Politique
Maurice : L’ex-Premier ministre Pravind Jugnauth libéré sous caution
Un tribunal a libéré dimanche sous caution l’ancien Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth, au pouvoir de 2017 à 2024, arrêté la veille dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent.
Les policiers ont interpellé samedi l’ancien chef de gouvernement, âgé de 63 ans, et sa femme Kobita Jugnauth, avant de les interroger pendant plusieurs heures, ont indiqué à l’AFP des sources policières. Son épouse a été libérée et Pravind Jugnauth placé en état d’arrestation dimanche matin. Devant un tribunal à Port Louis, l’ancien chef de gouvernement a rejeté les accusations. Le juge l’a libéré moyennant une caution de 1.5 millions de roupies (32.000 dollars), d’après la décision lue par l’AFP.
Selon un rapport de police et des documents du tribunal consultés par l’AFP, les enquêteurs ont perquisitionné le domicile de deux autres suspects, qui dirigent une société de loisirs, et ont trouvé des documents portant les noms des Jugnauth, des montres de luxe et des valises d’argent liquide.
Membre d’une dynastie qui a dominé la politique mauricienne depuis l’indépendance obtenue du Royaume-Uni en 1968, M. Jugnauth avait reconnu en novembre sa défaite aux législatives face à l’Alliance du changement de centre-gauche menée par Navin Ramgoolam, chef du Parti travailliste âgé de 77 ans et ancien Premier ministre.
M. Jugnauth avait supervisé début octobre un accord « historique » entre Maurice et Londres sur la souveraineté de l’archipel des Chagos, vu comme un succès majeur pour le gouvernement mauricien après plus d’un demi-siècle de litige. Le texte prévoit toutefois que « pendant une période initiale de 99 ans », Londres sera « autorisé à exercer des droits souverains » sur la base militaire américaine qui s’y trouve, sur l’île de Diego Garcia.
Arrivé au pouvoir en novembre, M. Ramgoolam a remis en cause l’accord, qui n’avait pas encore été ratifié, et rouvert les discussions pour obtenir de meilleures conditions. Le nouveau Premier ministre a dit début février être parvenu à un nouvel accord « prêt à être signé » avec le Royaume-Uni sur le contrôle des îles Chagos, mais attendre l’avis de l’administration Trump sur ce texte remanié.
L’île, majoritairement hindoue, a connu une stabilité et une croissance remarquables depuis son indépendance, bâtissant son économie sur le tourisme, les services financiers et le textile. Les analystes estiment toutefois que l’île doit diversifier son économie et s’inquiètent de la mauvaise gouvernance et de la corruption en hausse.
Politique
Afrique : La Cédéao relance sa « Force en attente » pour lutter contre le terrorisme et l’insécurité
Confrontée au terrorisme et à d’autres menaces transnationales, l’Afrique de l’Ouest doit pouvoir compter sur une Force d’attente de la Cédéao (ESF), composée de 2.000 soldats dans un premier temps capables de répondre rapidement aux crises. Réunis en Sierra Leone, les chefs d’état-major des pays membres de l’organisation ouest-africaine veulent surmonter les difficultés à la mettre en oeuvre.
La 44e réunion des chefs d’État-majors de la Cédéao s’est achevée ce vendredi 27 février à Freetown la capitale du Sierra Leone. Au programme de cette rencontre des chefs militaires des 12 États membres de l’organisation, la situation sécuritaire face « aux menaces émergentes et complexes« . Pour y répondre, la Cédéao va constituer une Force en attente (ESF) pour les opérations de paix et de sécurité régionale, dont l’ambition est d’apporter une réponse coordonnée aux crises.
Des interventions disparates
Avec la menace terroriste qui s’étend de l’intérieur vers les pays côtiers, la criminalité transnationale, l’insécurité maritime, la sous-région est confrontée à de nombreuses menaces transnationales et transfrontalières qui exploitent les faiblesses des États et des sociétés de la région.
Le processus d’élaboration de cette Force en attente remonte à 2004. Elle succède à l’ECOMOG (Groupe de supervision du cessez-le-feu de la CEDEAO) intervenu dans les années 1990 au Liberia, en Sierra Leone, en Guinée-Bissau ou encore en Côte d’Ivoire au début des années 2000.
Des interventions disparates
Avec la menace terroriste qui s’étend de l’intérieur vers les pays côtiers, la criminalité transnationale, l’insécurité maritime, la sous-région est confrontée à de nombreuses menaces transnationales et transfrontalières qui exploitent les faiblesses des États et des sociétés de la région.
Le processus d’élaboration de cette Force en attente remonte à 2004. Elle succède à l’ECOMOG (Groupe de supervision du cessez-le-feu de la CEDEAO) intervenu dans les années 1990 au Liberia, en Sierra Leone, en Guinée-Bissau ou encore en Côte d’Ivoire au début des années 2000.
En mars 2025, la Force d’attente avait été activée pour combattre le terrorisme en Afrique subsaharienne lors de la précédente réunion des chefs d’état-majors ouest-africains, avec un objectif de 5.000 hommes et de deux bases opérationnelles.
Aujourd’hui, la Force en attente de la Cédéao revoit ses capacités à la baisse. Selon le correspondant TV5MONDE au Sahel Serge Daniel, elle sera composée initialement de 2.000 hommes qui seront stationnés dans leur pays. Elle aura un dispositif logistique commun à Freetown en Sierra Leone et son financement devra être local. Lors de la réunion, il a été suggéré de ne pas attendre de financement extérieur et de lancer cette force d’ici la fin de l’année. Pour les participants, il y a urgence de rendre opérationnelle cette force antiterroriste.
Chaque pays doit annoncer le nombre d’hommes qu’il apporte. Géant économique et démographique du continent, le Nigeria est le pays qui dispose de plus de capacités pour contribuer à la Force d’attente. La Cédéao se doit aussi de travailler en collaboration avec l’Alliance des États du Sahel (AES), dont les trois co-fondateurs Mali, Burkina Faso et Niger avaient formellement quitté l’organisation ouest-africaine fin 2024 en l’accusant notamment de ne pas les avoir protégés contre le terrorisme.
Politique
Afrique du Sud : Vers un déploiement de l’armée dans les foyers de criminalité
L’Afrique du Sud s’apprête à déployer des unités de l’armée aux côtés de la police dans un délai de dix jours afin de lutter contre une criminalité galopante alimentée par les gangs de drogue et les mineurs illégaux.
L’annonce a été faite mardi 17 février par le ministre par intérim de la Police, Firoz Cachalia, devant le Parlement.
Les chefs de l’armée et de la police ont finalisé « le plan de déploiement qui débutera dans les dix prochains jours », a précisé le ministre. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures musclées prises par le gouvernement pour contenir la violence dans un pays qui affiche l’un des taux d’homicide les plus élevés au monde, avec environ 60 meurtres par jour.
Le président Cyril Ramaphosa avait annoncé la semaine dernière, lors d’une allocution nationale, l’envoi de troupes dans la province du Cap-Occidental — où se trouve la ville touristique du Cap — ainsi que dans le Gauteng, qui abrite le centre financier de Johannesburg. « Le crime organisé constitue désormais la menace la plus immédiate pour notre démocratie, notre société et notre développement économique », avait-il déclaré.
Certaines zones du Cap sont le théâtre d’affrontements meurtriers entre gangs rivaux qui se disputent le contrôle du trafic de drogue, tandis que des mineurs illégaux opèrent dans les anciens bassins aurifères du Gauteng. Firoz Cachalia a indiqué que l’opération militaire serait également étendue au Cap-Oriental, autre province confrontée à des gangs solidement implantés et à une criminalité liée aux stupéfiants.
La mesure suscite toutefois des critiques. Des experts de la sécurité et des partis d’opposition estiment que les militaires ne sont pas formés aux missions de maintien de l’ordre. D’autres s’interrogent sur le coût du dispositif et y voient l’aveu d’un échec de la police à endiguer la violence.
« Envoyer l’armée à court terme ne réduira pas les 64 meurtres qui ont lieu chaque jour dans ce pays », a lancé Mmusi Maimane, chef du parti libéral Build One South Africa, lors de la séance parlementaire à laquelle assistait le président Ramaphosa.
Politique
Gabon : Suspension des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre »
Les autorités gabonaises ont décidé de suspendre tous les réseaux sociaux “jusqu’à nouvel avis”. Depuis un mois, le président Oligui Nguema fait face à sa première vague de contestations sociales qui gagne en intensité.
La Haute Autorité de la Communication (HAC) au Gabon a annoncé mardi la suspension immédiate et « jusqu’à nouvel ordre » des réseaux sociaux sur le territoire gabonais, évoquant un risque de « dérives conflictogènes ».
Dans un communiqué lu mardi soir sur la chaîne de TV publique Gabon 1ère, le porte-parole de la HAC Jean-Claude Mendome a annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre », sans désigner les plateformes concernées, expliquant que des contenus risquaient d’engendrer des conflits sociaux ou de déstabiliser les institutions.
La contestation monte
Le président gabonais a été confronté en janvier et février à sa première vague de contestation sociale avec une grève des enseignants qui dure par endroits depuis plus d’un mois.
« La Haute Autorité de Communication (HAC) constate la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais, de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes moeurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale », a énuméré le porte parole de l’institution.
La HAC s’inquiète aussi de « la propagation de fausses informations », de « cyberharcèlement », ou encore de « la divulgation non autorisée de données personnelles ».
Dans son communiqué, la HAC a également « déploré », « l’indifférence » des plateformes et « l’absence d’une véritable volonté de modération des contenus illicites ».
« Ces agissements sont susceptibles dans le cas du Gabon d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques », a affirmé le porte-parole.
La suspension n’était cependant pas effective dans la nuit de mardi à mercredi, d’après des témoignages sur place.