle de la Direction des renseignements généraux.
Une source proche du dossier explique ce changement de dernière minute par « la sensibilité du dossier, un risque de trouble à l’ordre public, mais aussi pour éviter des affrontements entre deux familles puissantes ».
L’affaire est particulièrement sensible et les faits remontent à 2021.
Détenu depuis février dans les locaux des services de renseignement, l’ancien directeur de cabinet du Président de la République, Idriss Youssouf Boy sera devant les juges du tribunal de grande instance de N’Djaména ce mardi 6 mai.
Ami intime et ancien directeur de cabinet civil du Président de la République, Idriss Youssouf Boy est accusé de trafic d’influence, abus de fonction, escroquerie et corruption passive et active. Il comparaîtra devant la chambre correctionnelle spéciale du tribunal de grande instance de N’Djaména avec trois autres coaccusés.
Dans les faits, l’ancien directeur de cabinet est accusé par l’homme d’affaires et ancien de la ville d’Amdjarass, About Hassan Bouder, de lui avoir pris 11 milliards de francs CFA, prétextant recevoir l’ordre du Président Mahamat Idriss Déby Itno. Ce que ce dernier ne reconnait pas, d’après le procès-verbal d’audition d’About Hassan Bouder dressé par la Police judiciaire.
Les fonds en question faisaient partie d’un décaissement du trésor public pour le financement d’un projet dont l’entreprise d’About Hassan Bouder avait la charge.
C’est la deuxième fois que l’ancien bras droit du Président Mahamat Idriss Déby Itno est mêlé à de scandale financier. En 2022, il avait défrayé la chronique lorsqu’il a été révélé qu’il était derrière le détournement de 13 milliards de francs CFA de la Société tchadienne des hydrocarbures (SHT). Un scandale qui lui avait couté son poste de Secrétaire particulier du Président et lui a valu un séjour en détention. Il finissait par être « pardonné », selon le terme employé par son frère et Président Mahamat Idriss Déby Itno dans son autobiographie « De bédouin à Président ».
Politique
Afrique du Sud : Vers un déploiement de l’armée dans les foyers de criminalité
L’Afrique du Sud s’apprête à déployer des unités de l’armée aux côtés de la police dans un délai de dix jours afin de lutter contre une criminalité galopante alimentée par les gangs de drogue et les mineurs illégaux.
L’annonce a été faite mardi 17 février par le ministre par intérim de la Police, Firoz Cachalia, devant le Parlement.
Les chefs de l’armée et de la police ont finalisé « le plan de déploiement qui débutera dans les dix prochains jours », a précisé le ministre. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures musclées prises par le gouvernement pour contenir la violence dans un pays qui affiche l’un des taux d’homicide les plus élevés au monde, avec environ 60 meurtres par jour.
Le président Cyril Ramaphosa avait annoncé la semaine dernière, lors d’une allocution nationale, l’envoi de troupes dans la province du Cap-Occidental — où se trouve la ville touristique du Cap — ainsi que dans le Gauteng, qui abrite le centre financier de Johannesburg. « Le crime organisé constitue désormais la menace la plus immédiate pour notre démocratie, notre société et notre développement économique », avait-il déclaré.
Certaines zones du Cap sont le théâtre d’affrontements meurtriers entre gangs rivaux qui se disputent le contrôle du trafic de drogue, tandis que des mineurs illégaux opèrent dans les anciens bassins aurifères du Gauteng. Firoz Cachalia a indiqué que l’opération militaire serait également étendue au Cap-Oriental, autre province confrontée à des gangs solidement implantés et à une criminalité liée aux stupéfiants.
La mesure suscite toutefois des critiques. Des experts de la sécurité et des partis d’opposition estiment que les militaires ne sont pas formés aux missions de maintien de l’ordre. D’autres s’interrogent sur le coût du dispositif et y voient l’aveu d’un échec de la police à endiguer la violence.
« Envoyer l’armée à court terme ne réduira pas les 64 meurtres qui ont lieu chaque jour dans ce pays », a lancé Mmusi Maimane, chef du parti libéral Build One South Africa, lors de la séance parlementaire à laquelle assistait le président Ramaphosa.
Politique
Gabon : Suspension des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre »
Les autorités gabonaises ont décidé de suspendre tous les réseaux sociaux “jusqu’à nouvel avis”. Depuis un mois, le président Oligui Nguema fait face à sa première vague de contestations sociales qui gagne en intensité.
La Haute Autorité de la Communication (HAC) au Gabon a annoncé mardi la suspension immédiate et « jusqu’à nouvel ordre » des réseaux sociaux sur le territoire gabonais, évoquant un risque de « dérives conflictogènes ».
Dans un communiqué lu mardi soir sur la chaîne de TV publique Gabon 1ère, le porte-parole de la HAC Jean-Claude Mendome a annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre », sans désigner les plateformes concernées, expliquant que des contenus risquaient d’engendrer des conflits sociaux ou de déstabiliser les institutions.
La contestation monte
Le président gabonais a été confronté en janvier et février à sa première vague de contestation sociale avec une grève des enseignants qui dure par endroits depuis plus d’un mois.
« La Haute Autorité de Communication (HAC) constate la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais, de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes moeurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale », a énuméré le porte parole de l’institution.
La HAC s’inquiète aussi de « la propagation de fausses informations », de « cyberharcèlement », ou encore de « la divulgation non autorisée de données personnelles ».
Dans son communiqué, la HAC a également « déploré », « l’indifférence » des plateformes et « l’absence d’une véritable volonté de modération des contenus illicites ».
« Ces agissements sont susceptibles dans le cas du Gabon d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques », a affirmé le porte-parole.
La suspension n’était cependant pas effective dans la nuit de mardi à mercredi, d’après des témoignages sur place.
Politique
Tchad : L’opposant Albert Pahimi Padacké désigné président du CPDP
L’opposant tchadien Albert Pahimi Padacké a été désigné présidé du CPDP par consensus pour un mandat d’un an.
Installé dans les fonctions la semaine dernière, les membres du Cadre permanent de dialogue politique (CPDP) ont tenu leur première plénière ce mardi, marquée par l’installation de Albert Pahimi Padacké à la tête du bureau.
La plénière a procédé à la mise en place d’un bureau composé de dix membres. Pour la première année, la présidence est accordée par consensus à l’opposition. Le chef de file de l’opposition conduite par son chef de file Albert Pahimi Padacké. Il est assisté d’Aziz Mahamat Saleh, de la mouvance présidentielle.
La plénière a mis également un comité pour la rédaction du règlement intérieur de l’organe et un autre pour l’élaboration de son budget de fonctionnement.
Mis en place en juin 2025, le CDPD a pour objectif de favoriser la concertation entre les partis politiques et accompagner la vie démocratique. Il est composé de 30 membres dont 15 de la majorité présidentielle et 15 de l’opposition démocratique. Ne sont membres que les présidents ou secrétaires généraux des partis politiques légalement reconnus.
Source : https://fr.apanews.net/news/tchad-albert-pahimi-padacke-designe-president-du-cpdp/