Politique
Guinée-Bissau : Ouverture de la campagne pour les élections générales
La Guinée-Bissau entre dans une phase électorale décisive avec l’ouverture, ce samedi, de la campagne pour la présidentielle et les législatives du 23 novembre, dans un climat politique tendu marqué par des arrestations dans l’armée et l’absence du principal parti d’opposition.
La campagne pour les élections présidentielle et législatives du 23 novembre 2025 a débuté officiellement samedi en Guinée-Bissau, sur fond de tensions politiques et sécuritaires persistantes.
L’armée bissau-guinéenne a annoncé avoir pris « toutes les mesures nécessaires » pour garantir la sécurité durant cette période sensible, après l’interpellation de plusieurs officiers, dont le général Dahaba Na Walna, directeur d’une école militaire, ainsi que les commandants Domingos Nhanke et Mario Midana.
Ce lancement de campagne intervient dans un contexte marqué par l’absence inédite du PAIGC, parti historique ayant conduit le pays à l’indépendance, et de son leader Domingos Simões Pereira, principal opposant au président Umaro Sissoco Embaló.
Le chef de l’État sortant, élu en 2019 et en poste depuis 2020, brigue un nouveau mandat au moment où l’opposition conteste la durée de son mandat, estimant qu’il a pris fin en février 2025, tandis que la Cour suprême l’a fixé au 4 septembre dernier.
En février, M. Embaló avait annoncé la tenue de la présidentielle le 30 novembre, après une mission conjointe de la Cédéao et de l’UNOWAS visant à favoriser un consensus électoral. Cette mission avait finalement quitté le pays le 1er mars, à la suite de menaces d’expulsion formulées par le président.
En août dernier, le chef de l’État a nommé un nouveau gouvernement dirigé par Braima Camara, son allié au sein du MADEM-G15, coalition qu’ils avaient fondée avant que celle-ci ne se scinde quelques mois après leur arrivée au pouvoir.

La campagne électorale, prévue pour trois semaines, précède un double scrutin auquel participeront 860 000 électeurs. Douze candidats sont en lice pour la présidentielle, tandis que quatorze formations politiques se disputeront 102 sièges au Parlement.
Malgré les appels au calme et au civisme lancés par le président de la Commission nationale des élections (CNE), Npabi Cabi, et plusieurs organisations de la société civile, la situation politique demeure fragile dans ce pays ouest-africain régulièrement ébranlé par des crises institutionnelles et des tentatives de coup d’État.
Source : https://fr.apanews.net/news/guinee-bissau-ouverture-de-la-campagne-electorale/
Politique
Togo : L’activiste « Affectio » arrêté après avoir pris des images sur un chantier
Photographier un caniveau. Voilà le crime qui vaut à Sokpor Kossi Sitsopé Honoré, alias « Affectio », de croupir depuis des jours derrière les barreaux. Le Cadre National de Concertation pour le Changement au Togo (CNCC), regroupant plusieurs organisations de la société civile et les partis ADDI, ANC, FDR et PSR, monte au créneau dans un communiqué daté du 2 mai 2026, dénonçant la détention illégale de Sokpor Kossi Sitsopé alias « Affectio ». Ils condamnent également des violences physiques et un acharnement systématique contre un homme déjà emprisonné un an pour un poème.
L’activiste est détenu depuis le vendredi 24 avril à la brigade de gendarmerie d’Agoényvé, à Lomé, soit plus de huit jours au moment du communiqué du parti, alors que la durée maximale de la garde à vue prévue par la loi togolaise est de quatre jours, deux fois quarante-huit heures.
Selon les éléments rapportés par l’ANC après la visite de son président national Jean-Pierre Fabre au mis en cause, M. Sokpor aurait été interpellé alors qu’il prenait des photos d’un chantier situé à proximité du domicile de ses parents. Le commandant du Groupement de gendarmerie, le colonel Banawai, contacté à deux reprises par M. Fabre, a indiqué que l’exploitation du téléphone portable du détenu avait fait apparaître d’autres images, justifiant selon lui la poursuite des investigations.
Le parti d’opposition « juge inacceptable que depuis plusieurs jours, un citoyen togolais soit maintenu en détention pour avoir pris des images sur un chantier » et qualifie la mesure d’« arbitraire » et de « harcèlement manifeste ». Il exige la libération « immédiate et sans condition » du poète.
Un an de prison pour un poème
L’arrestation du 24 avril intervient quatre mois après la sortie de prison de M. Sokpor, libéré à la fin décembre 2025 après près d’un an de détention provisoire à la prison civile de Lomé.
Honoré Sitsopé Sokpor avait été interpellé une première fois le 12 janvier 2025 au carrefour La Pampa, dans le quartier d’Adidogomé à Lomé, deux jours après la publication sur Facebook d’un poème intitulé « Fais ta part », appelant les Togolais à « se dresser sans peur » face à l’oppression. Présenté au parquet le 14 janvier, il avait été inculpé pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État », les autorités estimant que le texte constituait une incitation à la révolte.
La cour d’appel de Lomé avait rejeté le 26 février 2025 sa demande de mise en liberté provisoire. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont AfricTivistes, l’ACAT-France, la FIDH et le réseau Media Foundation for West Africa, avaient dénoncé une détention arbitraire. Mary Lawlor, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains, avait également exigé sa libération en avril 2025, estimant qu’il avait simplement « exercé son droit légitime à la liberté d’expression ».
Une opposition régulièrement réprimée
L’affaire Affectio s’inscrit dans un contexte plus large de restriction de l’espace civique au Togo, dénoncé par plusieurs ONG internationales. La FIDH a documenté en juin 2025 au moins 81 arrestations arbitraires et plusieurs cas de torture lors des manifestations des 5 et 6 juin contre la réforme constitutionnelle adoptée en 2024, qui a fait passer le pays d’un régime présidentiel à un régime parlementaire.
Le rappeur et cyberactiviste Narcisse Tchalla, alias « Aamron », est par ailleurs détenu depuis le 26 mai 2025 dans un centre psychiatrique sans avoir été présenté à un juge, selon l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains.
Le pouvoir reste exercé par Faure Gnassingbé, désormais président du Conseil des ministres dans le nouveau régime parlementaire, après vingt ans à la tête de l’État. Sa famille dirige le Togo depuis le coup d’État de 1967.
Source : https://beninwebtv.com/togo-lanc-denonce-la-nouvelle-detention-du-poete-et-activiste-affectio/
Politique
Soudan du Sud : Le président Salva Kiir appelle à renforcer les recettes non pétrolières
Le président sud-soudanais, Salva Kiir Mayardit, a exhorté lundi l’Autorité fiscale du Soudan du Sud (SSRA) à intensifier la mobilisation des recettes non pétrolières, dans un contexte où l’économie nationale demeure fortement tributaire des hydrocarbures.
Le pétrole représente entre 90 % et 98 % des recettes publiques, soit près de 90 % des ressources budgétaires de l’État. Cette forte dépendance à l’« or noir », qui contribue également à plus de 80 % du produit intérieur brut (PIB), expose le pays aux fluctuations des prix sur les marchés internationaux.
Recevant à Juba un rapport d’étape présenté par le commissaire général de la SSRA, Moun Deng Ajuet, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de renforcer la mobilisation des ressources internes afin de réduire cette dépendance et de consolider la stabilité économique à long terme.
Il a ainsi invité l’Autorité à « faire ce que d’autres n’ont pas fait auparavant », en élargissant l’assiette fiscale, en améliorant la redevabilité et en mettant en place des mécanismes innovants pour soutenir la progression des recettes non pétrolières.
Le rapport présenté par M. Ajuet fait état d’une hausse continue des recettes depuis février, attribuée à des réformes administratives ayant permis de limiter les pertes de revenus et d’améliorer l’efficacité du système de collecte.
Selon le responsable, cette dynamique devrait permettre au gouvernement d’assurer un paiement plus régulier et ponctuel des salaires des fonctionnaires.
Politique
Afrique : Abuja prend les rênes du Conseil de paix et de sécurité de l’UA
Abuja prend les rênes du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS/UA) dans un contexte de recrudescence des attaques au Sahel, marqué notamment par une intensification des violences au Mali et des menaces persistantes au Nigéria.
Le Nigéria assure pour le mois de mai 2026 la présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), a annoncé le ministère nigérian des Affaires étrangères, dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé au Sahel.
Cette prise de fonction intervient alors que la région connaît une recrudescence des attaques jihadistes. Le Mali figure parmi les pays les plus touchés, avec une intensification des opérations revendiquées par le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin et le Front de libération de l’Azawad (FLA), violences ayant notamment conduit à la mort du ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara.
Le Nigéria lui-même reste confronté à une menace sécuritaire persistante, marquée par les attaques de factions rivales de Boko Haram ainsi que par les exactions de groupes armés qualifiés de bandits dans le nord-ouest du pays.
Dernièrement à la tête du CPS en décembre 2022, le Nigéria, membre du Conseil depuis sa création en 2004, entend s’appuyer sur son expérience pour orienter les discussions sur les priorités sécuritaires du continent.
Durant sa présidence mensuelle, Abuja dirigera les délibérations sur plusieurs dossiers majeurs, notamment l’impact du changement climatique sur les crises dans le bassin du lac Tchad et au Sahel, les stratégies de lutte contre la criminalité transnationale organisée, ainsi que le projet de plan d’action stratégique quinquennal de l’UA contre le terrorisme.
Les travaux porteront également sur l’opérationnalisation de la Force africaine en attente et le renforcement des mécanismes de sécurité maritime, en particulier dans le golfe de Guinée.
Le CPS de l’UA compte 15 membres élus pour des mandats de deux ou trois ans, dont le Nigéria, aux côtés notamment de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, du Maroc, de la Côte d’Ivoire et de l’Éthiopie.
Selon le porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères, Kimiebi Imomotimi Ebienfa, cette présidence intervient dans un environnement marqué par des défis sécuritaires complexes nécessitant une réponse coordonnée à l’échelle continentale.
Source : https://fr.apanews.net/diplomacy/ua-le-nigeria-prend-la-presidence-du-cps-en-mai/