Politique
Togo : Le Parlement lance le processus de renouvellement partiel de la CENI
Au Togo, le processus de renouvellement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a officiellement démarré ce lundi 2 juin 2025 avec l’ouverture par l’Assemblée nationale de la période de dépôt des candidatures, qui s’étendra jusqu’au 13 juin prochain.
Ce renouvellement porte sur cinq membres : trois issus de l’opposition extraparlementaire et deux représentant la société civile. Ainsi, les candidats désignés par les partis politiques non représentés à l’Assemblée et par les organisations de la société civile sont invités à soumettre leurs dossiers au bureau du président de l’Assemblée nationale, conformément à un communiqué officiel publié par l’institution parlementaire.
Cette recomposition intervient en prélude aux prochaines élections municipales, prévues pour le 17 juillet 2025. Elle répond également à une recommandation formulée par les acteurs politiques réunis au sein du Cadre permanent de concertation (CPC), appelant à une redynamisation de la CENI en vue de garantir une meilleure représentativité et la transparence du processus électoral.
Notons que l’actuel bureau de l’institution organisatrice des élections, présidé par Yago Dabré, est en fin de mandat depuis plusieurs mois. Pour les partis de l’opposition, l’intégration de nouveaux membres constitue un préalable à l’organisation d’élections crédibles et apaisées.
Politique
Afrique : Abuja prend les rênes du Conseil de paix et de sécurité de l’UA
Abuja prend les rênes du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS/UA) dans un contexte de recrudescence des attaques au Sahel, marqué notamment par une intensification des violences au Mali et des menaces persistantes au Nigéria.
Le Nigéria assure pour le mois de mai 2026 la présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), a annoncé le ministère nigérian des Affaires étrangères, dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé au Sahel.
Cette prise de fonction intervient alors que la région connaît une recrudescence des attaques jihadistes. Le Mali figure parmi les pays les plus touchés, avec une intensification des opérations revendiquées par le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin et le Front de libération de l’Azawad (FLA), violences ayant notamment conduit à la mort du ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara.
Le Nigéria lui-même reste confronté à une menace sécuritaire persistante, marquée par les attaques de factions rivales de Boko Haram ainsi que par les exactions de groupes armés qualifiés de bandits dans le nord-ouest du pays.
Dernièrement à la tête du CPS en décembre 2022, le Nigéria, membre du Conseil depuis sa création en 2004, entend s’appuyer sur son expérience pour orienter les discussions sur les priorités sécuritaires du continent.
Durant sa présidence mensuelle, Abuja dirigera les délibérations sur plusieurs dossiers majeurs, notamment l’impact du changement climatique sur les crises dans le bassin du lac Tchad et au Sahel, les stratégies de lutte contre la criminalité transnationale organisée, ainsi que le projet de plan d’action stratégique quinquennal de l’UA contre le terrorisme.
Les travaux porteront également sur l’opérationnalisation de la Force africaine en attente et le renforcement des mécanismes de sécurité maritime, en particulier dans le golfe de Guinée.
Le CPS de l’UA compte 15 membres élus pour des mandats de deux ou trois ans, dont le Nigéria, aux côtés notamment de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, du Maroc, de la Côte d’Ivoire et de l’Éthiopie.
Selon le porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères, Kimiebi Imomotimi Ebienfa, cette présidence intervient dans un environnement marqué par des défis sécuritaires complexes nécessitant une réponse coordonnée à l’échelle continentale.
Source : https://fr.apanews.net/diplomacy/ua-le-nigeria-prend-la-presidence-du-cps-en-mai/
Politique
Mali : Hommage au ministre de la Défense Sadio Camara
Le Premier ministre malien affirme que « son exemple sera enseigné dans toutes les écoles militaires », afin d’inspirer les futures générations d’officiers.
Une vive émotion et une profonde solennité ont marqué les obsèques du général d’armée Sadio Camara, célébrées en présence de hautes autorités civiles et militaires, ainsi que de nombreuses délégations venues du Mali et de la Confédération des États du Sahel (AES).
Prenant la parole au nom de la famille, le commissaire Baraka Camara, porte-parole des proches du défunt, a exprimé la douleur collective face à une disparition jugée prématurée : « Pourquoi lui et pourquoi maintenant ? », s’est-il interrogé, évoquant « l’impuissance et la résignation face à la mort, ce passage obligé pour tous ».
Il a appelé à une expression digne du deuil, mêlant souffrance et retenue, tout en soulignant que certaines disparitions « inscrivent dans le marbre de l’éternité un nom qui honore une famille, une institution et toute une nation ».
Le chef d’état-major de l’armée de l’air, du Mali, le général de brigade Alou Boï Diarra, a salué un officier « de terrain, rigoureux et profondément engagé », dont la carrière exemplaire témoigne « du mérite et du sens du devoir ». Il a retracé le parcours du défunt, de sa formation militaire à Kati jusqu’à son accession au grade de général d’armée, soulignant son rôle central dans la montée en puissance des forces armées maliennes.
Représentant la Confédération AES, le ministre de la Défense du Burkina Faso, le général de division Célestin Simporé, a insisté sur la portée régionale de cette perte : « L’onde de choc dépasse largement les frontières nationales », a-t-il déclaré, rendant hommage à « un acteur majeur de la reconquête de la souveraineté sahélienne ». Il a également salué l’engagement panafricain du disparu et sa contribution à la redéfinition des alliances stratégiques dans la région.
De son côté, le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, a évoqué « un leader, un symbole et un modèle » dont la disparition « ne saurait ébranler la détermination du Mali ».
Le Premier ministre malien affirme que « son exemple sera enseigné dans toutes les écoles militaires », afin d’inspirer les futures générations d’officiers. Il a appelé à « une union sacrée » face aux défis sécuritaires, affirmant que « des millions de Sadio Camara sont prêts à prendre la relève ».
Au nom du Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, le grand chancelier des ordres nationaux, le général de brigade Amadou Sagarafourou Guèye, a rappelé le caractère inéluctable de la mort, tout en saluant « un homme de devoir, d’une intelligence remarquable, entièrement dévoué à la nation ».
Il a mis en avant « son patriotisme, son humilité et son exemplarité », soulignant que le défunt a été élevé à titre posthume à la dignité de général d’armée en reconnaissance de ses services.
Les différents intervenants ont unanimement salué la mémoire d’un officier « tombé les armes à la main », engagé sans relâche pour la restauration de la souveraineté nationale et la modernisation de l’armée malienne. Tous ont insisté sur la nécessité de perpétuer son héritage, notamment auprès des jeunes générations militaires.
Dans une atmosphère empreinte de recueillement, les hommages ont également évoqué les qualités humaines du disparu : « intégrité, loyauté, courage et sens de la justice », ainsi que sa foi et sa discrétion dans ses actions sociales et religieuses.
Les obsèques du général Sadio Camara se sont ainsi imposées comme un moment de communion nationale et régionale, illustrant l’empreinte durable laissée par celui que beaucoup décrivent désormais comme « une icône au service du Mali et de l’Afrique ».
Né le 19 août 1979 à Kati, Sadio Camara a connu une ascension remarquable au sein de l’armée malienne, gravissant tous les échelons jusqu’au sommet de la hiérarchie militaire. Officier formé au Mali et à l’étranger, notamment aux États-Unis et en Chine, il s’est illustré dans plusieurs opérations militaires et a occupé de hautes fonctions de commandement avant de devenir ministre de la Défense.
Décoré de nombreuses distinctions nationales et internationales, il était reconnu pour sa rigueur, son humilité et son engagement constant dans la lutte pour la souveraineté du Mali.
Sa disparition, largement ressentie au Mali comme à l’étranger, a suscité un élan de solidarité et d’hommages à travers le continent africain et au sein de la diaspora.
Les autorités ont conclu la cérémonie en affirmant que « la flamme qu’il a allumée ne s’éteindra jamais », promettant que son idéal continuera de guider les générations futures.
Une série d’attaques coordonnées a été menée le 25 avril par des groupes armés, en lien avec le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans » (JNIM), dirigé par Iyad Ag Ghaly, et des rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA). Les attaques, dans lesquelles le ministre de la Défense Sadio Camara a été tué, se sont déroulées sur plusieurs fronts, notamment à Bamako, Kati, Mopti, Gao et Kidal.
Politique
Sénégal : Plus de deux mille victimes de violences politiques prises en charge
L’État du Sénégal franchit une nouvelle étape dans la prise en charge des conséquences des violences politiques survenues entre 2021 et 2024.
L’Agence sénégalaise de la Couverture sanitaire universelle (SEN-CSU) a procédé, jeudi, à la remise de 2 009 cartes d’assurés destinées aux victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024, période marquée par de fortes tensions pré-électorales.
Présidant la cérémonie, Youssou Djité, Directeur de cabinet du ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités (MFASS), a souligné la portée de cette initiative, qui s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer la protection sociale. Selon lui, il s’agit de faire de celle-ci « une réalité tangible », au-delà des engagements de principe.
Il a insisté sur la dimension symbolique et réparatrice de cette mesure, soulignant : « Ces cartes d’assurés constituent un acte de justice sociale, de solidarité nationale et de réparation républicaine. Les victimes des violences pré-électorales portent encore, dans leur chair et leur santé, les stigmates de ces événements. »
Entre mars 2021 et février 2024, ces violences ont fait un lourd bilan humain. Outre les nombreux blessés, plusieurs sources font état de 65 à plus de 80 décès. Une enquête citoyenne a documenté 65 morts, dont 51 par balles, tandis que le comité interministériel d’assistance évoque un chiffre compris entre 79 et 80 victimes, majoritairement de jeunes manifestants.
Grâce à leur intégration dans le dispositif de la SEN-CSU, les bénéficiaires disposent désormais d’une couverture facilitant leur accès aux structures sanitaires publiques. Cette prise en charge garantit la continuité des soins, un enjeu crucial pour des personnes souvent confrontées à des séquelles physiques et psychologiques durables.
Concrètement, les assurés pourront bénéficier d’un remboursement de 80 % des frais de soins dans les établissements publics, ainsi que de 50 % du coût des médicaments. Une avancée significative qui vise à alléger le fardeau financier des victimes et à leur assurer un accompagnement médical sur le long terme.
Au-delà de l’aide immédiate, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance et de soutien aux victimes, dans un contexte où les attentes en matière de justice, de réparation et de réconciliation restent fortes au sein de la société sénégalaise.