Société
Togo : Un village agricole connecté à Internet
En milieu rural, les agriculteurs manifestent le désir de s’informer en temps réel sur la météo, les cotations sur les engrais, sur diverses spéculations sur les marchés, mais hélas, font face à un handicap majeur, l’absence de connectivité à Internet.
Depuis peu, les voix s’élèvent pour appeler à plus de connectivité dans le monde rural et agricole en Afrique, à la détaxation des outils numériques, bref, permettre aux petits producteurs d’accéder à l’information en toute facilité et simplicité.
Au Togo, une organisation se démarque. Il s‘agit de la branche togolaise de l’organisation Internet Society (ISOC Togo) qui vient de connecter le village d’Atti Akakpé (préfecture de l’Avé, région maritime) au réseau Internet.
Ce village pilote donne ainsi l’opportunité à ses acteurs agricoles de mieux s’informer et de bénéficier des avantages de la connexion Internet pour faire développer leurs activités agricoles.
« Le Togo avance dans la transformation numérique et il est temps d’accélérer encore. Les villages doivent bénéficier des mêmes chances que les villes. L’inclusion numérique n’est pas un luxe, c’est une condition pour l’éducation, la santé, l’agriculture et la prospérité », confie Emmanuel Elolo Agbenonwossi, président d’ISOC-Togo.
ISOC-Togo explique que ce réseau communautaire permet aux agriculteurs d’avoir un accès direct à des outils essentiels qui jusque-là restaient difficiles d’usage faute de connectivité locale fiable.
Ce réseau leur permet d’abord de recevoir en temps réel des informations sur les prévisions météorologiques, les calendriers culturaux et les risques climatiques, ce qui améliore la planification des semis, la gestion de l’eau et la prévention des pertes.
Il facilite l’accès aux plateformes de conseils agricoles, aux techniques de production adaptées au climat et aux formations en ligne promues par les institutions nationales et les partenaires agricoles.
Le réseau élargit également l’horizon économique des producteurs. Ils peuvent consulter les prix sur les marchés régionaux, identifier les périodes les plus favorables pour vendre, comparer les offres et accéder à des acheteurs sans dépendre d’intermédiaires.
Cette transparence renforce leur pouvoir de négociation et stabilise leurs revenus.
La connectivité soutient en outre l’organisation collective, car elle permet aux coopératives locales de mieux coordonner leurs activités, d’optimiser la logistique et de documenter leur production pour accéder à des programmes d’appui, à des financements ou à des mécanismes de certification.
Pour ISOC-Togo, l’agriculture bénéficie enfin d’une meilleure intégration dans les services publics essentiels.
Le réseau facilite l’usage d’applications comme DokitaEyes pour la santé communautaire, ce qui améliore la disponibilité médicale dans les zones rurales, et il permet aux jeunes agriculteurs d’accéder aux formations numériques qui deviennent indispensables pour moderniser les pratiques.
« À travers cette infrastructure, la communauté agricole d’Atti Akakpé acquiert une capacité nouvelle à produire, à innover et à se connecter à l’économie nationale, ce qui contribue directement au développement rural et au renforcement de la résilience locale », a précisé le président d’ISOC-Togo.
Cette organisation rassure de sa détermination à avancer plus rapidement dans son challenge en plaidant pour une libéralisation plus large des licences destinées aux réseaux communautaires.
« Le Togo peut devenir un modèle africain si nous donnons aux communautés les moyens de se connecter elles-mêmes. Je plaide également pour la création d’une agence nationale dédiée au service universel, capable d’orienter les ressources là où elles sont le plus nécessaires », a lancé Emmanuel Elolo Agbenonwossi.
Source : https://www.agridigitale.net/article/un-village-agricole-au-togo-connecte-a-internet
Société
Côte d’Ivoire : Hommage aux victimes de l’attaque terroriste de Grand-Bassam
La Côte d’Ivoire a rendu hommage aux 19 victimes d’une attaque djihadiste perpétrée il y a dix ans dans une station balnéaire très fréquentée.
Le 13 mars 2016, trois assaillants armés de fusils d’assaut ont pris d’assaut la plage de Grand-Bassam, très prisée des étrangers et située à 40 kilomètres à l’est de la capitale, Abidjan, avant de s’en prendre à des restaurants.
Le carnage, qui a duré 45 minutes, a pris fin lorsque les forces de sécurité ivoiriennes ont abattu les assaillants.
Cette attaque était la première attaque djihadiste en Côte d’Ivoire, l’un des moteurs économiques de l’Afrique de l’Ouest. Le pays a jusqu’à présent été largement épargné par la violence djihadiste qui frappe régulièrement ses voisins, le Burkina Faso et le Mali.
La branche nord-africaine d’Al-Qaïda, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), a revendiqué l’attaque, dont les victimes comprenaient neuf Ivoiriens, quatre Français, un Libanais, un Allemand, un Macédonien, un Malien, un Nigérian et une personne dont l’identité n’a pas pu être établie.
« Cette attaque ne visait pas seulement des personnes », a déclaré le vice-Premier ministre Tene Birahima Ouattara lors de la cérémonie officielle.
« Cela allait à l’encontre de ce qui définit la nation ivoirienne : notre diversité culturelle, notre histoire ouverte sur le monde, notre hospitalité légendaire et notre joie de vivre », a-t-il ajouté, devant un mémorial rendant hommage aux 19 victimes.
Cette attaque était une riposte aux opérations anti-djihadistes menées au Sahel par la France et ses alliés. Elle visait la Côte d’Ivoire pour avoir remis des membres d’AQMI au Mali.
Depuis, dix hommes ont été condamnés à la prison à perpétuité pour leur rôle dans cette attaque, dont six par contumace.
Société
Ghana : 150 membres de la diaspora africaine obtiennent la citoyenneté
Le Ghana a officiellement accordé la citoyenneté à 150 membres de la diaspora africaine lors d’une cérémonie organisée à Accra. Les nouveaux citoyens ont prêté serment d’allégeance avant de recevoir leurs certificats de naturalisation. Cette initiative s’inscrit dans la politique du pays visant à reconnecter les descendants d’Africains dispersés par l’esclavage avec le continent.
Depuis le lancement de ce programme, plus de 1 000 personnes issues de la diaspora ont déjà obtenu la nationalité ghanéenne.
Une cérémonie symbolique à Accra
La cérémonie s’est tenue au Centre international de conférence d’Accra en présence de responsables gouvernementaux et de représentants de la diaspora. Les nouveaux citoyens ont prêté serment de fidélité à la République du Ghana avant de recevoir leurs documents officiels. Pour plusieurs participants, cet événement marque l’aboutissement d’un long parcours personnel. Dans la salle, certains nouveaux citoyens brandissaient de petits drapeaux ghanéens pour célébrer cette étape symbolique.
Une politique de rapprochement avec la diaspora
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large qui vise à renforcer les liens entre le Ghana et les descendants d’Africains vivant à l’étranger. Le pays s’est positionné depuis plusieurs années comme une porte d’entrée pour la diaspora africaine.
Le programme s’appuie notamment sur l’« Année du retour », lancée en 2019 pour commémorer les 400 ans du début de la déportation des Africains vers l’Amérique du Nord. Depuis cette date, de nombreux Afro-Américains et membres de la diaspora ont choisi de s’installer au Ghana, attirés par l’histoire, la culture et les opportunités économiques.
Les autorités ghanéennes présentent la diaspora comme la « 17e région » du pays, soulignant son rôle potentiel dans le développement national.
Une démarche identitaire et historique
Pour beaucoup de nouveaux citoyens, la naturalisation dépasse la simple dimension administrative. Elle représente une forme de retour symbolique vers les racines africaines.
Certains expliquent avoir grandi avec la conscience de leurs origines africaines tout en ressentant une distance culturelle avec le continent. Obtenir la citoyenneté ghanéenne leur permet de combler cette rupture historique héritée de la traite transatlantique.
Lors de la cérémonie, la vice-présidente Jane Naana Opoku-Agyemang a rappelé que la distance géographique ne pouvait effacer l’identité. Selon elle, le Ghana souhaite rester un foyer pour la « famille africaine mondiale ».
Un partenariat pour l’avenir
Au-delà de l’aspect symbolique, les autorités ghanéennes voient également la diaspora comme un partenaire stratégique. Les compétences, les réseaux et les investissements des nouveaux citoyens sont perçus comme des leviers importants pour le développement du pays. Le gouvernement encourage ainsi les membres de la diaspora à investir, entreprendre et participer à la vie économique et culturelle nationale. Les nouvelles politiques de naturalisation, qui ont récemment simplifié certaines démarches administratives, visent à faciliter ce rapprochement. Pour les responsables ghanéens, cette dynamique permet de transformer une histoire marquée par l’exil et la rupture en un projet commun tourné vers l’avenir.
Source : https://www.afrik.com/ghana-150-membres-de-la-diaspora-africaine-obtiennent-la-citoyennete
Société
Bénin : Numalab lance le premier startup studio du pays à Cotonou
Numalab lance le premier startup studio au Bénin. Basé à Cotonou, il veut créer plusieurs startups technologiques pour l’Afrique de l’Ouest.
L’écosystème entrepreneurial béninois franchit une nouvelle étape. Lancé en janvier 2026 à Cotonou, Numalab se présente comme le premier startup studio du pays. Son objectif : concevoir et développer des startups technologiques directement en interne, en réponse aux besoins du marché local et régional. Une approche encore rare en Afrique de l’Ouest, qui pourrait contribuer à structurer davantage l’innovation dans la sous-région.
Un modèle encore peu répandu en Afrique de l’Ouest
L’écosystème des startups africaines continue de se structurer, et le Bénin entend désormais prendre part à cette dynamique. À Cotonou, Numalab a officiellement lancé ses activités début 2026 avec une ambition claire : introduire dans le pays le modèle du startup studio, encore peu développé dans la région.
Contrairement aux incubateurs ou aux accélérateurs traditionnels, qui accompagnent des entrepreneurs externes, un startup studio conçoit lui-même les projets qu’il développe. Les équipes identifient des opportunités de marché, testent les idées, structurent les modèles économiques et lancent ensuite les startups en interne.
Ce modèle, déjà bien implanté en Europe et en Amérique du Nord, permet selon ses promoteurs de réduire les risques liés à la création d’entreprise en mutualisant les ressources, les compétences et l’exécution. Pour Numalab, l’enjeu consiste à adapter cette approche aux réalités économiques et sociales du Bénin et de l’Afrique de l’Ouest.
Trois entrepreneurs aux profils complémentaires
Le projet est porté par trois entrepreneurs issus de parcours différents : Loïc Doufodji, Sébastien Doncker et Robin Hoffmeister.
À la tête du studio, Loïc Doufodji, entrepreneur béninois issu de la diaspora en France, a fait le choix de revenir s’installer durablement au Bénin afin de piloter le développement de la structure sur place.
Cette implantation locale constitue, selon les fondateurs, un élément central de la stratégie du studio. Elle doit permettre d’identifier les problématiques du marché au plus près du terrain et de concevoir des solutions technologiques réellement adaptées aux usages locaux.
Les deux autres cofondateurs apportent quant à eux des expertises techniques et entrepreneuriales dans les domaines de l’ingénierie, de l’intelligence artificielle et de la création de startups technologiques.
Plusieurs secteurs déjà ciblés
Numalab prévoit de créer trois à quatre startups par an, avec une montée en puissance progressive. Les premiers projets devraient se concentrer sur plusieurs secteurs considérés comme stratégiques pour l’économie régionale. Parmi eux figurent notamment : l’agrotech, la logistique, la mobilité, l’immobilier et le BTP, le secteur pharmaceutique.
L’objectif est de développer des solutions numériques capables de répondre à des besoins concrets du marché, tout en s’inscrivant dans une logique de croissance à l’échelle ouest-africaine.
Structurer un écosystème entrepreneurial encore jeune
Au-delà de la création de startups, Numalab souhaite également contribuer à la structuration de l’écosystème entrepreneurial béninois.
Le secteur technologique local connaît aujourd’hui une phase de forte émergence, portée par une nouvelle génération d’entrepreneurs et par l’essor du numérique. Mais de nombreuses initiatives restent encore isolées et peinent à atteindre une taille critique.
Le startup studio veut donc favoriser la montée en compétences des talents locaux, encourager la collaboration entre acteurs publics et privés et organiser des événements dédiés à l’innovation.
Hackathons, ateliers entrepreneuriaux ou rencontres professionnelles pourraient ainsi être organisés afin de stimuler les dynamiques collaboratives au sein de l’écosystème.
Une ambition régionale
Si Numalab démarre ses activités au Bénin, ses fondateurs affichent déjà une ambition régionale. Le studio souhaite progressivement étendre ses projets à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, une région où les besoins en solutions technologiques adaptées aux réalités locales restent importants.
En misant sur la co-construction avec les entreprises, les institutions et les utilisateurs finaux, Numalab espère ainsi contribuer à l’émergence de startups plus solides et capables de créer de la valeur sur le long terme.
Pour le Bénin, l’initiative pourrait aussi constituer un signal supplémentaire de la montée en puissance de son écosystème numérique.
Source : https://www.afrik.com/benin-numalab-lance-le-premier-startup-studio-du-pays-a-cotonou
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