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Politique

RD Congo : la nomination de deux juges fait polémique

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Selon les autorités congolaises, la nomination de ces deux juges à la Cour constitutionnelle vise à favoriser le redressement du système judiciaire. L’opposition craint plutôt une manœuvre du chef de l’Etat dans la perspective d’un changement de Constitution.

Ancienne Première Présidente du Conseil d’État, Marthe Odio Nonde, et le professeur Aristide Kahindo Nguru vont désormais siéger comme juges à la Cour constitutionnelle. Cette nomination a été annoncée à la suite d’une série d’ordonnances lues ce mercredi 15 janvier 2025 sur la chaîne nationale (RTNC).

Si Marthe Odio Nonde intègre la Cour constitutionnelle dans le quota de la Présidence de la République, Aristide Kahindo Nguru y accède dans le quota du Parlement. Ces deux personnalités succèdent respectivement au professeur Jean-Pierre Mavungu Mvumbi-di-Ngoma et à Corneille Wasenda N’songo.

L’ancien directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, Jean-Pierre Mavungu Mvumbi-di-Ngoma, relevant du quota de la Présidence, et l’ancien député national Corneille Wasenda N’songo, issu du quota du Parlement, quittent la Cour constitutionnelle conformément aux dispositions de l’article 6, alinéa 1, de la Loi organique n° 13/026 du 15 octobre 2013 portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle. Cet article précise que le mandat des membres de la Cour est de neuf ans, non renouvelable.

Dans une ordonnance antérieure, Marthe Odio Nonde, qui avait succédé au professeur Félix Vunduawe comme Première Présidente du Conseil d’État, a été mise à la retraite par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi. Selon cette ordonnance, elle a accompli plus de 25 ans de services ininterrompus, ce qui justifie sa mise à la retraite avec le bénéfice de l’éméritat et de l’honorariat.

La Cour constitutionnelle, en tant que plus haute juridiction, est un pilier de l’État de droit en République démocratique du Congo. Elle juge de la constitutionnalité des lois, des actes ayant force de loi, des édits, des règlements intérieurs des chambres parlementaires, du Congrès, des institutions d’appui à la démocratie ainsi que des actes réglementaires émanant des autorités administratives. Elle est également compétente pour traiter des recours en interprétation de la Constitution et pour arbitrer les conflits de compétences entre les pouvoirs législatif et exécutif, entre l’État et les provinces, ainsi qu’entre les ordres de juridictions.

En outre, la Cour constitutionnelle est la juridiction compétente pour juger le Président de la République et le Premier ministre. Elle exerce également des compétences en matière électorale, notamment en ce qui concerne la régularité des élections présidentielle et législatives au niveau national ainsi que des référendums.

Source: https://youtu.be/F_oXNsyi1cA

Politique

Djibouti : Les électeurs appelés aux urnes pour la présidentielle

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Les électeurs djiboutiens sont appelés aux urnes ce vendredi 10 avril pour élire leur président. Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, brigue un sixième mandat. Face à lui, Mohamed Farah Samatar, qui représente un parti sans député. Les observateurs décrivent une élection sans grand suspens.

Ismaïl Omar Guelleh brigue au travers de ce scrutin un 6e mandat. Le chef de l’État, âgé de 78 ans, se représente après une réforme constitutionnelle adoptée en 2025 qui a supprimé la limite d’âge de 75 ans pour les candidats à la magistrature suprême.

Face à lui, un seul adversaire est officiellement en lice : Mohamed Farah Samatar, ancien membre du camp présidentiel et candidat du Centre démocratique unifié. Son parti est absent de l’Assemblée nationale.

Des institutions verrouillées

Mohamed Farah Samatar représente une opposition « pour la forme », selon Sonia Le Gouriellec « pour ne pas qu’Ismaïl Omar Guelleh se présente seul ». Des critiques partagées par les partis d’opposition traditionnels, qui dénoncent une parodie d’élection et appellent au boycott.

L’un des opposants historiques les plus connus, Daher Ahmed Farah, n’a pas été autorisé à se présenter. Les principaux partis d’opposition n’ont aucune existence légale et leurs manifestations sont régulièrement interdites. Le scrutin intervient après des années de concentration du pouvoir autour du président sortant. Une autre révision constitutionnelle avait déjà supprimé la limitation des mandats dès 2010, ce qui a permis à Ismaïl Omar Guelleh d’enchaîner les réélections.

Ismaël Omar Guelleh a fait campagne sur le thème de la stabilité dans un contexte de déstabilisation régionale, lié à la guerre au Moyen-Orient. Mohamed Farah Samatar a affiché le mot d’ordre de la rupture en mettant en avant un programme axé sur l’éducation et l’économie.

En théorie, Djibouti est une république présidentielle dotée d’un système multipartite. Dans la pratique, cependant, le pouvoir politique reste fortement centralisé, laissant peu de place à une véritable concurrence politique.

Le parti au pouvoir, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), domine le parlement, détenant 45 des 65 sièges. La coalition pro-présidentielle au sens large, l’Union pour la majorité présidentielle (UPM), contrôle 58 sièges au total, consolidant ainsi l’influence de l’exécutif sur la sphère législative.

Les coalitions d’opposition telles que l’Union pour l’alternance démocratique (UAD) et l’Union des mouvements démocratiques (UMD) sont confrontées à des contraintes importantes. Elles ont parfois boycotté les élections. Cinq élections présidentielles et cinq élections législatives ont eu lieu depuis 1999.

Les organisations internationales soulignent fréquemment les restrictions imposées aux médias et à la dissidence publique, la majorité des médias étant contrôlés par l’État.

Guelleh doit également sa longévité à un réseau très soudé de fonctionnaires, de membres de sa famille et d’alliés politiques occupant des postes clés au sein du gouvernement et du monde des affaires. La coalition qui l’entoure n’est pas toujours totalement unifiée. Des rivalités subtiles ont émergé de temps à autre entre certaines personnalités politiques et des membres de son cercle restreint. Mais ces dynamiques ne constituent pas une menace politique.

Qu’est-ce qui explique sa longévité ?

Le mandat de Guelleh peut être attribué à une combinaison de changements institutionnels, de facteurs géopolitiques et de dynamiques au sein de l’élite.

L’un de ces éléments est la réforme constitutionnelle. Au fil des ans, le parlement djiboutien a érodé les principales garanties démocratiques de la Constitution de 1992.

La première mesure a été la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels en 2010. Ces changements ont permis à Guelleh de se représenter et ont réduit la durée du mandat présidentiel de six à cinq ans.

Le vote parlementaire de novembre 2025 visant à abolir la limite d’âge pour le président s’inscrit dans la même logique. Il a supprimé la dernière restriction formelle à son éligibilité à partir d’avril 2026.

Un deuxième facteur est l’importance stratégique de Djibouti. Situé à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime vitale reliant la mer Rouge et l’océan Indien, le pays abrite plusieurs bases militaires étrangères. Les États-Unis, la France, la Chine, le Japon et l’Italie y sont représentés.

Pour de nombreux partenaires internationaux, la stabilité du gouvernement djiboutien est considérée comme une source de prévisibilité dans une région instable.

En conséquence, les pressions extérieures en faveur d’une réforme politique ont été limitées, ce qui a, à son tour, renforcé la stabilité du pouvoir en place.

Troisièmement, la cohésion de l’élite au pouvoir joue un rôle central dans la politique intérieure. Un réseau de personnalités influentes, comprenant des membres de la famille du président, des conseillers de longue date et des figures du monde économique, s’est formé autour du leadership de Guelleh. Ce groupe contrôle des institutions étatiques clés ainsi que des secteurs importants de l’économie, ce qui constitue une forte incitation à maintenir la continuité du pouvoir.

L’économie de Djibouti repose principalement sur les services portuaires et logistiques, en particulier son port international qui dessert le commerce régional, ainsi que sur les revenus générés par l’accueil de multiples bases militaires étrangères.

Dans le même temps, l’absence de successeur ouvertement désigné a déclenché une compétition silencieuse au sein de ce cercle. La perspective d’une ère post-Guelleh a, ces dernières années, encouragé diverses personnes à chercher à accroître leur influence. Cela va des membres de la famille aux conseillers de haut rang et aux personnalités politiques.

Les rivalités émergentes ne remettent pas ouvertement en cause l’autorité du président. Elles illustrent néanmoins les dynamiques internes complexes qui sous-tendent l’ordre politique actuel.

Quelles sont ses réalisations et ses promesses ?

Au cours de ses plus de deux décennies au pouvoir, Guelleh a assuré une période de relative stabilité à Djibouti. Alors que la Somalie et l’Éthiopie voisines ont connu une insécurité persistante et des conflits internes, Djibouti est resté relativement épargné.

Le gouvernement cite fréquemment cette stabilité comme l’une des caractéristiques marquantes de son mandat.

Djibouti a également renforcé sa position de plaque tournante stratégique. La présence de nombreuses bases militaires étrangères, ainsi que d’installations portuaires et logistiques, a généré d’importantes recettes pour l’État.

Depuis 2016, les investissements et la gestion chinois ont de plus en plus façonné les principales infrastructures portuaires du pays, intégrant davantage Djibouti dans les réseaux commerciaux mondiaux. Ces facteurs ont renforcé la visibilité du pays dans les accords internationaux en matière de commerce et de sécurité.

En outre, Djibouti a joué un rôle dans la diplomatie régionale. C’est un membre important de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Il s’agit de l’organisation régionale chargée de traiter les conflits liés aux ressources, à la concurrence politique et à l’identité. L’engagement le plus récent de Djibouti comprend sa participation aux tentatives de médiation du conflit au Soudan.

Le gouvernement a également mis en avant certaines réformes institutionnelles comme des marqueurs de progrès. L’abolition de la peine de mort en 2010 en est un exemple.

Cependant, les défis structurels restent importants. Djibouti a une population très jeune. Des problèmes tels que le chômage, le coût élevé de la vie et la participation politique limitée persistent.

Que nous apprend le vote sur la limite d’âge sur la politique à Djibouti ?

La décision a été adoptée sans débat public et sans voix contre parmi les 65 législateurs présents. Cela reflète à quel point l’Assemblée nationale s’aligne sur l’exécutif.

Ce vote met également en évidence le rôle central du consensus des élites dans le système politique djiboutien. Des figures clés de la coalition au pouvoir, notamment des représentants des élites Issa et des élites Afar cooptées, ont soutenu la réforme. Pour ces groupes, le maintien de la continuité du pouvoir est souvent considéré comme un moyen de préserver l’accès aux ressources économiques et politiques. Cette option est préférée aux incertitudes liées à un changement de direction.

Le fait de contourner un vote populaire sur la disposition constitutionnelle limite la possibilité d’évaluer les véritables niveaux de soutien ou d’opposition. Cela a pour effet d’exclure en particulier les jeunes citoyens qui n’ont connu qu’un seul président.

Dans l’ensemble, ce vote montre que les dispositions constitutionnelles peuvent être modifiées lorsqu’elles font obstacle à la continuité du pouvoir. Cela renforce un modèle dans lequel les règles formelles s’adaptent aux besoins politiques plutôt que de les contraindre. Cela met également en évidence l’importance de la cohésion des élites pour le maintien de l’ordre politique actuel.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2026, le discours dominant du gouvernement reste celui de la continuité, soutenu par ceux qui considèrent la stabilité comme essentielle à la protection des intérêts nationaux et régionaux.

Cependant, les pressions socio-économiques et les inquiétudes sous-jacentes concernant la succession inévitable continuent d’influencer les attentes du public, en particulier parmi les jeunes citoyens.

Source : https://theconversation.com/election-a-djibouti-le-president-vieillissant-sapprete-a-prolonger-son-mandat-apres-avoir-modifie-la-constitution-280306

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Politique

Togo : Robert Dussey prône une réponse globale au terrorisme

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Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a souligné lundi la nécessité de dépasser les réponses strictement sécuritaires face au terrorisme, dans un message relayé par son homologue malien, Abdoulaye Diop.

Le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, a insisté lundi 6 avril sur l’importance d’une approche globale dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux visités à APA, dans lequel il a mentionné son homologue malien, Abdoulaye Diop, le ministre togolais a affirmé que « la lutte contre le terrorisme et la quête de la paix […] ne peuvent se limiter aux seules réponses militaires ou sécuritaires ».

Il a souligné que ces défis « nécessitent également un renforcement des mécanismes d’intégration socio-économique », mettant en avant les causes structurelles des crises sécuritaires dans la région.

M. Dussey a ainsi plaidé pour une approche combinée reposant sur « la stabilité institutionnelle, l’inclusion sociale et le développement partagé », qu’il considère comme essentielle pour construire une paix durable.

Le message a été relayé par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, traduisant une convergence de vues sur la nécessité d’élargir les réponses face à l’insécurité au Sahel.

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité des déclarations récentes du chef de la diplomatie togolaise. Fin mars, il avait déjà alerté sur les risques d’une déstabilisation de la Confédération des États du Sahel (AES), estimant qu’un affaiblissement de ce bloc — composé du Mali, du Burkina Faso et du Niger — aurait des répercussions sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

« Pour le Togo, la paix et la sécurité régionales ne peuvent être fragmentées. Si l’AES vacille aujourd’hui, c’est toute la région qui sera menacée », avait-il déclaré, défendant le principe d’une sécurité « indivisible ».

Ces positions interviennent dans un contexte d’intensification des initiatives diplomatiques pour maintenir le dialogue sécuritaire au Sahel. Le Représentant spécial de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, a récemment multiplié les consultations avec les acteurs régionaux.

Il s’est notamment entretenu à Abuja avec le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, avant d’être reçu à Freetown par le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, qui a réaffirmé son engagement en faveur d’un dialogue constructif sur les enjeux sécuritaires.

En amont, une mission à Bamako avait permis des échanges avec le président de la transition, Assimi Goïta, en présence du ministre Abdoulaye Diop, autour du maintien des canaux de dialogue avec les autorités sahéliennes.

Le Sahel demeure l’épicentre mondial du terrorisme, concentrant plus de la moitié des décès liés à ces violences contre moins de 1 % en 2007, même si le GTI 2026 relève une amélioration relative en 2025 avec une baisse des victimes dans plusieurs pays, notamment au Burkina Faso (-45 %) et au Mali (-42 %), ainsi qu’un recul des attaques au Niger.

Toutefois, la région reste la plus meurtrière, marquée par la persistance des groupes djihadistes comme le JNIM et l’État islamique au Sahel, des dynamiques transfrontalières actives et des fragilités structurelles — faible contrôle territorial, instabilités politiques, abus et manque d’opportunités économiques — qui alimentent le recrutement, tandis que la montée en puissance de la Confédération des États du Sahel vise à structurer la réponse militaire sans remettre en cause le fait que la région devrait rester en 2026 la plus touchée au monde.

Source : https://fr.apanews.net/news/sahel-le-togo-prone-une-reponse-globale-au-terrorisme/

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Égypte : Libération d’un militant du mouvement « 6 avril »

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L’Égypte a libéré lundi Sherif al-Rouby, figure emblématique du mouvement pro-démocratie « 6 avril », aux côtés de deux autres militants. Cette décision, annoncée par un membre de la commission présidentielle chargée des grâces, est perçue par certains comme un signe d’ouverture en matière de droits et de libertés.

Membre fondateur et ancien porte-parole du mouvement, Sherif al-Rouby a passé l’essentiel de la dernière décennie derrière les barreaux. Arrêté en 2016 pour diffusion de fausses informations et accusations de terrorisme, il avait déjà été brièvement libéré en 2022 avant d’être de nouveau placé en détention provisoire quelques mois plus tard.

Selon l’organisation Egyptian Initiative for Personal Rights, il aurait également souffert de « négligence médicale » durant son incarcération.

Les autorités ont également remis en liberté El-Sayed Moshagheb, ancien leader du groupe de supporters « Ultras White Knights » du club de football Zamalek, ainsi que Nermin Hussein, une militante arrêtée en 2020 après des critiques en ligne sur la gestion de la pandémie de Covid-19.

Fondé en 2008 pour soutenir des mouvements de grève, le mouvement « 6 avril » a joué un rôle clé dans les manifestations qui ont conduit à la chute du président Hosni Moubarak en 2011. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi, de nombreux membres de ce mouvement ont été arrêtés dans le cadre d’une vaste répression de l’opposition.

Le pays reste régulièrement critiqué par les organisations internationales, notamment Human Rights Watch, pour son bilan en matière de droits humains et la détention de nombreux prisonniers politiques.

Ces libérations interviennent dans un contexte de pression accrue sur Le Caire, qui cherche à montrer des signes d’ouverture tout en maintenant un contrôle strict sur l’espace politique.

Source : https://fr.africanews.com/2026/04/06/egypte-liberation-dun-militant-du-mouvement-6-avril/

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