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Société

Nigeria : Verdict attendu le 20 novembre dans l’affaire du séparatiste Nnamdi Kanu

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Au Nigeria, le sort du leader séparatiste biafrais Nnamdi Kanu sera bientôt fixé. La Haute Cour fédérale d’Abuja a programmé son jugement pour le 20 novembre, dans une affaire emblématique des fractures politiques et identitaires du pays.

Chef du mouvement IPOB, le Peuple indigène du Biafra, interdit par les autorités, Kanu milite pour l’indépendance du sud-est du Nigeria, une région encore hantée par la guerre du Biafra, qui fit plus d’un million de morts entre 1967 et 1970.

Ce procès, entamé depuis 2015, cristallise les tensions politiques et identitaires du pays le plus peuplé d’Afrique.

Arrêté en 2021 après une longue fuite et une extradition controversée du Kenya, Kanu est poursuivi pour terrorisme et diffusion de messages trompeurs. Le gouvernement nigérian l’accuse d’avoir incité à la violence à travers ses appels à l’indépendance du sud-est, diffusés depuis Londres via la station Radio Biafra.

Devant la justice, Nnamdi Kanu refuse de présenter sa défense, estimant que la loi antiterroriste ayant fondé les poursuites a été abrogée, et que les chefs d’accusation sont dès lors nuls. Le juge James Omotosho a rejeté cette argumentation, considérant que l’accusé, régulièrement assisté de ses avocats, avait choisi de renoncer à son droit de défense.

La tension demeure vive dans le sud-est du pays. Les « sit-at-home », ces journées de paralysie décrétées par les partisans de l’IPOB pour exiger la libération de leur chef, continuent d’entraver la vie économique et scolaire. La famille de Kanu dénonce par ailleurs les restrictions imposées par les services de sécurité, affirmant qu’il n’a plus libre accès à ses conseils juridiques.

L’ONG Human Rights Writers Association of Nigeria (HURIWA) met en garde qu’une éventuelle exécution de Nnamdi Kanu pourrait provoquer des émeutes et aggraver l’insécurité dans le sud-est du pays.

Fuite du pays

Nnamdi Kanu, citoyen nigérian et britannique, s’est fait connaître du gouvernement nigérian en 2015 en lançant un appel en faveur de l’indépendance via la station Radio Biafra basée à Londres, affirmant alors : « Nous avons besoin de fusils et de balles. » 

L’IPOB rejette l’idée qu’il s’agisse d’un appel à l’insurrection. Après des manifestations de soutien au Biafra cette même année, les premières depuis la guerre civile, Nnamdi Kanu a été arrêté lors d’un voyage au Nigeria. Il s’est soustrait à sa libération sous caution en 2017 et a fui le pays après une intervention militaire à son domicile, avant d’être extradé depuis le Kenya en 2021, dans des circonstances que ses avocats ont qualifiées d’enlèvement illégal. 

L’IPOB est par ailleurs accusé d’avoir forcé les habitants à suivre des consignes de « sit-at-home » (rester chez soi) qui paralysent les marchés, les écoles et les transports dans le sud-est, pour protester après l’arrestation de Kanu en 2021. L’IPOB nie avoir eu recours à la violence, rejetant la responsabilité sur des criminels.

L’armée nigériane est également accusée d’abus dans cette région, y compris de meurtres extrajudiciaires, par plusieurs ONG et associations.

Les origines de la guerre du Biafra

Le 30 mai 1967, le pays igbo (sud-est) fait sécession, déclenchant la guerre du Biafra qui fera en trois ans près de deux millions de morts, principalement de famine. C’est l’un des plus graves conflits de l’Afrique post-coloniale. La couverture médiatique du conflit va par la suite entraîner une prise de conscience internationale et aboutir à la création d’un nouveau type d’action humanitaire, face à la gigantesque famine vécue par les habitants. L’ONG Médecins sans frontières a par la suite été créée suite à ce conflit. 

Ancienne colonie britannique indépendante depuis le 1er octobre 1960, le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique et possède d’importantes richesses naturelles. Ses frontières englobent différentes ethnies. La moitié de la population est constituée de Peuls du Nord et les Haouassas de confession musulmane, alors que les Ibos majoritairement catholiques dominent l’Est du pays, riche en pétrole. 

En 1966, un coup d’État portait au pouvoir Philip Gowon un général chrétien de 32 ans. Soucieux de mettre un terme aux violences ethniques et régionales qui ont fait des milliers de victimes et déstabilisé le pays au cours des premières années de l’indépendance, Philip Gowon décide de redessiner la structure fédérale du pays en créant douze régions au lieu de quatre. Cette réforme fait perdre aux Ibos, élite du pays depuis la colonisation, une partie importante de la province du Biafra où viennent d’être découverts d’importants gisements pétroliers. Invoquant les pogroms dont les Ibos avaient été victimes au cours des dernières années, le colonel Ojukwu, gouverneur militaire de la province orientale, déclare alors l’indépendance du Biafra.  

Après d’infructueuses tentatives de négociations, la reconquête miliaire commence. Démarre alors ce conflit qui va se poursuivre jusqu’en janvier 1970. 

Source : https://fr.africanews.com/2025/11/08/nigeria-verdict-attendu-le-20-novembre-dans-laffaire-du-separatiste-biafrais-nnamdi-kanu/

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Mali : Le tissu bogolan officiellement labellisé par l’OAPI

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La reconnaissance officielle du tissu traditionnel par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle consacre un long processus de valorisation et ouvre de nouvelles perspectives pour l’artisanat et l’économie culturelle du Mali.

Le bogolan malien franchit une étape décisive dans sa reconnaissance et sa protection. Le jeudi 12 mars 2026, une délégation du groupement Bôgô Danbé, conduite par son président, Souleymane Goro, et accompagnée du Directeur général du Centre de Développement de l’Artisanat Textile (CDAT), Ousmane Coulibaly, a été reçue en audience par le Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé.

Cette rencontre avait pour objet d’annoncer l’obtention officielle du Label Bogolan, attribué par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI). Cette reconnaissance consacre l’authenticité et la valeur patrimoniale de ce tissu traditionnel emblématique du Mali.

La cérémonie officielle de remise du label est prévue le 16 avril 2026 à Bamako. Elle se déroulera en présence des ministres en charge de l’artisanat et de l’industrie, ainsi que du Directeur général de l’OAPI, institution régionale relevant du système de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Cet événement marquera une étape historique dans la protection et la promotion du patrimoine textile malien.

Le processus de labellisation a été conduit par le Centre de Développement de l’Artisanat Textile (CDAT) et le Centre Malien de Promotion de la Propriété Intellectuelle (CEMAPI), avec l’appui du regroupement Bôgô Danbé. Selon les responsables impliqués, cette démarche est l’aboutissement d’un travail rigoureux et concerté visant à préserver l’authenticité du bogolan et à structurer davantage la filière artisanale.

Au-delà de la reconnaissance symbolique, cette labellisation vise également à lutter contre les phénomènes de contrefaçon qui fragilisent la production artisanale et menacent la transmission des savoir-faire traditionnels. Elle devrait aussi contribuer à mieux organiser le secteur et à renforcer la compétitivité du bogolan sur les marchés nationaux et internationaux.

Lors de l’audience, le ministre Mamou Daffé a salué les efforts conjoints du CDAT, du CEMAPI et du regroupement Bôgô Danbé, estimant que cette labellisation constitue « une avancée majeure pour la protection du patrimoine textile national ». Selon lui, cette reconnaissance est susceptible de renforcer la promotion du bogolan malien tout en contribuant à dynamiser l’économie locale.

Le ministre a par ailleurs encouragé les acteurs du secteur à poursuivre les initiatives de labellisation d’autres produits artisanaux du pays. Il a insisté sur la nécessité de protéger et de valoriser durablement les savoir-faire traditionnels, considérés comme un levier essentiel de développement culturel et économique pour le Mali.

Symbole d’identité et d’expression artistique, le bogolan bénéficie désormais d’un cadre de protection renforcé. Une étape qui pourrait marquer le début d’une nouvelle dynamique pour l’artisanat textile malien sur la scène régionale et internationale.

Source : https://djandjoinfo.com/le-bogolan-malien-officiellement-labellise-par-loapi-une-avancee-majeure-pour-la-protection-du-patrimoine-textile/

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Côte d’Ivoire : Hommage aux victimes de l’attaque terroriste de Grand-Bassam

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La Côte d’Ivoire a rendu hommage aux 19 victimes d’une attaque djihadiste perpétrée il y a dix ans dans une station balnéaire très fréquentée.

Le 13 mars 2016, trois assaillants armés de fusils d’assaut ont pris d’assaut la plage de Grand-Bassam, très prisée des étrangers et située à 40 kilomètres à l’est de la capitale, Abidjan, avant de s’en prendre à des restaurants.

Le carnage, qui a duré 45 minutes, a pris fin lorsque les forces de sécurité ivoiriennes ont abattu les assaillants.

Cette attaque était la première attaque djihadiste en Côte d’Ivoire, l’un des moteurs économiques de l’Afrique de l’Ouest. Le pays a jusqu’à présent été largement épargné par la violence djihadiste qui frappe régulièrement ses voisins, le Burkina Faso et le Mali.

La branche nord-africaine d’Al-Qaïda, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), a revendiqué l’attaque, dont les victimes comprenaient neuf Ivoiriens, quatre Français, un Libanais, un Allemand, un Macédonien, un Malien, un Nigérian et une personne dont l’identité n’a pas pu être établie.

« Cette attaque ne visait pas seulement des personnes », a déclaré le vice-Premier ministre Tene Birahima Ouattara lors de la cérémonie officielle.

« Cela allait à l’encontre de ce qui définit la nation ivoirienne : notre diversité culturelle, notre histoire ouverte sur le monde, notre hospitalité légendaire et notre joie de vivre », a-t-il ajouté, devant un mémorial rendant hommage aux 19 victimes.

Cette attaque était une riposte aux opérations anti-djihadistes menées au Sahel par la France et ses alliés. Elle visait la Côte d’Ivoire pour avoir remis des membres d’AQMI au Mali.

Depuis, dix hommes ont été condamnés à la prison à perpétuité pour leur rôle dans cette attaque, dont six par contumace.

Source : https://fr.africanews.com/2026/03/13/cote-divoire-hommage-aux-victimes-de-lattaque-terroriste-de-grand-bassam/

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Ghana : 150 membres de la diaspora africaine obtiennent la citoyenneté

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Le Ghana a officiellement accordé la citoyenneté à 150 membres de la diaspora africaine lors d’une cérémonie organisée à Accra. Les nouveaux citoyens ont prêté serment d’allégeance avant de recevoir leurs certificats de naturalisation. Cette initiative s’inscrit dans la politique du pays visant à reconnecter les descendants d’Africains dispersés par l’esclavage avec le continent.

Depuis le lancement de ce programme, plus de 1 000 personnes issues de la diaspora ont déjà obtenu la nationalité ghanéenne.

Une cérémonie symbolique à Accra

La cérémonie s’est tenue au Centre international de conférence d’Accra en présence de responsables gouvernementaux et de représentants de la diaspora. Les nouveaux citoyens ont prêté serment de fidélité à la République du Ghana avant de recevoir leurs documents officiels. Pour plusieurs participants, cet événement marque l’aboutissement d’un long parcours personnel. Dans la salle, certains nouveaux citoyens brandissaient de petits drapeaux ghanéens pour célébrer cette étape symbolique.

Une politique de rapprochement avec la diaspora

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large qui vise à renforcer les liens entre le Ghana et les descendants d’Africains vivant à l’étranger. Le pays s’est positionné depuis plusieurs années comme une porte d’entrée pour la diaspora africaine.

Le programme s’appuie notamment sur l’« Année du retour », lancée en 2019 pour commémorer les 400 ans du début de la déportation des Africains vers l’Amérique du Nord. Depuis cette date, de nombreux Afro-Américains et membres de la diaspora ont choisi de s’installer au Ghana, attirés par l’histoire, la culture et les opportunités économiques.
Les autorités ghanéennes présentent la diaspora comme la « 17e région » du pays, soulignant son rôle potentiel dans le développement national.

Une démarche identitaire et historique

Pour beaucoup de nouveaux citoyens, la naturalisation dépasse la simple dimension administrative. Elle représente une forme de retour symbolique vers les racines africaines.
Certains expliquent avoir grandi avec la conscience de leurs origines africaines tout en ressentant une distance culturelle avec le continent. Obtenir la citoyenneté ghanéenne leur permet de combler cette rupture historique héritée de la traite transatlantique.
Lors de la cérémonie, la vice-présidente Jane Naana Opoku-Agyemang a rappelé que la distance géographique ne pouvait effacer l’identité. Selon elle, le Ghana souhaite rester un foyer pour la « famille africaine mondiale ».

Un partenariat pour l’avenir

Au-delà de l’aspect symbolique, les autorités ghanéennes voient également la diaspora comme un partenaire stratégique. Les compétences, les réseaux et les investissements des nouveaux citoyens sont perçus comme des leviers importants pour le développement du pays. Le gouvernement encourage ainsi les membres de la diaspora à investir, entreprendre et participer à la vie économique et culturelle nationale. Les nouvelles politiques de naturalisation, qui ont récemment simplifié certaines démarches administratives, visent à faciliter ce rapprochement. Pour les responsables ghanéens, cette dynamique permet de transformer une histoire marquée par l’exil et la rupture en un projet commun tourné vers l’avenir.

Source : https://www.afrik.com/ghana-150-membres-de-la-diaspora-africaine-obtiennent-la-citoyennete

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