Économie
Madagascar : La Banque mondiale s’inquiète pour la productivité des entreprises
À Madagascar, un rapport publié le 25 février par la Banque mondiale détaille les multiples difficultés rencontrées par les entreprises du secteur privé. Délestages à répétition, mauvais état des routes et faible accès aux financements plombent leur productivité, alors même qu’elle est considérée par les économistes comme une clé du développement, à l’origine de nouveaux emplois et de meilleurs revenus.
Au cours des deux dernières décennies, la productivité des entreprises malgaches a considérablement diminué, si bien que la richesse générée par un travailleur malgache reste parmi les plus faibles au monde, selon la Note de conjoncture économique de Madagascar, intitulée « Combler le gap de productivité », présentée le 25 février.
Les entreprises ne pourront se développer sur la Grande Île tant qu’elles subiront des coupures d’électricité quotidiennes a souligné Atou Seck, représentant pays de la Banque mondiale. « Aujourd’hui, vous pouvez avoir de l’électricité, mais deux heures plus tard, c’est coupé, et ce n’est pas prévisible. Une entreprise a besoin d’une énergie stable, fiable et abordable pour pouvoir produire et innover », a-t-il expliqué.
Selon lui, la JIRAMA, l’entreprise publique d’eau et d’électricité, est « un grand malade » et qu’il est impératif d’améliorer son réseau de distribution vétuste, responsable de nombreuses pertes. « Nous travaillons avec le gouvernement pour redresser la situation, mais cela prendra du temps. Des efforts sont en cours, et je suis convaincu qu’ils porteront leurs fruits à moyen terme », a assuré Atou Seck.
Le défi de la formation professionnelle
Outre l’instabilité énergétique, les entreprises malgaches souffrent également d’un faible accès aux financements. Seules 8 % d’entre elles déclarent avoir accès à un prêt bancaire. Autre obstacle : elles peinent à trouver des travailleurs qualifiés. C’est ce qu’affirme Lilia Randriamifidimanana, Présidente du Jeune Patronat de Madagascar.
« L’entrepreneur est censé tout savoir à Madagascar parce qu’il y a très peu de compétences disponibles. Par exemple, il n’y a pas d’école d’immobilier à Madagascar. Pour transmettre mes connaissances, je dois investir énormément de temps et d’argent pour former quelqu’un », « aujourd’hui, ce sont les entreprises qui sont obligées de former les personnes aux métiers qu’elles recherchent » constate t-elle.
Malheureusement, les possibilités de formation en entreprise restent limitées. Selon le rapport de la Banque mondiale, seulement 1 employeur sur 10 propose des formations à ses salariés à Madagascar, contre près de 3 sur 10 dans le reste de l’Afrique subsaharienne.
Économie
UEMOA : 161 établissements de crédit agréés à la fin 2025
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a publié sur son site la liste officielle des établissements de crédit agréés dans l’Union au 31 décembre 2025. Derrière ce document technique se dessine une réalité structurante : un système bancaire dense, mais fortement concentré sur quelques marchés clés.
Ainsi, l’on dénombre 161 établissements de crédit, répartis en 136 banques (dont 22 succursales) et 25 établissements financiers à caractère bancaire. La Côte d’Ivoire et le Sénégal comptent chacun 33 établissements de crédit, soit 29 banques et 4 établissements financiers. À eux deux, ces pays concentrent plus de 40 % de l’effectif bancaire de l’Union.

Viennent ensuite le Burkina Faso et le Niger (20 établissements de crédit chacun), le Mali et le Togo (17 chacun), le Bénin (15) et la Guinée-Bissau (6). Le Niger se distingue par un nombre relativement élevé d’établissements financiers non bancaires. Au-delà des banques, la BCEAO recense 25 établissements financiers spécialisés, 30 établissements de paiement agréés en 2025 et près de 300 institutions de microfinance de grande taille.
Selon les compilations de Financial Afrik, l’UEMOA compterait 22,2 millions de comptes bancaires en 2024, pour environ 24 millions en 2025. Dans ce décompte repertorié dans notre graphique, la Côte d’Ivoire occupe la part du lion avec plus de 7 millions de comptes, devant le Burkina Faso et le Sénégal.

Économie
Togo : Près de 6 milliards FCFA d’investissements prévus pour la filière coton
Au Togo, l’exécutif prévoit de mobiliser 5,8 milliards FCFA en 2026 pour soutenir l’approvisionnement en engrais au profit de la filière cotonnière, informe le ministère des Finances et du budget. Ceci, dans son document annuel intitulé Budget du citoyen.
Avec ces ressources, les autorités projettent l’achat de 21 000 tonnes d’engrais destinées aux cotonculteurs. La répartition régionale de cette dotation place la région des Plateaux en tête, avec 7600 tonnes, soit un peu plus du tiers du volume total. Cette allocation s’explique par le poids de cette région dans la production nationale de coton.
Les régions de la Kara et des Savanes devraient respectivement recevoir 6500 tonnes et 5000 tonnes. De leur côté, les régions Maritime et Centrale bénéficieront respectivement de 1000 tonnes et 900 tonnes.
Comparativement à 2025, où 18 191 tonnes d’engrais avaient été distribuées selon les données de la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT), cette nouvelle prévision est en hausse de 15%.
Ce renforcement de l’approvisionnement en fertilisants devrait contribuer à l’atteinte de l’objectif de production fixé pour la campagne 2025-2026, estimé à 92 500 tonnes de coton graine. Une ambition qui intervient dans un contexte où, depuis la prise de contrôle de la filière par le groupe singapourien Olam en 2020, la production nationale est restée globalement inférieure à 60 000 tonnes.
Toutefois, une légère amélioration a été observée au cours des dernières campagnes. La production a atteint 67 000 tonnes en 2023-2024, avant de s’établir à 60 403 tonnes lors de la campagne 2024-2025.
Économie
Togo : Six milliards FCFA de la BOAD en faveur d’une entreprise spécialisée dans le karité
En finançant la modernisation de cet acteur togolais de l’agro-industrie, la banque régionale de développement cible simultanément trois priorités : industrialisation locale, inclusion des femmes et compétitivité à l’export.
La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a approuvé, lors de son dernier Conseil d’administration tenu les 25 et 26 mars à Dakar, un prêt de 6 milliards de francs CFA en faveur de Label d’Or SA, entreprise togolaise spécialisée dans la transformation d’amandes de karité. L’opération doit permettre d’étendre l’outil industriel de la société et de renforcer ses capacités de production au profit de 33 000 femmes de la chaîne de valeur.
Un acteur déjà structuré, entouré de partenaires de premier rang
Implantée à Gbatopé dans la préfecture de Zio et inaugurée en février 2023, l’usine Label d’Or a coûté 1,8 milliard de FCFA, financée sur fonds propres et soutenue par l’USAID. Elle est dotée d’une capacité de transformation de 30 tonnes d’amandes par jour, soit environ 4300 tonnes de beurre de karité par an, pour un chiffre d’affaires cible de 7 millions d’euros annuels.
Label d’Or bénéficie par ailleurs de l’accompagnement de la Société Financière Internationale (IFC), branche du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. L’IFC a conclu avec l’entreprise un accord d’assistance technique portant sur la gestion financière, la conformité aux normes ESG et la facilitation de l’accès au financement. Le prêt de 6 milliards de la BOAD s’inscrit précisément dans cette dynamique de montée en gamme.
Mais Label d’Or peine encore à atteindre sa pleine cadence. Pour fonctionner à capacité maximale, la société doit acquérir jusqu’à 10 000 tonnes d’amandes en quelques mois, ce qui exige des ressources financières substantielles. S’y ajoutent une forte concurrence sur l’approvisionnement et des exigences de certification à l’export qui pèsent sur la compétitivité.
Un marché à fort potentiel export
L’enjeu dépasse la seule entreprise. Producteur africain d’amandes de karité de premier plan avec 20 000 à 25 000 tonnes par an, le Togo exporte encore l’essentiel de sa production sous forme brute. Label d’Or ambitionne de repositionner le pays sur le segment de la transformation certifiée, en ciblant les marchés américain et européen où la demande en beurre de karité bio est soutenue dans les secteurs cosmétique et agroalimentaire.