Politique
Ouganda : 52 millions d’euros de réparations pour les victimes de la « fourmi blanche »
La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé, lundi 7 avril, l’octroi de 52 millions d’euros d’indemnisation aux victimes d’un des principaux chefs de l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army, LRA), une guérilla qui a fait régner la terreur en Ouganda pendant vingt ans.
Dominic Ongwen, dont le nom de guerre était « Fourmi blanche », purge actuellement une peine de vingt-cinq ans de prison pour 61 chefs d’accusation, dont ceux de meurtre, de viol et d’esclavage sexuel dans le nord de l’Ouganda au début des années 2000.
En février 2024, les juges de la CPI avaient ordonné le versement de 52 millions d’euros de dommages et intérêts, dont un paiement « symbolique » de 750 euros pour chacune des quelque 50 000 victimes identifiées dans cette affaire.
M. Ongwen avait fait appel, mais les juges de la cour d’appel de la CPI, basée à La Haye (Pays-Bas), ont confirmé à l’unanimité le montant des réparations. Le cas de celui qui avait été forcé à devenir enfant soldat après avoir été enlevé sur le chemin de l’école à l’âge de 9 ans a mis en lumière la responsabilité morale des personnes enlevées alors qu’elles étaient mineures.
Plus de 100 000 morts et 60 000 enfants enlevés
La LRA a été fondée en 1987 par Joseph Kony, ancien enfant de chœur catholique et prophète autoproclamé, qui a lancé une rébellion sanglante dans le nord de l’Ouganda contre le président Yoweri Museveni.
Sa campagne brutale visant à instaurer un Etat fondé sur les dix commandements de la Bible a fait plus de 100 000 morts, et 60 000 enfants ont été enlevés. Elle s’est ensuite étendue au Soudan, à la République démocratique du Congo et à la République centrafricaine.
Les juges de la CPI ont notamment estimé que M. Ongwen avait personnellement ordonné à ses soldats de massacrer plus de 130 civils dans les camps de réfugiés de Lukodi, de Pajule, d’Odek et d’Abok entre 2002 et 2005. Si la Cour a reconnu qu’il avait été kidnappé alors qu’il était un « enfant sans défense », les juges ont estimé que cela n’atténuait en rien la gravité de ses crimes.
Le Fonds au profit des victimes de la Cour organisera le versement des réparations, M. Ongwen, qui purge actuellement sa peine dans une prison norvégienne, ne pouvant payer. M. Ongwen s’est rendu aux forces spéciales américaines qui traquaient Joseph Kony en République centrafricaine début 2015 et a été transféré à la CPI pour y être jugé. Traqué depuis de nombreuses années, Joseph Kony demeure introuvable. La CPI doit tenir une audience pour établir les charges contre lui par contumace, le 9 septembre.
Politique
Sénégal : La Cour suprême saisie pour réviser le procès Ousmane Sonko
Le procureur général près la Cour suprême du Sénégal a officiellement saisi la haute juridiction d’une demande de révision de l’arrêt ayant condamné le leader de Pastef, Ousmane Sonko, condamnation qui avait entraîné son exclusion de la Présidentielle de 2024, a révélé, mercredi, le journal Libération.
La requête, déposée le 31 décembre 2025, vise à ce que la Cour suprême annule l’arrêt de la Cour d’appel de Dakar du 8 mai 2023 et renvoie M. Sonko devant une autre Cour d’appel pour être jugé à nouveau sur les chefs de diffamation et d’injures publiques, à la suite de la saisine du Garde des Sceaux, ministre de la Justice. La balle est désormais dans le camp de la haute juridiction, qui statuera après examen des observations des parties.
Cette procédure fait suite au procès initial opposant Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang, alors ministre du Tourisme, pour des déclarations de Sonko sur des détournements de fonds liés au Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac). En mars 2023, le Tribunal de grande instance de Dakar avait reconnu Sonko coupable, le condamnant à une peine de prison avec sursis et au versement de 200 millions de francs CFA à M. Niang. La Cour d’appel avait confirmé cette décision en mai 2023, et la Cour suprême l’avait définitivement validée en juillet 2025, entraînant l’inéligibilité de Sonko à la présidentielle.
Le collectif d’avocats de M. Sonko avait annoncé en décembre dernier le dépôt de ce recours en révision, soulignant que cette démarche constitue une « espérance pour le peuple sénégalais et la diaspora ».
Me Ciré Clédor Ly, l’un des avocats, a dénoncé ce qu’il considère comme « l’une des plus grandes conspirations de l’histoire du Sénégal », évoquant des violations du droit à un procès équitable et l’empressement du Conseil constitutionnel à invalider la candidature de Sonko sur la base d’une décision non définitive. Il a affirmé que Sonko reste électeur et éligible, et que la révision permettrait d’annuler la condamnation dans son intégralité et d’ouvrir le droit à réparation.
Le collectif d’avocats estime que ce procès était « d’une nature politico-judiciaire exceptionnelle », et qu’une acceptation de la révision serait inédite au Sénégal, car elle ne concernerait pas seulement une erreur judiciaire mais une conspiration qui a terni l’image de la justice nationale.
Source : https://fr.apanews.net/news/senegal-la-cour-supreme-saisie-pour-reviser-le-proces-sonko/
Politique
Côte d’Ivoire: reprise du procès de l’attaque jihadiste de Kafolo
En Côte d’Ivoire, le procès des attaques survenues contre un poste de contrôle à Kafolo, en juin 2020, a repris, ce lundi 5 janvier. Quatorze militaires y avaient perdu la vie. Quarante-cinq prévenus sont poursuivis par la Chambre anti-terroriste pour, notamment, « actes terroristes ». Parmi eux : un commerçant soupçonné d’avoir aidé son fils en fuite et considéré comme l’un des auteurs présumés de l’attaque.
Monsieur Sangaré se présente comme un commerçant de Bouna. Il affirme être délégué consulaire du Burkina Faso. À ses côtés, sa femme, également incarcérée. Tous deux sont accusés d’avoir soutenu leur fils, Boukari Sangaré, présenté comme un auteur présumé des attaques de Kafolo, mais en fuite.
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Politique
RD Congo : 15 soldats rwandais arrêtés dans l’est du pays
L’armée congolaise a annoncé l’arrestation de 15 soldats rwandais présents illégalement sur son territoire, alors que les tensions entre Kinshasa et Kigali persistent
Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), 15 soldats rwandais présents illégalement sur le territoire ont été arrêtés, a rapporté l’armée congolaise.
Selon un communiqué des Forces armées de la RDC (FARDC), ces arrestations ont eu lieu lors d’opérations menées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les soldats rwandais ont été placés en détention et des procédures judiciaires ont été engagées à leur encontre.
Le communiqué qualifie l’incident de « grave violation de la souveraineté nationale » et accuse le Rwanda de poursuivre ses actions agressives malgré l’accord de paix signé entre les deux pays.
Les présidents de la RDC et du Rwanda s’étaient rencontrés à Washington le 4 décembre 2025, sous médiation américaine, pour signer un accord de paix visant à mettre fin aux hostilités et à réduire les tensions entre les deux parties.
Crise RDC-Rwanda
L’actuelle crise entre la RDC et le Rwanda est principalement liée au groupe rebelle appelé Mouvement du 23-Mars (M23).
Né de la rupture de l’accord de paix du 23 mars 2009, le M23, aussi connu sous le nom d’« Armée révolutionnaire du Congo », est composé majoritairement de Tutsis, la même ethnie que le président rwandais Paul Kagame.
Depuis le début de 2025, les attaques du M23 ont permis au groupe de prendre le contrôle de plusieurs régions, notamment Goma, la capitale du Nord-Kivu.
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