Économie
Togo : Plus de 300 milliards FCFA de la BOAD injectés dans l’économie
À l’occasion de la première édition des BOAD Development Days, organisée à Lomé, l’institution régionale a mis en avant les résultats de son plan stratégique 2021–2025. Le Togo, hôte de l’événement, se positionne comme l’un des premiers bénéficiaires.
Pari tenu pour la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD). À six mois de la clôture de son plan stratégique quinquennal Djoliba (2021–2025), l’institution communautaire affiche un taux de réalisation de 98,8 % sur ses objectifs de financement, soit plus de 3310 milliards FCFA injectés dans les économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). La mobilisation de ressources, elle, dépasse les projections : 4510 milliards FCFA levés, dont 2064 milliards auprès de partenaires extérieurs, soit 137 % de l’objectif initial.
C’est dans ce contexte que Lomé a accueilli, les 12 et 13 juin, la première édition des BOAD Development Days. Un forum stratégique organisé par l’institution pour accélérer la concertation autour des enjeux de financement liés à la transition énergétique et à l’agriculture durable dans la sous-région.
Présent à l’ouverture, le ministre togolais de l’Économie et des Finances, Essowe Georges Barcola, a salué « une plateforme d’idées et d’actions concrètes pour l’avenir de l’Afrique de l’Ouest ». Il a rappelé l’alignement du Togo sur les priorités du plan Djoliba, notamment via la Feuille de route gouvernementale 2020–2025 axée sur l’inclusion, l’énergie et la souveraineté alimentaire.
Plus de 300 milliards FCFA mobilisés pour le Togo
Au total, le Togo représente près de 9 % du volume global des financements approuvés par la BOAD sur la période 2021–2025, soit environ 308 milliards FCFA.
Ces fonds ont été orientés vers les infrastructures rurales, l’énergie solaire, l’agro-industrie, l’accès à l’eau potable et l’éducation. Le pays bénéficie ainsi de plusieurs projets structurants dont des aménagements hydro-agricoles et des installations solaires dans les zones hors réseau.
À l’échelle régionale, les impacts sont tangibles : 1440 MW de capacité énergétique installée, 3800 kilomètres de routes réhabilitées, 308 240 m³/jour de production d’eau potable, 8195 salles de classe financées, plus de 23 000 PME soutenues. Dans le numérique, 158 milliards FCFA ont été alloués pour connecter 1,8 million de personnes.
Une diplomatie du financement
Pour Serge Ekué, président de la BOAD, ces résultats sont un levier pour bâtir une nouvelle approche de la finance publique régionale. « Le changement climatique, l’urbanisation rapide, l’insécurité alimentaire nous obligent à repenser notre manière de produire, d’investir, de consommer », a-t-il déclaré, en présence d’acteurs publics et privés, dont les anciens Premiers ministres du Bénin et du Burkina Faso.
L’institution qui se positionne aujourd’hui comme la première banque climatique de la région, revendique 163,4 milliards FCFA engagés dans des projets d’atténuation du changement climatique, et 79 milliards dans des projets d’adaptation, soit un total de 242,4 milliards FCFA consacrés à la finance verte.
Sécurité et développement, un couple indissociable
Dans une région marquée par l’instabilité, le ministre Barcola a insisté sur l’enjeu sécuritaire comme condition du développement économique. « Pas de développement sans sécurité. Si nous ne préservons pas la paix, tous nos efforts risquent d’être vains », a-t-il déclaré. Le Togo, précurseur sur ce sujet avec la Politique de Paix et de Sécurité de l’UEMOA adoptée dès 2012 sous l’impulsion du président Faure Essozimna Gnassingbé, veut désormais inscrire cette vision dans une diplomatie économique régionale structurée.
Les BOAD Development Days ont vocation à devenir un rendez-vous annuel, consolidant le rôle de Lomé comme plateforme de coordination régionale du financement du développement durable en Afrique de l’Ouest.
Économie
Burkina Faso : Appel à la diaspora pour financer des projets d’infrastructures
Le Burkina Faso a lancé mercredi à Ouagadougou une opération baptisée « Diaspora Bonds » visant à mobiliser 125 milliards de FCFA par appel public à l’épargne afin de financer des projets d’infrastructures et soutenir le développement économique du pays.
Ouverte à l’ensemble des investisseurs du marché financier régional, l’emprunt que veut lancer Ouagadougou, à hauteur de 125 milliards de FCFA, cible en particulier la diaspora burkinabè et africaine, invitée à contribuer activement à la réalisation de projets structurants.
L’emprunt est structuré en deux tranches. La première, dite émission A, porte sur 45 milliards de FCFA avec une maturité de cinq ans et un taux d’intérêt de 6,75 %. La seconde, émission B, concerne 80 milliards de FCFA sur une durée de sept ans, avec un rendement de 6,85 %. Le prix unitaire de l’obligation est fixé à 10 000 FCFA.
Selon les autorités, cette levée de fonds vise à diversifier les sources de financement de l’État tout en renforçant l’implication de la diaspora dans le développement national. Les montants collectés seront notamment consacrés à la réalisation d’infrastructures économiques et sociales.
La période de souscription est prévue du 6 mai au 6 juin 2026, avec une possibilité de prolongation en fonction de la demande.
Au-delà de la diaspora, les institutions financières, les investisseurs privés ainsi que les citoyens burkinabè résidant au pays sont également invités à prendre part à cette opération.
À travers cette initiative, le gouvernement entend mobiliser l’épargne nationale et régionale afin de soutenir la relance économique et accélérer la mise en œuvre de projets prioritaires, dans un contexte marqué par des besoins importants en investissements publics.
Source : https://fr.apanews.net/society/burkina-125-mrds-fcfa-demprunts-pour-mobiliser-la-diaspora/
Économie
Côte d’Ivoire : Création d’un Fonds souverain stratégique pour le développement
Le gouvernement ivoirien a approuvé, lors du Conseil des ministres du 15 avril 2026, la création du Fonds souverain stratégique pour le développement (FSD-CI). Ce nouvel instrument vise à valoriser les actifs de l’État et à mieux structurer le financement des projets d’infrastructures et d’investissements jugés essentiels à la transformation économique du pays.
Le FSD-CI s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis 2012 pour renforcer les capacités de financement public. Il vient compléter un dispositif comprenant notamment la Caisse des dépôts et consignations, le Fonds de garantie pour les PME et les caisses de retraite réformées, afin de constituer un pôle financier public plus solide et coordonné.
Le fonds est organisé autour de trois composantes principales : un fonds dédié au développement des infrastructures pour soutenir les projets structurants, un fonds de stabilisation économique destiné à atténuer les effets des chocs externes, et un fonds de placements financiers stratégiques chargé de constituer une épargne publique à long terme.
Son financement reposera en partie sur une fraction des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles et énergétiques, ainsi que sur le transfert de certains actifs publics. Le dispositif prévoit également des mécanismes de gestion des risques et de contrôle interne afin d’assurer une gouvernance transparente et une utilisation efficace des ressources.
Source : https://www.financialafrik.com/2026/04/17/cote-divoire-creation-dun-fonds-souverain-strategique/
Économie
Nigeria : Baisse des droits de douane pour freiner la hausse des prix
Le Nigeria a annoncé une réduction des droits de douane sur plusieurs produits à partir du 1er juillet, dans le but de soulager le coût de la vie et de soutenir l’activité économique.
Parmi les produits concernés figurent le riz, le sucre, l’huile de palme, les véhicules particuliers ainsi que certains matériaux de construction. Les autorités précisent que les taxes sur les voitures seront abaissées à 40 %, celles sur le riz en vrac à 47,5 %, tandis que le sucre brut verra ses droits compris entre 55 % et 57,5 %. Les importations d’huile de palme seront désormais taxées à 28,75 %.
En parallèle, certains équipements seront totalement exonérés, notamment les véhicules électriques, les bus de transport public et les machines industrielles, afin d’encourager les investissements et la modernisation du secteur productif.
Une réponse à l’inflation
Cette réforme s’inscrit dans la stratégie du gouvernement de Bola Ahmed Tinubu pour contenir l’inflation et améliorer le pouvoir d’achat.
Si la hausse des prix a récemment ralenti, avec un taux autour de 15 % en février contre un pic proche de 33 % fin 2024, elle reste élevée et continue de peser sur les ménages et les entreprises.
Des pressions extérieures persistantes
Les autorités évoquent également des facteurs internationaux qui compliquent la situation économique, notamment la hausse des prix de l’énergie liée aux tensions géopolitiques.
Le ministre des Finances, Wale Edun, a indiqué que le pays cherchera des soutiens lors des prochaines réunions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.
Dans le même temps, la forte augmentation des prix du carburant, en hausse de plus de 50 %,continue d’alourdir les coûts de transport et de production.