Politique
Éthiopie : le Tigré réclame de l’aide après la prise de deux villes
Le gouvernement intérimaire de la région éthiopienne du Tigré a demandé au gouvernement fédéral éthiopien d’intervenir après qu’une faction du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) a pris le contrôle de deux villes importantes, faisant plusieurs blessés et faisant craindre un retour à la guerre civile.
Mardi, la faction du TPLF s’est emparée d’Adigrat, la deuxième plus grande ville du Tigré, et a nommé un nouvel administrateur, évinçant ainsi le titulaire du poste fidèle au gouvernement intérimaire. Mercredi soir, elle a pris le contrôle d’Adi-Gudem, une ville proche de la capitale régionale, Mekele. Plusieurs personnes ont été blessées par balle à Adi-Gudem lorsque les forces armées ont tenté d’occuper un bâtiment gouvernemental.
Le TPLF a mené une guerre brutale de deux ans contre les forces fédérales, qui s’est achevée en novembre 2022 par la signature d’un accord de paix et la formation d’un gouvernement intérimaire dirigé par le TPLF. Des centaines de milliers de personnes auraient été tuées lors des combats qui ont débuté en novembre 2020, des millions ont été déplacées et de nombreuses personnes se sont retrouvées au bord de la famine dans le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique.
Cependant, depuis la fin de la guerre, le TPLF s’est divisé. En octobre, son chef, Debretsion Gebremichael, a expulsé le chef du gouvernement intérimaire, Getachew Reda, du parti ainsi que quatre membres de son cabinet.
En représailles, Reda, qui était le principal négociateur de l’accord de paix, a suspendu temporairement quatre commandants militaires de haut rang qui, selon lui, étaient alignés sur la faction de Gebremichael. « La région pourrait être au bord d’une nouvelle crise », peut-on lire dans un communiqué publié mercredi par le Bureau des affaires de communication du Tigré, qui fait partie du gouvernement intérimaire.
M. Reda a qualifié les récentes actions du TPLF de « tentative potentielle de coup d’État ». Dans une interview télévisée, il a souligné la nécessité pour la communauté internationale – l’un des principaux garants de l’accord de paix de Pretoria – de surveiller de près l’escalade de la situation dans la région déchirée par la guerre.
« Les parties à l’accord de Pretoria devraient vraiment prendre en compte la détérioration de la situation au Tigré et les ramifications profondes de l’effritement des accords de Pretoria », a-t-il déclaré.
Le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, a déclaré à l’Associated Press que les crises actuelles n’avaient rien à voir avec l’accord de Pretoria, mais qu’elles étaient en grande partie liées à l’application de la loi.
« Le TPLF et les forces du Tigré sont les propriétaires légitimes de l’accord de Pretoria. Il n’y a donc aucune raison de s’engager dans des actions qui violeraient cet accord », a-t-il déclaré.
Source : https://fr.africanews.com/2025/03/13/ethiopie-le-tigre-appelle-a-laide-apres-la-prise-de-2-villes/
Politique
Afrique du Sud : Vers un déploiement de l’armée dans les foyers de criminalité
L’Afrique du Sud s’apprête à déployer des unités de l’armée aux côtés de la police dans un délai de dix jours afin de lutter contre une criminalité galopante alimentée par les gangs de drogue et les mineurs illégaux.
L’annonce a été faite mardi 17 février par le ministre par intérim de la Police, Firoz Cachalia, devant le Parlement.
Les chefs de l’armée et de la police ont finalisé « le plan de déploiement qui débutera dans les dix prochains jours », a précisé le ministre. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures musclées prises par le gouvernement pour contenir la violence dans un pays qui affiche l’un des taux d’homicide les plus élevés au monde, avec environ 60 meurtres par jour.
Le président Cyril Ramaphosa avait annoncé la semaine dernière, lors d’une allocution nationale, l’envoi de troupes dans la province du Cap-Occidental — où se trouve la ville touristique du Cap — ainsi que dans le Gauteng, qui abrite le centre financier de Johannesburg. « Le crime organisé constitue désormais la menace la plus immédiate pour notre démocratie, notre société et notre développement économique », avait-il déclaré.
Certaines zones du Cap sont le théâtre d’affrontements meurtriers entre gangs rivaux qui se disputent le contrôle du trafic de drogue, tandis que des mineurs illégaux opèrent dans les anciens bassins aurifères du Gauteng. Firoz Cachalia a indiqué que l’opération militaire serait également étendue au Cap-Oriental, autre province confrontée à des gangs solidement implantés et à une criminalité liée aux stupéfiants.
La mesure suscite toutefois des critiques. Des experts de la sécurité et des partis d’opposition estiment que les militaires ne sont pas formés aux missions de maintien de l’ordre. D’autres s’interrogent sur le coût du dispositif et y voient l’aveu d’un échec de la police à endiguer la violence.
« Envoyer l’armée à court terme ne réduira pas les 64 meurtres qui ont lieu chaque jour dans ce pays », a lancé Mmusi Maimane, chef du parti libéral Build One South Africa, lors de la séance parlementaire à laquelle assistait le président Ramaphosa.
Politique
Gabon : Suspension des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre »
Les autorités gabonaises ont décidé de suspendre tous les réseaux sociaux “jusqu’à nouvel avis”. Depuis un mois, le président Oligui Nguema fait face à sa première vague de contestations sociales qui gagne en intensité.
La Haute Autorité de la Communication (HAC) au Gabon a annoncé mardi la suspension immédiate et « jusqu’à nouvel ordre » des réseaux sociaux sur le territoire gabonais, évoquant un risque de « dérives conflictogènes ».
Dans un communiqué lu mardi soir sur la chaîne de TV publique Gabon 1ère, le porte-parole de la HAC Jean-Claude Mendome a annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre », sans désigner les plateformes concernées, expliquant que des contenus risquaient d’engendrer des conflits sociaux ou de déstabiliser les institutions.
La contestation monte
Le président gabonais a été confronté en janvier et février à sa première vague de contestation sociale avec une grève des enseignants qui dure par endroits depuis plus d’un mois.
« La Haute Autorité de Communication (HAC) constate la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais, de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes moeurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale », a énuméré le porte parole de l’institution.
La HAC s’inquiète aussi de « la propagation de fausses informations », de « cyberharcèlement », ou encore de « la divulgation non autorisée de données personnelles ».
Dans son communiqué, la HAC a également « déploré », « l’indifférence » des plateformes et « l’absence d’une véritable volonté de modération des contenus illicites ».
« Ces agissements sont susceptibles dans le cas du Gabon d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques », a affirmé le porte-parole.
La suspension n’était cependant pas effective dans la nuit de mardi à mercredi, d’après des témoignages sur place.
Politique
Tchad : L’opposant Albert Pahimi Padacké désigné président du CPDP
L’opposant tchadien Albert Pahimi Padacké a été désigné présidé du CPDP par consensus pour un mandat d’un an.
Installé dans les fonctions la semaine dernière, les membres du Cadre permanent de dialogue politique (CPDP) ont tenu leur première plénière ce mardi, marquée par l’installation de Albert Pahimi Padacké à la tête du bureau.
La plénière a procédé à la mise en place d’un bureau composé de dix membres. Pour la première année, la présidence est accordée par consensus à l’opposition. Le chef de file de l’opposition conduite par son chef de file Albert Pahimi Padacké. Il est assisté d’Aziz Mahamat Saleh, de la mouvance présidentielle.
La plénière a mis également un comité pour la rédaction du règlement intérieur de l’organe et un autre pour l’élaboration de son budget de fonctionnement.
Mis en place en juin 2025, le CDPD a pour objectif de favoriser la concertation entre les partis politiques et accompagner la vie démocratique. Il est composé de 30 membres dont 15 de la majorité présidentielle et 15 de l’opposition démocratique. Ne sont membres que les présidents ou secrétaires généraux des partis politiques légalement reconnus.
Source : https://fr.apanews.net/news/tchad-albert-pahimi-padacke-designe-president-du-cpdp/