Politique
RD Congo : Le début du Conclave du Grand-Kivu pour la paix fixé au lundi 9 mars
Les ressortissants des provinces du Maniema, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu prennent désormais eux-mêmes le devant dans la recherche de la paix dans leur espace géographique.
Lors d’un échange avec les médias, mercredi 4 mars à Kinshasa, ils ont annoncé la tenue du Conclave du Grand-Kivu.
Cette rencontre, prévue du 9 au 11 mars, réunira les acteurs socio‑politiques pour peaufiner des stratégies susceptibles de baliser la voie vers une paix durable dans cette partie de la RDC, toujours en proie au bruit des bottes.
Placé sous le thème : « Unité, paix et développement durable pour le Grand-Kivu », ce conclave se veut un cadre stratégique d’échanges, de concertation et de formulation de recommandations concrètes afin de renforcer la stabilité, la cohésion sociale et le développement socio‑économique du Maniema, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Durant trois jours, les participants travailleront sur plusieurs thématiques, notamment la paix, la sécurité, la gouvernance, le développement économique, ainsi que l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.
L’un des initiateurs de cette démarche, l’Abbé Jean‑Bosco Bahala, a indiqué qu’un accent particulier sera mis sur l’appropriation des Accords de Washington, qu’il considère comme un levier majeur dans la dynamique de stabilisation et de consolidation de la paix.
Suivez un extrait de son allocution :
Le président provisoire de ce conclave, Léon Watangabo, estime que le moment est venu de mettre fin à la crise qui ronge la partie Est du pays, où des milliers d’habitants ont abandonné leurs villages à cause de la guerre.
Il appelle les Congolais ayant pris les armes à « se rétracter et à demander pardon, afin d’affaiblir l’agression rwandaise en cette période où la balance internationale penche en faveur de la RDC ».
A travers ces trois jours de travaux, les organisateurs entendent transformer les engagements diplomatiques en actions tangibles, au bénéfice des communautés du Grand-Kivu.
Politique
Gabon : L’opposant Alain-Claude Bilie-by-Nze saisit la justice contre la suspension des réseaux sociaux
L’opposant gabonais Alain-Claude Bilie-by-Nze a annoncé cette semaine avoir saisi la justice pour dénoncer la suspension des réseaux sociaux depuis plus de deux semaines dans le pays, qu’il considère comme « une punition collective ».
La Haute autorité de la communication (HAC) avait annoncé mardi 17 février la suspension des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre », invoquant notamment la diffusion de « contenus (…) portant atteinte (…) à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale ». « C’est inédit par la durée et par le caractère massif qui est en fait une punition collective », a déclaré ce mercredi 4 mars à l’AFP l’ancien Premier ministre.
Facebook et TikTok, les réseaux sociaux les plus utilisés au Gabon, ainsi que Youtube et Instagram étaient toujours coupés mercredi, ont constaté des journalistes de l’AFP, tandis que WhatsApp fonctionnait par intermittence et différemment selon les opérateurs. « C’est la première fois, dans notre pays, que l’on coupe la totalité des réseaux sociaux sans justification valable, pour une durée indéterminée », s’est insurgé M. Bilie-by-Nze, estimant que « rien n’autorise ni le gouvernement ni la HAC à prendre une telle mesure ». « C’est une atteinte grave à l’État de droit », avait également commenté l’opposant mardi dans un communiqué de presse annonçant la saisine du Tribunal de première instance de Libreville, la capitale, pour une requête en référé.
De nombreux Gabonais continuent néanmoins d’aller sur les réseaux sociaux grâce aux VPN
« Une démocratie moderne ne peut se gouverner par des mesures générales et disproportionnées qui pénalisent indistinctement toute une population et l’économie nationale », martèle M. Bilie-by-Nze.
De nombreux Gabonais continuent néanmoins d’aller sur les réseaux sociaux grâce aux VPN, un outil numérique permettant de contourner ce type de restrictions. Le fournisseur Proton a notamment fait état d’une forte hausse des téléchargements de son outil VPN le 18 février au Gabon, au premier jour de coupure effective. « Ce n’est pas définitif, c’est une suspension le temps de faire primer cet intérêt supérieur que nous avons à mieux réguler, pour l’intérêt de tous », a déclaré le 25 février le porte-parole de la présidence gabonaise, Théophane Zamé-Nze Biyoghe, dans une interview au média Brut, qui diffuse essentiellement sur les réseaux sociaux.
Politique
Sénégal : Vers une vaste réforme de rationalisation du secteur parapublic
Le Conseil des ministres du mercredi 4 mars 2026 a été marqué par une communication centrée sur la rationalisation du secteur parapublic. Le gouvernement ambitionne de supprimer et de réorganiser plusieurs entités publiques afin de moderniser l’administration, réduire les dépenses et renforcer la gouvernance.
Réuni sous la présidence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, le Conseil des ministres a examiné le plan de rationalisation présenté par le Premier ministre. Cette réforme s’inscrit dans une logique de modernisation de l’action publique, de réduction du train de vie de l’État et d’optimisation des finances publiques.
Selon le communiqué officiel transmis à APA, un groupe de travail a procédé à l’analyse exhaustive des structures du secteur parapublic. À l’issue de ses travaux, il est proposé la suppression de dix-neuf entités cumulant 28,051 milliards FCFA de dotations budgétaires en 2025, une masse salariale annuelle estimée à 9,227 milliards FCFA pour 982 agents, ainsi qu’une dette globale de 2,6 milliards FCFA arrêtée au 31 décembre 2024.
Le plan prévoit également le repositionnement de dix autres entités, à travers la redéfinition de leurs missions, l’actualisation de leur cadre juridique et l’amélioration de leurs modèles d’intervention. L’objectif est d’éliminer les chevauchements de compétences, de renforcer les synergies et d’assurer une meilleure cohérence de l’action publique.
D’après les projections gouvernementales, l’opération devrait permettre une économie budgétaire nette cumulée estimée à au moins 55 milliards FCFA sur les trois prochaines années.
Le Premier ministre a souligné que cette rationalisation devra s’accompagner d’une amélioration substantielle de la gouvernance du secteur parapublic. Il a insisté sur la maîtrise des effectifs et des salaires, l’harmonisation des grilles de rémunération, l’optimisation de l’utilisation des crédits budgétaires, le respect des normes de création des structures et le renforcement des mécanismes de contrôle et d’évaluation.
Un comité interministériel sera prochainement mis en place pour piloter la mise en œuvre de la réforme. Le ministre des Finances et du Budget a été instruit de veiller au strict respect des attributions des organes de contrôle et de leur assurer les ressources nécessaires à leur fonctionnement optimal.
À travers cette réforme, le gouvernement entend recentrer l’État sur ses missions stratégiques, améliorer l’efficacité de la dépense publique et renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques.
Source : https://fr.apanews.net/news/senegal-vers-une-vaste-reforme-de-rationalisation-du-secteur-parapublic/
Politique
Afrique : La Cédéao relance sa « Force en attente » pour lutter contre le terrorisme et l’insécurité
Confrontée au terrorisme et à d’autres menaces transnationales, l’Afrique de l’Ouest doit pouvoir compter sur une Force d’attente de la Cédéao (ESF), composée de 2.000 soldats dans un premier temps capables de répondre rapidement aux crises. Réunis en Sierra Leone, les chefs d’état-major des pays membres de l’organisation ouest-africaine veulent surmonter les difficultés à la mettre en oeuvre.
La 44e réunion des chefs d’État-majors de la Cédéao s’est achevée ce vendredi 27 février à Freetown la capitale du Sierra Leone. Au programme de cette rencontre des chefs militaires des 12 États membres de l’organisation, la situation sécuritaire face « aux menaces émergentes et complexes« . Pour y répondre, la Cédéao va constituer une Force en attente (ESF) pour les opérations de paix et de sécurité régionale, dont l’ambition est d’apporter une réponse coordonnée aux crises.
Des interventions disparates
Avec la menace terroriste qui s’étend de l’intérieur vers les pays côtiers, la criminalité transnationale, l’insécurité maritime, la sous-région est confrontée à de nombreuses menaces transnationales et transfrontalières qui exploitent les faiblesses des États et des sociétés de la région.
Le processus d’élaboration de cette Force en attente remonte à 2004. Elle succède à l’ECOMOG (Groupe de supervision du cessez-le-feu de la CEDEAO) intervenu dans les années 1990 au Liberia, en Sierra Leone, en Guinée-Bissau ou encore en Côte d’Ivoire au début des années 2000.
Des interventions disparates
Avec la menace terroriste qui s’étend de l’intérieur vers les pays côtiers, la criminalité transnationale, l’insécurité maritime, la sous-région est confrontée à de nombreuses menaces transnationales et transfrontalières qui exploitent les faiblesses des États et des sociétés de la région.
Le processus d’élaboration de cette Force en attente remonte à 2004. Elle succède à l’ECOMOG (Groupe de supervision du cessez-le-feu de la CEDEAO) intervenu dans les années 1990 au Liberia, en Sierra Leone, en Guinée-Bissau ou encore en Côte d’Ivoire au début des années 2000.
En mars 2025, la Force d’attente avait été activée pour combattre le terrorisme en Afrique subsaharienne lors de la précédente réunion des chefs d’état-majors ouest-africains, avec un objectif de 5.000 hommes et de deux bases opérationnelles.
Aujourd’hui, la Force en attente de la Cédéao revoit ses capacités à la baisse. Selon le correspondant TV5MONDE au Sahel Serge Daniel, elle sera composée initialement de 2.000 hommes qui seront stationnés dans leur pays. Elle aura un dispositif logistique commun à Freetown en Sierra Leone et son financement devra être local. Lors de la réunion, il a été suggéré de ne pas attendre de financement extérieur et de lancer cette force d’ici la fin de l’année. Pour les participants, il y a urgence de rendre opérationnelle cette force antiterroriste.
Chaque pays doit annoncer le nombre d’hommes qu’il apporte. Géant économique et démographique du continent, le Nigeria est le pays qui dispose de plus de capacités pour contribuer à la Force d’attente. La Cédéao se doit aussi de travailler en collaboration avec l’Alliance des États du Sahel (AES), dont les trois co-fondateurs Mali, Burkina Faso et Niger avaient formellement quitté l’organisation ouest-africaine fin 2024 en l’accusant notamment de ne pas les avoir protégés contre le terrorisme.