Politique
Centrafrique : L’arrestation des frères Dondra provoque des tensions à Bangui
Les autorités centrafricaines ont arrêté Christian et Eusèbe Dondra, deux frères de l’opposant politique Henri-Marie Dondra, provoquant une forte secousse dans le paysage politique du pays.
Elles les accusent d’avoir préparé un « projet d’assassinat » pour « renverser l’ordre constitutionnel » et les détiennent actuellement à l’Office central de répression du banditisme (OCRB), une situation qui alimente de vives tensions à Bangui.
Des accusations graves dans un climat politique tendu
Le parquet de Bangui a annoncé, vendredi 21 mars, que Christian et Eusèbe Dondra faisaient l’objet d’une enquête pour avoir envisagé un assassinat ciblant des personnalités publiques. Selon des sources locales, les enquêteurs soupçonnent les deux frères d’avoir planifié un empoisonnement contre des responsables du parti au pouvoir. Ces accusations surviennent alors qu’Henri-Marie Dondra, considéré comme un potentiel candidat à la présidentielle de 2025, s’impose de plus en plus comme une figure clé de l’opposition.
Le ministère public soutient que ces actes visaient à déstabiliser le pays et à renverser le gouvernement en place. Toutefois, les autorités n’ont révélé aucun nom des prétendues cibles.
Manifestations et tensions à Bangui
À l’annonce des arrestations, des manifestants ont afflué devant les locaux de l’OCRB pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une manœuvre politique destinée à affaiblir l’opposition. Sur des vidéos relayées sur les réseaux sociaux, leur père, en colère, accuse publiquement le président Faustin-Archange Touadéra et son conseiller Sani Yalo.
Face à cette agitation, les autorités ont appelé au calme et exhorté la population à ne pas « céder aux manipulations de nature à troubler l’ordre public« . Elles ont également déployé un important dispositif policier aux abords du centre de détention pour éviter tout débordement.
Un enjeu électoral en toile de fond
Ancien ministre des Finances et du Budget, puis Premier ministre entre 2021 et 2022, Henri-Marie Dondra a quitté le Mouvement cœurs unis (MCU) du président Touadéra pour fonder son propre parti, l’Unité républicaine (UNIR), en 2023. Depuis, il s’affirme comme un acteur majeur de l’opposition et un sérieux prétendant à la présidentielle de décembre 2025.
Cette arrestation soulève donc des interrogations sur ses répercussions sur l’échiquier politique centrafricain. Le président Touadéra, qui a modifié la Constitution en août 2023 pour briguer un troisième mandat, fait face à une opposition toujours plus virulente, contestant encore cette réforme.
Pour l’instant, aucune preuve tangible du complot présumé n’a été rendue publique. L’évolution de l’enquête judiciaire déterminera si ces accusations reposent sur un réel danger pour la sécurité nationale ou si elles s’inscrivent dans une stratégie visant à affaiblir une opposition de plus en plus menaçante pour le pouvoir en place.
Source : https://www.afrik.com/centrafrique-l-arrestation-des-freres-dondra-provoque-des-tensions-a-bangui
Politique
Sierra Leone : Journée nationale du Souvenir
La Sierra Leone a commémoré pour la première fois de son histoire sa première Journée nationale du souvenir en l’honneur des victimes de la guerre civile qui a dévasté le pays de 1991 à 2002.
Dans un discours à la nation, Julius Maada Bio, président de la Sierra Leone, appelle le pays à trouver la grâce de guérir complètement, de restaurer la dignité et d’aller de l’avant ensemble .
Pour la première fois dans notre histoire, nous nous réunissons en ce jour unique pour commémorer notre guerre civile et le lourd tribut que notre pays a payé pour la paix. À partir d’aujourd’hui, le 18 janvier appartient à tous les Sierra-Léonais. À toutes les victimes et à tous les survivants, je ne peux vous demander d’oublier. Je vous demande seulement, à votre rythme et à votre manière, de permettre à notre nation de trouver la grâce de guérir complètement, de restaurer sa dignité et d’aller de l’avant ensemble.
Ce conflit, considéré comme l’un des plus brutaux de l’histoire contemporaine, a fait environ 120 000 morts et des milliers de blessés ou de mutilés avant de prendre officiellement fin le 18 janvier 2002. Cette journée du souvenir fait partie des recommandations de la Commission vérité et réconciliation. Une initiative saluée par l’Association des amputés et des blessés de guerre de la Sierra Leone. Marquée désormais dans les annales du pays, cette journée du souvenir est pour le président de la République, l’occasion de comprendre le chaos et travailler à ce qu’il ne se répète jamais.
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Politique
Bénin: l’opposition dénonce «un Parlement monocolore»
Au Bénin, avant même la proclamation des résultats définitifs des législatives du 11 janvier 2026, le spectre d’une Assemblée nationale sans opposition suscite déjà des réactions. En attendant les résultats définitifs, l’expression « Parlement monocolore » refait surface dans ce pays jadis cité comme modèle de pluralisme démocratique en Afrique.
Les chiffres provisoires annoncés par la Commission nationale électorale autonome (Cena) du Bénin n’attribuent pas de siège pour Les Démocrates, principal parti d’opposition, et pour les Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), opposition modérée. Les 109 sièges de la prochaine législature se répartissent exclusivement entre le Bloc républicain (BR) et Union progressiste le renouveau (UP-R), deux formations du pouvoir. Ce tableau rappelle 2019, lorsque seuls des élus du camp du président Patrice Talon avaient accédé au Parlement.
Les partis politiques attendent désormais les résultats définitifs pour réagir officiellement. Néanmoins, quelques responsables ont déjà pris position. C’est le cas de Nadine Okoumassou des Démocrates, candidate malheureuse lors de ce scrutin. Elle a dénoncé dimanche sur un média local l’absence de l’opposition au sein de l’hémicycle pour la prochaine législature en ces termes : « Un Parlement monocolore, des hommes sous ordres. Comment un législateur peut contrôler l’action d’un gouvernement auquel il appartient ? L’Assemblée nationale ne saurait être une caisse de résonnance. »
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Politique
Soudan : la Radiotélévision d’État transformée en prison
« Les Forces de soutien rapide m’ont retenu ici en captivité pendant 29 jours, dans des conditions extrêmement difficiles », a déclaré le médecin Adil Muhammed Mekki, détenu à la Radiotélévision d’État
À la suite du déclenchement des combats au Soudan le 15 avril 2023, plusieurs bâtiments symboliques de la capitale Khartoum, longtemps contrôlés par les Forces de soutien rapide (FDS), ont été gravement endommagés, tandis que certaines institutions publiques ont été transformées en casernes militaires et en prisons.
Après la prise de contrôle par les FDS, environ 7 millions de personnes ont fui l’État de Khartoum, qui compte quelque 15 millions d’habitants.
À Khartoum, la Banque centrale du Soudan est devenue inutilisable, et les billets de banque ont été changés afin d’empêcher leur utilisation par les FDS.
Alors que les retours se poursuivent dans la capitale, où mosquées et hôtels de luxe ont également été réduits en ruines, de nombreux bâtiments attendent encore des travaux de réparation.
Parmi les premières cibles des attaques menées par les FDS en avril 2023 figurait la Radiotélévision d’État soudanaise, une institution à l’histoire ancienne.
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