Économie

Niger : Résiliation des conventions d’établissement de trois sociétés d’affinage d’or

Publié

le

Un coup de balai dans le secteur extractif nigérien. Réuni en Conseil des ministres le 3 mars 2026, le gouvernement a annoncé la résiliation des conventions d’établissement de trois sociétés d’affinage d’or — la Compagnie des mines du Niger (Comini Sarl), Afrior SA et Ecomine SA — et le rejet de la demande de prolongation des permis pétroliers de la britannique Savannah Energy. Des décisions présentées comme des actes de souveraineté, dans un pays dont les richesses naturelles sont au cœur d’un bras de fer permanent entre l’État et les opérateurs étrangers.

Des engagements non honorés depuis 2023

Les trois sociétés visées opéraient dans l’installation et l’exploitation d’unités d’affinage d’or à Niamey, en vertu de conventions signées entre 2017 et 2020. Leurs obligations étaient pourtant clairement définies : payer l’intégralité de leurs taxes et impôts, fournir chaque année un rapport technique et financier au ministère des Mines, respecter les normes environnementales en vigueur et privilégier l’emploi de travailleurs nigériens.

Mais depuis 2023, renseigne le gouvernement, ces engagements « n’ont pas été honorés par ces sociétés ». Face à ces manquements répétés, des mises en demeure avaient été adressées aux trois entreprises en février puis en juillet 2025. Le résultat a été jugé très insuffisant : si Ecomine SA a fourni une réponse partielle, elle n’a pas convaincu les autorités. Quant à Comini Sarl et Afrior SA, elles n’ont pas donné suite, s’exposant en outre au retrait de leurs titres miniers pour non-respect de la réglementation. Les décrets de résiliation ont été officiellement pris en application des dispositions du Code minier nigérien.

Savannah Energy : quatre blocs pétroliers perdus

Simultanément, le ministre du Pétrole a rejeté la demande de prorogation des autorisations exclusives de recherche dites R1, R2, R3 et R4 déposée par Savannah Energy Niger, filiale locale du groupe britannique Savannah Energy. Ces quatre blocs sont situés dans le bassin d’Agadem, en région de Diffa — principale zone pétrolière du Niger —, et représentent à eux seuls environ 13 655 km², soit près de la moitié du bassin.

Le motif invoqué est sans ambiguïté : la société « n’a pas satisfait ses obligations contractuelles et réglementaires liées au Programme de Travail Minimum, telles que prévues dans le Contrat de Partage de Production, et ce sous plusieurs aspects ». La décision est d’autant plus significative que Savannah Energy affirmait récemment avoir réalisé une « importante découverte » d’hydrocarbures sur l’un de ses puits dans la zone.

Une politique de souveraineté assumée

Ces sanctions s’inscrivent dans une ligne politique clairement assumée depuis le coup d’État de juillet 2023, qui a porté le général Abdourahamane Tchiani au pouvoir. La nouvelle administration a depuis multiplié les mesures destinées à reprendre le contrôle des ressources du sous-sol : en juin 2025, elle a procédé à la nationalisation de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), filiale du groupe nucléaire français Orano, privant ainsi Paris d’un accès stratégique à l’uranium nigérien. En août de la même année, c’est la mine d’or de Samira, dans l’ouest du pays, qui a été nationalisée.

Le Niger, producteur de pétrole depuis 2011, a par ailleurs mis en service en 2024 un oléoduc reliant les champs d’Agadem au port béninois de Sèmè-Kpodji, bien que cette infrastructure soit régulièrement visée par des attaques de groupes armés. Dans ce contexte de tensions régionales et de repositionnement géopolitique, Niamey entend désormais imposer ses conditions à tous les opérateurs du secteur extractif, sans exception ni ménagement.

En rappel, le Niger est membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Mali et le Burkina Faso, suite à leur départ de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Source : https://www.financialafrik.com/2026/03/06/le-niger-resilie-les-conventions-de-trois-societes-auriferes-et-rejette-les-permis-petroliers-de-savannah-energy/

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dernières actualités

Quitter la version mobile