Politique
Bénin : Le président Patrice Talon réaffirme qu’il ne sera « pas candidat »
Le président béninois Patrice Talon a déclaré, vendredi 14 avril 2025, qu’il ne briguerait pas un troisième mandat en 2026, assurant respecter la Constitution qu’il a lui-même « renforcée » pour limiter le mandat présidentiel à deux termes.
Dans une interview accordée au magazine Jeune Afrique, publiée ce vendredi, il a toutefois indiqué qu’il resterait « attentif » au choix de son successeur, afin de préserver les réformes engagées sous sa présidence.
Une transition sous surveillance
« Une énième fois, je vous le redis : non, je ne serai pas candidat », a affirmé Patrice Talon dans son entretien avec Jeune Afrique, ajoutant :« Cette question m’agace. J’ai moi-même renforcé la Constitution pour stipuler que nul ne pourra exercer plus de deux mandats dans sa vie ».
Arrivé au pouvoir en 2016 et réélu en 2021, Talon devra céder sa place en 2026. Mais la question de sa succession a été relancée en septembre 2024, après l’arrestation de son ami et allié Olivier Boko et de l’ex-ministre des Sports Oswald Homéky, accusés de tentative de coup d’État.
En janvier dernier, les deux hommes ont été condamnés à vingt ans de prison pour « complot contre l’autorité de l’État ».
« J’ai vécu l’épisode Olivier Boko comme un drame, comme une tragédie intime », confie le président béninois, précisant qu’il veillera à ce que son successeur ne cherche pas à « déconstruire les réformes accomplies en dix ans ».
« Le prochain président du Bénin sera mon président, celui de mon pays, de ma famille, de ma communauté et de tout ce qui m’est cher », ajoute-t-il, expliquant qu’il observera avec attention l’évolution du paysage politique béninois après son départ.
**Des tensions persistantes avec les voisins sahéliens
Outre les enjeux internes, Patrice Talon s’est exprimé sur les relations du Bénin avec ses voisins sahéliens, notamment le Niger et le Burkina Faso, qu’il qualifie de « dégradées ».
« Notre armée est confrontée à des groupes terroristes qui évoluent en toute liberté dans des sanctuaires désertés par les forces de défense et de sécurité » du Niger et du Burkina Faso, « ce qui leur permet de s’y regrouper et d’attaquer en masse », explique-t-il, regrettant l’absence de dialogue avec les gouvernements de ces deux pays : « Nous les relançons régulièrement (…) nous n’obtenons pas de réponse ».
Déplorant que le Niger et le Burkina Faso accusent le Bénin d’héberger des bases militaires étrangères dans le but de les déstabiliser, Patrice Talon rejette fermement ces accusations, déclarant : « Ce type d’implantations, même tenues secrètes, finissent toujours par être dévoilées et leur existence, documentée. Il n’y a évidemment rien de tel sur le sol béninois ».
Malgré ces tensions, un léger réchauffement diplomatique semble se dessiner entre le Bénin et le Niger, notamment après la nomination de nouveaux ambassadeurs.
Quelques semaines après la désignation d’Hugues Agonkan comme représentant du Bénin à Niamey, le nouvel ambassadeur nigérien à Cotonou, Kadade Chaïbou, a présenté ses lettres de créance au président béninois, jeudi.
Le Bénin organisera des élections municipales et législatives, ainsi qu’une élection présidentielle en 2026. Le dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle se fera en octobre 2025, soit six mois avant le jour du vote.
Politique
Afrique du Sud : Vers un déploiement de l’armée dans les foyers de criminalité
L’Afrique du Sud s’apprête à déployer des unités de l’armée aux côtés de la police dans un délai de dix jours afin de lutter contre une criminalité galopante alimentée par les gangs de drogue et les mineurs illégaux.
L’annonce a été faite mardi 17 février par le ministre par intérim de la Police, Firoz Cachalia, devant le Parlement.
Les chefs de l’armée et de la police ont finalisé « le plan de déploiement qui débutera dans les dix prochains jours », a précisé le ministre. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures musclées prises par le gouvernement pour contenir la violence dans un pays qui affiche l’un des taux d’homicide les plus élevés au monde, avec environ 60 meurtres par jour.
Le président Cyril Ramaphosa avait annoncé la semaine dernière, lors d’une allocution nationale, l’envoi de troupes dans la province du Cap-Occidental — où se trouve la ville touristique du Cap — ainsi que dans le Gauteng, qui abrite le centre financier de Johannesburg. « Le crime organisé constitue désormais la menace la plus immédiate pour notre démocratie, notre société et notre développement économique », avait-il déclaré.
Certaines zones du Cap sont le théâtre d’affrontements meurtriers entre gangs rivaux qui se disputent le contrôle du trafic de drogue, tandis que des mineurs illégaux opèrent dans les anciens bassins aurifères du Gauteng. Firoz Cachalia a indiqué que l’opération militaire serait également étendue au Cap-Oriental, autre province confrontée à des gangs solidement implantés et à une criminalité liée aux stupéfiants.
La mesure suscite toutefois des critiques. Des experts de la sécurité et des partis d’opposition estiment que les militaires ne sont pas formés aux missions de maintien de l’ordre. D’autres s’interrogent sur le coût du dispositif et y voient l’aveu d’un échec de la police à endiguer la violence.
« Envoyer l’armée à court terme ne réduira pas les 64 meurtres qui ont lieu chaque jour dans ce pays », a lancé Mmusi Maimane, chef du parti libéral Build One South Africa, lors de la séance parlementaire à laquelle assistait le président Ramaphosa.
Politique
Gabon : Suspension des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre »
Les autorités gabonaises ont décidé de suspendre tous les réseaux sociaux “jusqu’à nouvel avis”. Depuis un mois, le président Oligui Nguema fait face à sa première vague de contestations sociales qui gagne en intensité.
La Haute Autorité de la Communication (HAC) au Gabon a annoncé mardi la suspension immédiate et « jusqu’à nouvel ordre » des réseaux sociaux sur le territoire gabonais, évoquant un risque de « dérives conflictogènes ».
Dans un communiqué lu mardi soir sur la chaîne de TV publique Gabon 1ère, le porte-parole de la HAC Jean-Claude Mendome a annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre », sans désigner les plateformes concernées, expliquant que des contenus risquaient d’engendrer des conflits sociaux ou de déstabiliser les institutions.
La contestation monte
Le président gabonais a été confronté en janvier et février à sa première vague de contestation sociale avec une grève des enseignants qui dure par endroits depuis plus d’un mois.
« La Haute Autorité de Communication (HAC) constate la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais, de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes moeurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale », a énuméré le porte parole de l’institution.
La HAC s’inquiète aussi de « la propagation de fausses informations », de « cyberharcèlement », ou encore de « la divulgation non autorisée de données personnelles ».
Dans son communiqué, la HAC a également « déploré », « l’indifférence » des plateformes et « l’absence d’une véritable volonté de modération des contenus illicites ».
« Ces agissements sont susceptibles dans le cas du Gabon d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques », a affirmé le porte-parole.
La suspension n’était cependant pas effective dans la nuit de mardi à mercredi, d’après des témoignages sur place.
Politique
Tchad : L’opposant Albert Pahimi Padacké désigné président du CPDP
L’opposant tchadien Albert Pahimi Padacké a été désigné présidé du CPDP par consensus pour un mandat d’un an.
Installé dans les fonctions la semaine dernière, les membres du Cadre permanent de dialogue politique (CPDP) ont tenu leur première plénière ce mardi, marquée par l’installation de Albert Pahimi Padacké à la tête du bureau.
La plénière a procédé à la mise en place d’un bureau composé de dix membres. Pour la première année, la présidence est accordée par consensus à l’opposition. Le chef de file de l’opposition conduite par son chef de file Albert Pahimi Padacké. Il est assisté d’Aziz Mahamat Saleh, de la mouvance présidentielle.
La plénière a mis également un comité pour la rédaction du règlement intérieur de l’organe et un autre pour l’élaboration de son budget de fonctionnement.
Mis en place en juin 2025, le CDPD a pour objectif de favoriser la concertation entre les partis politiques et accompagner la vie démocratique. Il est composé de 30 membres dont 15 de la majorité présidentielle et 15 de l’opposition démocratique. Ne sont membres que les présidents ou secrétaires généraux des partis politiques légalement reconnus.
Source : https://fr.apanews.net/news/tchad-albert-pahimi-padacke-designe-president-du-cpdp/