Économie
Egypte : La centrale d’Al-Dabaa entrera en service en septembre 2028
La première unité de la centrale d’Al-Dabaa entrera en service en septembre 2028 et sera pleinement opérationnelle en 2030. Le premier projet nucléaire d’Egypte produira entre 10 et 12 % de l’ensemble de l’énergie électrique du pays et permettra d’économiser l’achat de 7 à 8 milliards de mètres cubes de gaz par an.
Abdel Fattah Al-Sissi et Vladimir Poutine, les présidents égyptien et russe, assisteront mercredi 19 novembre par visioconférence à la signature de l’ordre d’achat du combustible nucléaire de la future centrale nucléaire d’Al-Dabaa, a annoncé mardi Le Caire.
Selon un communiqué de la présidence égyptienne, les deux chefs d’Etat prendront également part à l’étape clé de l’installation de la cuve de pression du réacteur de la première unité. Cette phase est qualifiée de « décisive » pour accélérer l’achèvement du projet.
Une date symbolique pour le programme pacifique
La tenue de cet événement coïncide avec la célébration par l’Égypte du cinquième anniversaire de sa Journée nationale de l’énergie nucléaire, fixée chaque 19 novembre. Cette date commémore la signature en 2015 de l’accord entre Le Caire et Moscou pour la construction et l’exploitation du site d’Al-Dabaa, qui marque le lancement officiel du programme nucléaire pacifique égyptien.
La plus grande centrale nucléaire d’Afrique
Premier projet nucléaire du pays, la centrale d’Al-Dabaa, située à 350 kilomètres au nord-ouest du Caire sur le littoral méditerranéen, est un chantier d’envergure.
Elle comprendra quatre réacteurs d’une capacité totale de 4 800 mégawatts (1 200 MW par unité).
La centrale produira entre 35 et 40 milliards de kilowattheures (kWh), une unité utilisée pour quantifier l’énergie électrique.
Cette production représentera entre 10 et 12 % de l’ensemble de l’énergie électrique produite par l’Égypte à l’horizon 2030.
Selon le président de l’Autorité des centrales nucléaires (NPPA), l’entrée en service de ces quatre unités permettra une économie de 7 à 8 milliards de mètres cubes de gaz par an, actuellement nécessaires à la production électrique.
Calendrier et main-d’œuvre
La première unité de la centrale devrait entrer en service en septembre 2028. Les trois autres unités suivront ensuite successivement, à un intervalle de six mois chacune, rendant la centrale pleinement opérationnelle en 2030.
Le communiqué souligne également l’importance de la participation locale : 80 % des ingénieurs et ouvriers travaillant sur le site d’Al-Dabaa sont égyptiens.
La première unité de la Centrale nucléaire d’Al-Dabaa entrera en service en septembre 2028 et sera entièrement opérationnelle en 2030.
Le 19 novembre 2015, l’Egypte et la Russie ont signé un accord de coopération afin d’établir une centrale nucléaire pour un coût d’investissement de 25 milliards de dollars. La Russie a accordé un prêt à taux réduit au Caire.
En décembre 2017, les présidents Abdel Fattah Al-Sissi et Vladimir Poutine avaient signé les accords définitifs pour la construction de la station de Dabaa lors de la visite du président russe au Caire. L’accord prévoit la construction des réacteurs ainsi qu’un transfert de technologie et de savoir-faire dans le domaine nucléaire pacifique. Le projet avait été conçu en 1981 et un appel d’offres avait été lancé en 1983, mais la catastrophe de Tchernobyl avait sonné le glas de ce projet, qui n’a été réactivé qu’en 2015. Le groupe public Rosatom qui construit la centrale, livrera le combustible nucléaire, formera les employés, assurera la maintenance et la réparation des unités de production.
La construction du premier réacteur de la centrale a débuté officiellement le 20 juillet 2022.
Économie
UEMOA : 161 établissements de crédit agréés à la fin 2025
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a publié sur son site la liste officielle des établissements de crédit agréés dans l’Union au 31 décembre 2025. Derrière ce document technique se dessine une réalité structurante : un système bancaire dense, mais fortement concentré sur quelques marchés clés.
Ainsi, l’on dénombre 161 établissements de crédit, répartis en 136 banques (dont 22 succursales) et 25 établissements financiers à caractère bancaire. La Côte d’Ivoire et le Sénégal comptent chacun 33 établissements de crédit, soit 29 banques et 4 établissements financiers. À eux deux, ces pays concentrent plus de 40 % de l’effectif bancaire de l’Union.

Viennent ensuite le Burkina Faso et le Niger (20 établissements de crédit chacun), le Mali et le Togo (17 chacun), le Bénin (15) et la Guinée-Bissau (6). Le Niger se distingue par un nombre relativement élevé d’établissements financiers non bancaires. Au-delà des banques, la BCEAO recense 25 établissements financiers spécialisés, 30 établissements de paiement agréés en 2025 et près de 300 institutions de microfinance de grande taille.
Selon les compilations de Financial Afrik, l’UEMOA compterait 22,2 millions de comptes bancaires en 2024, pour environ 24 millions en 2025. Dans ce décompte repertorié dans notre graphique, la Côte d’Ivoire occupe la part du lion avec plus de 7 millions de comptes, devant le Burkina Faso et le Sénégal.

Économie
Togo : Près de 6 milliards FCFA d’investissements prévus pour la filière coton
Au Togo, l’exécutif prévoit de mobiliser 5,8 milliards FCFA en 2026 pour soutenir l’approvisionnement en engrais au profit de la filière cotonnière, informe le ministère des Finances et du budget. Ceci, dans son document annuel intitulé Budget du citoyen.
Avec ces ressources, les autorités projettent l’achat de 21 000 tonnes d’engrais destinées aux cotonculteurs. La répartition régionale de cette dotation place la région des Plateaux en tête, avec 7600 tonnes, soit un peu plus du tiers du volume total. Cette allocation s’explique par le poids de cette région dans la production nationale de coton.
Les régions de la Kara et des Savanes devraient respectivement recevoir 6500 tonnes et 5000 tonnes. De leur côté, les régions Maritime et Centrale bénéficieront respectivement de 1000 tonnes et 900 tonnes.
Comparativement à 2025, où 18 191 tonnes d’engrais avaient été distribuées selon les données de la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT), cette nouvelle prévision est en hausse de 15%.
Ce renforcement de l’approvisionnement en fertilisants devrait contribuer à l’atteinte de l’objectif de production fixé pour la campagne 2025-2026, estimé à 92 500 tonnes de coton graine. Une ambition qui intervient dans un contexte où, depuis la prise de contrôle de la filière par le groupe singapourien Olam en 2020, la production nationale est restée globalement inférieure à 60 000 tonnes.
Toutefois, une légère amélioration a été observée au cours des dernières campagnes. La production a atteint 67 000 tonnes en 2023-2024, avant de s’établir à 60 403 tonnes lors de la campagne 2024-2025.
Économie
Togo : Six milliards FCFA de la BOAD en faveur d’une entreprise spécialisée dans le karité
En finançant la modernisation de cet acteur togolais de l’agro-industrie, la banque régionale de développement cible simultanément trois priorités : industrialisation locale, inclusion des femmes et compétitivité à l’export.
La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a approuvé, lors de son dernier Conseil d’administration tenu les 25 et 26 mars à Dakar, un prêt de 6 milliards de francs CFA en faveur de Label d’Or SA, entreprise togolaise spécialisée dans la transformation d’amandes de karité. L’opération doit permettre d’étendre l’outil industriel de la société et de renforcer ses capacités de production au profit de 33 000 femmes de la chaîne de valeur.
Un acteur déjà structuré, entouré de partenaires de premier rang
Implantée à Gbatopé dans la préfecture de Zio et inaugurée en février 2023, l’usine Label d’Or a coûté 1,8 milliard de FCFA, financée sur fonds propres et soutenue par l’USAID. Elle est dotée d’une capacité de transformation de 30 tonnes d’amandes par jour, soit environ 4300 tonnes de beurre de karité par an, pour un chiffre d’affaires cible de 7 millions d’euros annuels.
Label d’Or bénéficie par ailleurs de l’accompagnement de la Société Financière Internationale (IFC), branche du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. L’IFC a conclu avec l’entreprise un accord d’assistance technique portant sur la gestion financière, la conformité aux normes ESG et la facilitation de l’accès au financement. Le prêt de 6 milliards de la BOAD s’inscrit précisément dans cette dynamique de montée en gamme.
Mais Label d’Or peine encore à atteindre sa pleine cadence. Pour fonctionner à capacité maximale, la société doit acquérir jusqu’à 10 000 tonnes d’amandes en quelques mois, ce qui exige des ressources financières substantielles. S’y ajoutent une forte concurrence sur l’approvisionnement et des exigences de certification à l’export qui pèsent sur la compétitivité.
Un marché à fort potentiel export
L’enjeu dépasse la seule entreprise. Producteur africain d’amandes de karité de premier plan avec 20 000 à 25 000 tonnes par an, le Togo exporte encore l’essentiel de sa production sous forme brute. Label d’Or ambitionne de repositionner le pays sur le segment de la transformation certifiée, en ciblant les marchés américain et européen où la demande en beurre de karité bio est soutenue dans les secteurs cosmétique et agroalimentaire.