Politique
Côte d’Ivoire : La liste des candidats provoque l’indignation au sein du parti de Laurent Gbagbo
Un peu plus d’un mois après avoir réalisé les démarches pour renoncer à sa binationalité – le seul moyen pour être déclaré candidat à la présidentielle en Côte d’Ivoire – l’opposant Tidjane Thiam est devenu exclusivement ivoirien ce jeudi 20 mars. Président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA), il figure sur la liste officielle provisoire des prétendants au Palais présidentiel d’Abidjan. Les noms de Laurent Gbagbo, ancien président de 2000 à 2011, ou de Charles Blé Goudé, qui appartient à la coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), composée de 25partis lancée le 10 mars, dont le PDCI-RDA est intégré, ne figurent pas sur la liste.
À la tête du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo a perdu ses droits civiques et politiques en raison d’une condamnation pénale liée à la crise post-électorale de 2010-2011. Surnommée « l’affaire du braquage de la BCEAO » (Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest), il a écopé d’une peine de vingt ans de prison par la Cour Pénale Internationale (CPI). Malgré la grâce qu’il obtient en août 2022, il reste inéligible.
Allassane Ouattara le « candidat naturel »
C’est donc sans surprise qu’il est rayé de la liste des candidats à la présidentielle formulés par la Commission électorale indépendante (CEI). En réaction, Sébastien Dano Djédjé, directeur exécutif du parti, dénonce la décision de la CEI, qu’il considère comme le résultat d’un plan stratégique visant à « saper le moral des militants » et « provoquer des troubles« . Sébastien Dano Djédjé remet en cause la crédibilité de l’organe électoral, qui contiendrait « des électeurs fictifs » et « décédés« , une situation qui pourrait causer des tensions lors du scrutin.
Présenté comme le seul candidat du parti, Laurent Gbagbo reste soutenu par sa famille politique pour tenter d’inscrire son nom sur la liste. L’ancien Premier ministre Guillaume Soro, et l’ancien bras droit de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, ont eux aussi été condamnés par la justice pour leur implication dans cette affaire et demeurent inéligibles.
Quant au président Alassane Ouattara, à la tête de la Côte d’Ivoire depuis quinze ans, il est considéré par son parti, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), comme « le candidat naturel« . Pour le moment, l’homme politique ne s’est pas encore prononcé.
Politique
Afrique du Sud : Vers un déploiement de l’armée dans les foyers de criminalité
L’Afrique du Sud s’apprête à déployer des unités de l’armée aux côtés de la police dans un délai de dix jours afin de lutter contre une criminalité galopante alimentée par les gangs de drogue et les mineurs illégaux.
L’annonce a été faite mardi 17 février par le ministre par intérim de la Police, Firoz Cachalia, devant le Parlement.
Les chefs de l’armée et de la police ont finalisé « le plan de déploiement qui débutera dans les dix prochains jours », a précisé le ministre. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures musclées prises par le gouvernement pour contenir la violence dans un pays qui affiche l’un des taux d’homicide les plus élevés au monde, avec environ 60 meurtres par jour.
Le président Cyril Ramaphosa avait annoncé la semaine dernière, lors d’une allocution nationale, l’envoi de troupes dans la province du Cap-Occidental — où se trouve la ville touristique du Cap — ainsi que dans le Gauteng, qui abrite le centre financier de Johannesburg. « Le crime organisé constitue désormais la menace la plus immédiate pour notre démocratie, notre société et notre développement économique », avait-il déclaré.
Certaines zones du Cap sont le théâtre d’affrontements meurtriers entre gangs rivaux qui se disputent le contrôle du trafic de drogue, tandis que des mineurs illégaux opèrent dans les anciens bassins aurifères du Gauteng. Firoz Cachalia a indiqué que l’opération militaire serait également étendue au Cap-Oriental, autre province confrontée à des gangs solidement implantés et à une criminalité liée aux stupéfiants.
La mesure suscite toutefois des critiques. Des experts de la sécurité et des partis d’opposition estiment que les militaires ne sont pas formés aux missions de maintien de l’ordre. D’autres s’interrogent sur le coût du dispositif et y voient l’aveu d’un échec de la police à endiguer la violence.
« Envoyer l’armée à court terme ne réduira pas les 64 meurtres qui ont lieu chaque jour dans ce pays », a lancé Mmusi Maimane, chef du parti libéral Build One South Africa, lors de la séance parlementaire à laquelle assistait le président Ramaphosa.
Politique
Gabon : Suspension des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre »
Les autorités gabonaises ont décidé de suspendre tous les réseaux sociaux “jusqu’à nouvel avis”. Depuis un mois, le président Oligui Nguema fait face à sa première vague de contestations sociales qui gagne en intensité.
La Haute Autorité de la Communication (HAC) au Gabon a annoncé mardi la suspension immédiate et « jusqu’à nouvel ordre » des réseaux sociaux sur le territoire gabonais, évoquant un risque de « dérives conflictogènes ».
Dans un communiqué lu mardi soir sur la chaîne de TV publique Gabon 1ère, le porte-parole de la HAC Jean-Claude Mendome a annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre », sans désigner les plateformes concernées, expliquant que des contenus risquaient d’engendrer des conflits sociaux ou de déstabiliser les institutions.
La contestation monte
Le président gabonais a été confronté en janvier et février à sa première vague de contestation sociale avec une grève des enseignants qui dure par endroits depuis plus d’un mois.
« La Haute Autorité de Communication (HAC) constate la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais, de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes moeurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale », a énuméré le porte parole de l’institution.
La HAC s’inquiète aussi de « la propagation de fausses informations », de « cyberharcèlement », ou encore de « la divulgation non autorisée de données personnelles ».
Dans son communiqué, la HAC a également « déploré », « l’indifférence » des plateformes et « l’absence d’une véritable volonté de modération des contenus illicites ».
« Ces agissements sont susceptibles dans le cas du Gabon d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques », a affirmé le porte-parole.
La suspension n’était cependant pas effective dans la nuit de mardi à mercredi, d’après des témoignages sur place.
Politique
Tchad : L’opposant Albert Pahimi Padacké désigné président du CPDP
L’opposant tchadien Albert Pahimi Padacké a été désigné présidé du CPDP par consensus pour un mandat d’un an.
Installé dans les fonctions la semaine dernière, les membres du Cadre permanent de dialogue politique (CPDP) ont tenu leur première plénière ce mardi, marquée par l’installation de Albert Pahimi Padacké à la tête du bureau.
La plénière a procédé à la mise en place d’un bureau composé de dix membres. Pour la première année, la présidence est accordée par consensus à l’opposition. Le chef de file de l’opposition conduite par son chef de file Albert Pahimi Padacké. Il est assisté d’Aziz Mahamat Saleh, de la mouvance présidentielle.
La plénière a mis également un comité pour la rédaction du règlement intérieur de l’organe et un autre pour l’élaboration de son budget de fonctionnement.
Mis en place en juin 2025, le CDPD a pour objectif de favoriser la concertation entre les partis politiques et accompagner la vie démocratique. Il est composé de 30 membres dont 15 de la majorité présidentielle et 15 de l’opposition démocratique. Ne sont membres que les présidents ou secrétaires généraux des partis politiques légalement reconnus.
Source : https://fr.apanews.net/news/tchad-albert-pahimi-padacke-designe-president-du-cpdp/