Société
Zimbabwe : Des fermiers spoliés rejettent l’accord de compensation
Un groupe représentant un grand nombre de fermiers blancs dont les terres ont été saisies lors des réformes agraires au Zimbabwe il y a plus de 20 ans a rejeté un accord de compensation et a déclaré vouloir rouvrir les négociations avec le gouvernement.
Le groupe a critiqué les compensations que certains agriculteurs ont acceptées, les qualifiant de « symboliques ». Mercredi, rien ne laissait présager la réouverture des négociations par le gouvernement de ce pays d’Afrique australe. Il a déclaré que l’accord d’indemnisation représentait la fin du conflit.
Environ 4 000 fermiers blancs ont perdu leur maison et des pans entiers de terre lorsque Robert Mugabe, alors président de ce pays à majorité noire, a lancé le programme de redistribution en 2000. Mugabe avait souligné la nécessité de remédier aux inégalités foncières de l’ère coloniale après que le pays d’Afrique australe a obtenu son indépendance de la minorité blanche en 1980.
Le ministre des Finances du Zimbabwe, Mthuli Ncube, a annoncé la semaine dernière que le gouvernement avait commencé à verser des indemnités aux fermiers blancs qui avaient perdu leurs terres et leurs biens au cours des réformes. Il a déclaré que le gouvernement avait approuvé le versement de 3,1 millions de dollars, ce qui équivaut à 1 % de la demande totale d’indemnisation, qui s’élève à 311 millions de dollars.
Selon l’accord conclu, les fermiers recevront 1 % de leur demande en espèces, le reste étant réglé par l’émission d’obligations du Trésor sur une période de 10 ans.
Un premier groupe de 378 agriculteurs a déjà été indemnisé sur les 740 exploitations dont l’indemnisation a été approuvée, ce qu’a confirmé Andrew Pascoe, qui représente les agriculteurs bénéficiaires. Il a déclaré qu’ils étaient « extrêmement reconnaissants ».
Le groupe dissident, qui représente près de la moitié des 4 000 agriculteurs commerciaux, a affirmé que ceux qui acceptaient les paiements le faisaient en désespoir de cause.
« Le nombre limité d’agriculteurs qui ont accepté l’accord révisé du gouvernement l’ont généralement fait parce qu’ils sont sans ressources et ont besoin de fonds urgents pour se nourrir, se loger et se soigner », a déclaré le représentant Deon Theron.
Il a qualifié l’indemnisation du gouvernement de « fraction minuscule » des 3,5 milliards de dollars à verser en espèces sur cinq ans, conformément à l’accord conclu entre les fermiers blancs et le président Emmerson Mnangagwa en 2020.
L’accord de compensation fait partie des conditions d’une résolution de la dette et d’une stratégie de réengagement international du Zimbabwe après des années de sanctions et d’isolement par les États-Unis et d’autres pays occidentaux en raison de violations présumées des droits de l’homme à l’encontre de ceux qui sont perçus comme des critiques du gouvernement.
Quelques milliers d’agriculteurs possédaient la plupart des terres agricoles de premier choix du Zimbabwe avant la réforme agraire, qui a permis à quelque 300 000 familles noires de se réinstaller sur les terres acquises, selon les chiffres du gouvernement.
Selon M. Theron, la plupart des fermiers blancs ont aujourd’hui entre 70 et 80 ans et il est peu probable qu’ils bénéficient de l’émission de bons du Trésor. « Ils vont dans leurs tombes sans recevoir la moindre compensation. Ils ont besoin d’argent et cela doit leur être versé alors qu’ils sont encore en vie », a-t-il déclaré.
Il a toutefois ajouté que son groupe n’engagerait pas d’action en justice. Il a ajouté que les efforts déployés par son groupe pour rencontrer des représentants du gouvernement ont été vains.
La propriété foncière est un sujet sensible au Zimbabwe et dans les pays voisins, tels que la Namibie et l’Afrique du Sud, en raison des conquêtes coloniales qui ont dépossédé les populations noires locales.
En Afrique du Sud, une nouvelle loi sur l’expropriation des terres a suscité les critiques du président américain Donald Trump, qui la considère comme une violation des droits d’une minorité blanche qui possédait d’immenses étendues de terres. L’Afrique du Sud a rejeté les affirmations de M. Trump.
Société
Côte d’Ivoire : Le prix bord champ du kilogramme de la noix de cajou fixé à 400 FCFA
Le prix plancher bord champ du kilogramme de la noix de cajou est fixé à 400 FCFA pour la campagne 2026. L’annonce a été faite ce vendredi 6 février 2026, à Yamoussoukro par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, à l’occasion des Journées nationales du Producteur de l’anacarde, du coton et du karité.
Ce prix de 400 FCFA/Kg, légèrement en baisse comparé à la campagne précédente s’explique par un repli constaté sur le marché international, accentué par des mesures tarifaires restrictives imposées par les États-Unis. À cela s’ajoute la baisse du dollar, passé de 620 FCFA en 2025 à 565 FCFA aujourd’hui, limitant mécaniquement les marges de manœuvres financières.
Selon le ministre Bruno Nabagné Koné, « La fixation d’un prix prudent mais protecteur s’impose afin de préserver l’écoulement de toute la production nationale tout en sécurisant les revenus des producteurs ».
Il a rappelé l’engagement du Gouvernement, sur instructions du Président de la République, à intervenir financièrement pour soutenir le pouvoir d’achat des producteurs.
Le ministre n’a pas exclu la possibilité d’une révision à la hausse du prix, comme cela fut le cas lors de précédentes campagnes, si la situation au niveau international s’améliorait. En fixant le prix de 400 FCFA/Kg, le Gouvernement entend maintenir la position de leader mondial de la Côte d’Ivoire, tout en garantissant une rémunération attractive à ses braves paysans.
Société
RD Congo : Au moins 200 morts dans l’effondrement d’une mine de coltan
Une série de glissements de terrain a frappé une mine contrôlée par des milices en République démocratique du Congo. L’effondrement a enseveli des personnes vivantes et fait plusieurs morts.
Selon des témoins une partie d’un versant dans la zone minière de Rubaya s’était effondrée mercredi après-midi. Un deuxième glissement de terrain s’est produit jeudi matin.
« Il a plu, puis il y a eu un glissement de terrain qui a emporté des gens. [ …]Certains ont été engloutis, d’autres sont morts dans les puits. Beaucoup sont encore coincés à l’intérieur. » , a révélé Franck Bolingo, mineur.
Vendredi, des dizaines de chiffonniers continuaient à creuser à la pelle sur le vaste site.
Depuis sa résurgence en 2021, le groupe M23 s’est emparé de vastes étendues de l’est de la RDC, riche en ressources, et a pris le contrôle de la mine de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, en avril 2024, avec l’aide du Rwanda.
La mine de Rubaya produit entre 15 et 30 % de l’approvisionnement mondial en coltan, un minerai essentiel à la fabrication d’appareils électroniques tels que les ordinateurs portables et les téléphones mobiles.
Selon les experts des Nations Unies, le M23 a mis en place une administration parallèle à l’État congolais afin de réglementer l’exploitation de la mine de Rubaya depuis sa prise de contrôle.
Les experts estiment que le M23 tire environ 800 000 dollars par mois de la mine grâce à une taxe de sept dollars par kilo sur la production et la vente de coltan.
Les experts de l’ONU accusent également le Rwanda, qui nie fournir un soutien militaire au M23, d’utiliser la milice pour détourner les richesses minérales de la RDC.
Outre le fait qu’elle contient entre 60 et 80 % du coltan mondial, la partie orientale de la RDC abrite également de vastes réserves d’or et d’étain.
Plusieurs sociétés minières internationales ont temporairement suspendu leurs activités dans l’est du pays en raison de l’avancée du M23.
Source : https://fr.africanews.com/2026/01/31/rdc-un-glissement-de-terrain-meurtrier-frappe-un-site-minier/
Société
Afrique : plus de 100 morts dans des inondations dévastatrices au Mozambique
L’Afrique du Sud a décrété officiellement ce dimanche l’état de catastrophe nationale face aux inondations meurtrières et destructrices qui frappent depuis décembre le pays. Le Zimbabwe et surtout le Mozambique déplorent également des victimes. Selon le dernier bilan dressé par Maputo, rien qu’au Mozambique plus de 100 personnes sont mortes dans diverses circonstances du fait des intempéries.
Des pluies sont encore attendues, des centres d’hébergements d’urgence sont bondés selon Guy Taylor de l’Unicef Mozambique. Et tout le monde n’a pas encore pu être mis à l’abri. « Beaucoup de gens sont encore complètement isolés et attendent des secours. Beaucoup sont coupés des services essentiels dont ils dépendent. Or, les enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ont besoin d’aliments thérapeutiques immédiatement. »
Des soins d’autant plus nécessaires que les inondations accentuent le risque sanitaire : « Le Mozambique connaissait déjà des cas de choléra dans de nombreuses régions, et il est donc très probable que cette inondation accélère sa propagation et celle d’autres maladies, rappelle Guy Taylor. Il est essentiel que nous intervenions dès maintenant pour aider les gens à avoir accès à de l’eau potable. Il faut un accès à des services de santé pour que les enfants puissent être traités et recevoir des vaccinations cruciales ».
Des milliers d’hectares de champs inondés
Pour ne rien arranger, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) cité par Associated Press, 70 000 hectares de champs ont été inondés. « La majorité des gens au Mozambique dépendent d’une agriculture de subsistance. Il est probable que des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes verront leur sécurité alimentaire gravement menacée par ces inondations. »
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