Politique
Tchad : Le gouvernement menace de riposter à toute nouvelle violation de son territoire
N’Djaména promet une réponse « immédiate, vigoureuse et implacable » après la mort de sept soldats tchadiens.
Le gouvernement tchadien a menacé vendredi de riposter fermement à toute nouvelle violation de son territoire par les belligérants soudanais, après une attaque des Forces de Soutien Rapide (FSR) qui a coûté la vie à sept soldats dans l’Est du pays.
Dans un communiqué signé par le ministre de la Communication, Gassim Cherif Mahamat, N’Djaména dénonce une « opération armée » menée « illégalement » sur le territoire tchadien par des éléments des FSR, engagés dans le conflit interne soudanais contre l’armée régulière.
« Le Gouvernement met en garde, de façon solennelle et pour la dernière fois, les auteurs de cette attaque ainsi que leurs commanditaires », avertit le communiqué daté du 16 janvier 2026 parvenu à APA. « Toute nouvelle tentative d’agression, de provocation ou de violation du territoire tchadien et de ses frontières (…) fera l’objet d’une riposte immédiate, vigoureuse et implacable, conformément aux lois de la République et aux dispositions du droit international », ajoutent les autorités tchadiennes.
L’attaque, qui a également fait plusieurs blessés et occasionné des destructions matérielles, constitue selon N’Djaména « une violation manifeste, grave et répétée de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République du Tchad ».
Le gouvernement tchadien déplore que « ce n’est pas la première fois que les différentes parties au conflit soudanais violent les frontières du Tchad, causant des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels ». Il dénonce également « de multiples violations de l’espace aérien tchadien par les forces armées soudanaises ».
Neutralité réaffirmée
Tout en condamnant « avec la plus extrême fermeté ces incursions prémédités par les belligérants », N’Djaména a réaffirmé sa « position de stricte neutralité » dans le conflit qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux FSR du général Mohamed Hamdane Dagalo, dit « Hemedti ».
« Le Tchad n’est partie prenante à aucun camp dans ce conflit et ne tolérera, en aucune circonstance, que cette guerre, exclusivement soudano-soudanaise, soit exportée sur son sol », martèle le communiqué.
Le gouvernement appelle par ailleurs « à la responsabilité des belligérants soudanais » et les exhorte « à s’engager, de manière claire, crédible et sans ambiguïté, dans une démarche de cessation des hostilités et de règlement pacifique de leur différend ».
Il demande également aux autorités soudanaises « de cesser immédiatement de faire de la propagande et diffuser des messages visant à attiser les conflits ».
Appel à la vigilance
Sur le plan interne, le gouvernement tchadien appelle « les Tchadiennes et les Tchadiens à la retenue, à la vigilance et au discernement », mettant « sévèrement en garde contre toute tentative de manipulation de l’opinion, de diffusion des fausses informations, de propagande partisane ou d’incitation à la haine communautaire, notamment à travers les réseaux sociaux ».
Le ministre de la Communication assure que « la situation est totalement sous contrôle et que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour garantir, par tous les moyens légitimes, la sécurité du territoire national et la protection des populations ».
Le Tchad, qui partage une frontière de plus de 1.400 kilomètres avec le Soudan, accueille des centaines de milliers de réfugiés soudanais depuis le début du conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué l’une des plus graves crises humanitaires au monde.
Source : https://fr.apanews.net/news/le-tchad-menace-de-riposter-aux-incursions-des-fsr-soudanaises/
Politique
Sierra Leone : Journée nationale du Souvenir
La Sierra Leone a commémoré pour la première fois de son histoire sa première Journée nationale du souvenir en l’honneur des victimes de la guerre civile qui a dévasté le pays de 1991 à 2002.
Dans un discours à la nation, Julius Maada Bio, président de la Sierra Leone, appelle le pays à trouver la grâce de guérir complètement, de restaurer la dignité et d’aller de l’avant ensemble .
Pour la première fois dans notre histoire, nous nous réunissons en ce jour unique pour commémorer notre guerre civile et le lourd tribut que notre pays a payé pour la paix. À partir d’aujourd’hui, le 18 janvier appartient à tous les Sierra-Léonais. À toutes les victimes et à tous les survivants, je ne peux vous demander d’oublier. Je vous demande seulement, à votre rythme et à votre manière, de permettre à notre nation de trouver la grâce de guérir complètement, de restaurer sa dignité et d’aller de l’avant ensemble.
Ce conflit, considéré comme l’un des plus brutaux de l’histoire contemporaine, a fait environ 120 000 morts et des milliers de blessés ou de mutilés avant de prendre officiellement fin le 18 janvier 2002. Cette journée du souvenir fait partie des recommandations de la Commission vérité et réconciliation. Une initiative saluée par l’Association des amputés et des blessés de guerre de la Sierra Leone. Marquée désormais dans les annales du pays, cette journée du souvenir est pour le président de la République, l’occasion de comprendre le chaos et travailler à ce qu’il ne se répète jamais.
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Politique
Bénin: l’opposition dénonce «un Parlement monocolore»
Au Bénin, avant même la proclamation des résultats définitifs des législatives du 11 janvier 2026, le spectre d’une Assemblée nationale sans opposition suscite déjà des réactions. En attendant les résultats définitifs, l’expression « Parlement monocolore » refait surface dans ce pays jadis cité comme modèle de pluralisme démocratique en Afrique.
Les chiffres provisoires annoncés par la Commission nationale électorale autonome (Cena) du Bénin n’attribuent pas de siège pour Les Démocrates, principal parti d’opposition, et pour les Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), opposition modérée. Les 109 sièges de la prochaine législature se répartissent exclusivement entre le Bloc républicain (BR) et Union progressiste le renouveau (UP-R), deux formations du pouvoir. Ce tableau rappelle 2019, lorsque seuls des élus du camp du président Patrice Talon avaient accédé au Parlement.
Les partis politiques attendent désormais les résultats définitifs pour réagir officiellement. Néanmoins, quelques responsables ont déjà pris position. C’est le cas de Nadine Okoumassou des Démocrates, candidate malheureuse lors de ce scrutin. Elle a dénoncé dimanche sur un média local l’absence de l’opposition au sein de l’hémicycle pour la prochaine législature en ces termes : « Un Parlement monocolore, des hommes sous ordres. Comment un législateur peut contrôler l’action d’un gouvernement auquel il appartient ? L’Assemblée nationale ne saurait être une caisse de résonnance. »
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Politique
Soudan : la Radiotélévision d’État transformée en prison
« Les Forces de soutien rapide m’ont retenu ici en captivité pendant 29 jours, dans des conditions extrêmement difficiles », a déclaré le médecin Adil Muhammed Mekki, détenu à la Radiotélévision d’État
À la suite du déclenchement des combats au Soudan le 15 avril 2023, plusieurs bâtiments symboliques de la capitale Khartoum, longtemps contrôlés par les Forces de soutien rapide (FDS), ont été gravement endommagés, tandis que certaines institutions publiques ont été transformées en casernes militaires et en prisons.
Après la prise de contrôle par les FDS, environ 7 millions de personnes ont fui l’État de Khartoum, qui compte quelque 15 millions d’habitants.
À Khartoum, la Banque centrale du Soudan est devenue inutilisable, et les billets de banque ont été changés afin d’empêcher leur utilisation par les FDS.
Alors que les retours se poursuivent dans la capitale, où mosquées et hôtels de luxe ont également été réduits en ruines, de nombreux bâtiments attendent encore des travaux de réparation.
Parmi les premières cibles des attaques menées par les FDS en avril 2023 figurait la Radiotélévision d’État soudanaise, une institution à l’histoire ancienne.
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