Société
Sénégal : Controverse après la publication de la liste des médias conformes au Code de la presse
Au Sénégal, le ministère de la Communication suscite la colère et la stupéfaction de la presse nationale, après la publication de la liste des médias conformes au Code de la presse. Une procédure considérée comme une violation de la loi par les organisations syndicales de la presse.
Les protestations des professionnels des médias et des organisations syndicales de la presse du Sénégal n’y auront rien changé. Le ministère de la Communication est passé à l’acte en rendant publique, la semaine dernière, la liste des médias qui remplissent les conditions exigées par le Code de la presse et ceux qui n’en remplissent pas les critères.
« L’État ne cherche pas, c’est de permettre une régulation afin que l’information soit vraie, soit vérifiée. Alors, si déjà, vous avez un écosystème des médias où vous avez plus de non-journalistes qui diffusent l’information que de journalistes, il y a un problème », constate Habibou Dia, directeur de la Communication.
Colère et incompréhension
Après des mois de travaux, il ressort des conclusions que, sur les 638 médias déclarés, seuls 258 répondent aux exigences du Code de la presse et peuvent donc poursuivre leurs activités. En revanche, 380 sont jugés non conformes par le ministère de la Communication et devront stopper leurs activités, le temps de se mettre en règle, au risque d’être sanctionnés. Parmi ces médias exclus figure Dakar Actu, un des plus suivis du pays, dont les employés restent partagés entre surprise et incompréhension.
« C’est une situation qui préoccupe tous les travailleurs, une décision qui nous prend tous au dépourvu parce qu’aujourd’hui, toutes les modalités ont été respectées. À signaler également que cette situation met pratiquement tous les employés mal à l’aise. Actuellement, c’est vrai que c’est très, très, très compliqué », regrette Cheikh Sadbouh Fall, rédacteur en chef du groupe qui ne perd pas pour autant espoir de voir les autorités revenir sur leur décision.
Cette situation compliquée est, depuis plusieurs mois, à l’origine de tension entre les professionnels de la presse et leur tutelle. Les organisations syndicales fustigent, non seulement l’attitude des patrons de la presse pour avoir participé à l’élaboration de la liste, elles également la démarche et conteste ma légalité même de la procédure.
« Les textes sont clairs, nous avons une Constitution qui consacre la liberté de création et qui organise l’existence de ces médias-là et les contraint au respect de la loi. Quelles que soient les intentions des autorités publiques et ou politiques, il faut qu’on respecte la loi. Ce n’est pas une prérogative de l’État du Sénégal à travers son ministère de reconnaître ou de ne pas reconnaître un média », assène Ahmadou Bamba Kassé, secrétaire général du Synpics, le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication.
Le ministère persiste et signe
Mais, le ministère de la Communication réfute les accusations de violation de la loi. Le directeur de la Communication déclare avoir respecté les textes, soulignant même le rôle des acteurs de la presse dans l’élaboration de la liste. Habibou Dia. Pour lui, ce coup de balai, « souhaité par les acteurs des médias », est plus que nécessaire pour plusieurs raisons.
« Il était essentiel pour avoir une démarche claire. D’abord, identifier les entreprises de presse conformes aux dispositions du Code sur la base des trois régimes : autorisation pour les médias audiovisuels, enregistrement pour la presse écrite et déclaration pour la presse en ligne. On n’a pas sorti cette liste de notre chapeau magique. Ce sont les applications de la loi sur la base de ceux qui sont venus se déclarer et s’inscrire », poursuit M. Dia.
Des explications loin de convaincre les acteurs des médias. Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal attend toujours la décision de la Cour suprême sur son recours pour demander l’annulation de la procédure. Mais le ministère de la Communication se montre, pour l’instant, imperturbable et se dit déterminé à imposer sa vision des choses.
Société
Côte d’Ivoire : Le prix bord champ du kilogramme de la noix de cajou fixé à 400 FCFA
Le prix plancher bord champ du kilogramme de la noix de cajou est fixé à 400 FCFA pour la campagne 2026. L’annonce a été faite ce vendredi 6 février 2026, à Yamoussoukro par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, à l’occasion des Journées nationales du Producteur de l’anacarde, du coton et du karité.
Ce prix de 400 FCFA/Kg, légèrement en baisse comparé à la campagne précédente s’explique par un repli constaté sur le marché international, accentué par des mesures tarifaires restrictives imposées par les États-Unis. À cela s’ajoute la baisse du dollar, passé de 620 FCFA en 2025 à 565 FCFA aujourd’hui, limitant mécaniquement les marges de manœuvres financières.
Selon le ministre Bruno Nabagné Koné, « La fixation d’un prix prudent mais protecteur s’impose afin de préserver l’écoulement de toute la production nationale tout en sécurisant les revenus des producteurs ».
Il a rappelé l’engagement du Gouvernement, sur instructions du Président de la République, à intervenir financièrement pour soutenir le pouvoir d’achat des producteurs.
Le ministre n’a pas exclu la possibilité d’une révision à la hausse du prix, comme cela fut le cas lors de précédentes campagnes, si la situation au niveau international s’améliorait. En fixant le prix de 400 FCFA/Kg, le Gouvernement entend maintenir la position de leader mondial de la Côte d’Ivoire, tout en garantissant une rémunération attractive à ses braves paysans.
Société
RD Congo : Au moins 200 morts dans l’effondrement d’une mine de coltan
Une série de glissements de terrain a frappé une mine contrôlée par des milices en République démocratique du Congo. L’effondrement a enseveli des personnes vivantes et fait plusieurs morts.
Selon des témoins une partie d’un versant dans la zone minière de Rubaya s’était effondrée mercredi après-midi. Un deuxième glissement de terrain s’est produit jeudi matin.
« Il a plu, puis il y a eu un glissement de terrain qui a emporté des gens. [ …]Certains ont été engloutis, d’autres sont morts dans les puits. Beaucoup sont encore coincés à l’intérieur. » , a révélé Franck Bolingo, mineur.
Vendredi, des dizaines de chiffonniers continuaient à creuser à la pelle sur le vaste site.
Depuis sa résurgence en 2021, le groupe M23 s’est emparé de vastes étendues de l’est de la RDC, riche en ressources, et a pris le contrôle de la mine de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, en avril 2024, avec l’aide du Rwanda.
La mine de Rubaya produit entre 15 et 30 % de l’approvisionnement mondial en coltan, un minerai essentiel à la fabrication d’appareils électroniques tels que les ordinateurs portables et les téléphones mobiles.
Selon les experts des Nations Unies, le M23 a mis en place une administration parallèle à l’État congolais afin de réglementer l’exploitation de la mine de Rubaya depuis sa prise de contrôle.
Les experts estiment que le M23 tire environ 800 000 dollars par mois de la mine grâce à une taxe de sept dollars par kilo sur la production et la vente de coltan.
Les experts de l’ONU accusent également le Rwanda, qui nie fournir un soutien militaire au M23, d’utiliser la milice pour détourner les richesses minérales de la RDC.
Outre le fait qu’elle contient entre 60 et 80 % du coltan mondial, la partie orientale de la RDC abrite également de vastes réserves d’or et d’étain.
Plusieurs sociétés minières internationales ont temporairement suspendu leurs activités dans l’est du pays en raison de l’avancée du M23.
Source : https://fr.africanews.com/2026/01/31/rdc-un-glissement-de-terrain-meurtrier-frappe-un-site-minier/
Société
Afrique : plus de 100 morts dans des inondations dévastatrices au Mozambique
L’Afrique du Sud a décrété officiellement ce dimanche l’état de catastrophe nationale face aux inondations meurtrières et destructrices qui frappent depuis décembre le pays. Le Zimbabwe et surtout le Mozambique déplorent également des victimes. Selon le dernier bilan dressé par Maputo, rien qu’au Mozambique plus de 100 personnes sont mortes dans diverses circonstances du fait des intempéries.
Des pluies sont encore attendues, des centres d’hébergements d’urgence sont bondés selon Guy Taylor de l’Unicef Mozambique. Et tout le monde n’a pas encore pu être mis à l’abri. « Beaucoup de gens sont encore complètement isolés et attendent des secours. Beaucoup sont coupés des services essentiels dont ils dépendent. Or, les enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ont besoin d’aliments thérapeutiques immédiatement. »
Des soins d’autant plus nécessaires que les inondations accentuent le risque sanitaire : « Le Mozambique connaissait déjà des cas de choléra dans de nombreuses régions, et il est donc très probable que cette inondation accélère sa propagation et celle d’autres maladies, rappelle Guy Taylor. Il est essentiel que nous intervenions dès maintenant pour aider les gens à avoir accès à de l’eau potable. Il faut un accès à des services de santé pour que les enfants puissent être traités et recevoir des vaccinations cruciales ».
Des milliers d’hectares de champs inondés
Pour ne rien arranger, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) cité par Associated Press, 70 000 hectares de champs ont été inondés. « La majorité des gens au Mozambique dépendent d’une agriculture de subsistance. Il est probable que des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes verront leur sécurité alimentaire gravement menacée par ces inondations. »
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