Politique
Cameroun : L’éventualité d’une candidature du président Paul Biya divise le RDPC
Des ministres et cadres du partis affichent désormais leurs dissensions sur une éventuelle candidature du President Paul Biya pour les elections d’octobre prochain. Si certains considèrent cela comme une tactique de diversion, pour des habitants de la capitale, le pays n’est plus gouverné.
« Je pense que cela peut relever d’une tactique politique au sein du RDPC qui aujourd’hui est en ballottage défavorable »; a expliqué Mr Jean, habitant de Yaoundé.
« Cette bataille démontre à suffire et on pourra dire que le pays n’est pas gouverné parce qu’il noya pas de patron pour taper la main sur la table. Et le mutisme du Président de la République est entrain d’occasionner tout ce désordre »; a indiqué Yves Tuya, uhabitant de Yaoundé.
Une situation inédite que ce parti n’a jamais connu depuis sa création, qui selon les analystes politiques embarrassent les militants et pose le problème de légitimité du RDPC.
« On a le ministre Sadi par exemple qui ne sait trop quoi dire, on a le ministre Jacques Fame Ndongo qui essaye de rassurer, mais en réalité les camerounais ne sont pas dupes par rapport à ça. Et mieux encore, les militants de leur parti ne savent pas à quel sein se vouer. Et ce qui est de plus dangereux dans ce genre de situation c’est que tout repousse sur un seul homme. Et on est à même de se demander quand on est dans ce genre de situation, est-ce que ce genre de parti a encore la légitimité de parler au nom du peuple puisque en leur propre sein, ils sont dans l’incapacité de pouvoir s’entendre et parler d’une même voix ».
Pour l’analyste politique Landry Antanga, il est clair que le parti au pouvoir est desormais au bord de l’implosion au Cameroun car les ténors ont démontrer leurs limites et leur incapacité à préparer la relève. « La cacophonie qu’on ressent au niveau de la maison RDPC ces derniers temps peut-être comprise sur 3 éléments. Le premier élément est l’absence d’une ligne claire. Le deuxième est l’absence d’une relève assumée et la troisième est la peur d’une vacance au sommet », a expliqué Landry Atangana, analyste politique.
Il ne s’agit plus d’une dissidence cachée mais d’une fracture assumée au sein du RDPC. Pour l’expert la transition est desormais inévitable dès octobre prochain.
« Les voix qui se taisaient avant sont entrain de parler de plus en plus au sein du parti. Et on est passé d’une dissidence cachée à une fracture assumée. Les partis d’opposition, les anciens qui étaient dans l’alliance hier ont décidés reconfigurer la scène politique au Cameroun. On est actuellement dans une situation où on a une transition qu’on le veulent ou pas au sein du pays »; a ajouté l’analyste politique.
Pour les observateurs, la rupture des alliés historiques du RDPC et cette situation devrait donner à l’opposition l’ultime chance de sortir le Cameroun de 43 ans de règne sans partage du parti au pouvoir en octobre.
Politique
Bénin: Une douzaine de militaires arrêtés après «l’échec» de la tentative de coup d’État
Des militaires béninois ont annoncé tôt, ce dimanche 7 décembre au matin, sur la télévision publique avoir « démis de ses fonctions » Patrice Talon, qui devait passer la main en avril 2025 après dix ans au pouvoir. Mais, désormais, l’entourage du président affirme que la situation est sous contrôle et que Patrice Talon est en sécurité. Une douzaine de militaires ont été arrêté d’après des sources sécuritaires.
Au Bénin, des militaires ont annoncé ce dimanche matin à la télévision publique avoir démis de ses fonctions le président Patrice Talon. Ces militaires affirment que le Lieutenant-Colonel Tigri Pascal a été nommé président d’un « Comité de la refondation militaire ».
La situation reste confuse à Cotonou où des tirs ont été entendus près dans la zone du port et de la présidence il y a quelques heures. Une source sécuritaire jointe par RFI a très vite évoqué une tentative de Coup d’état en cours. La circulation autour de la présidence est bloquée et des hélicoptères survolent la zone.

L’armée a repris le contrôle d’après l’entourage de Patrice Talon
Selon plusieurs sources, les mutins se sont d’abord dirigés vers le domicile de Patrice Talon, où ils ont été énergiquement repoussés. Ensuite, ils ont ciblé le palais avant de faire irruption dans les locaux de la radio télévision publique, où ils ont réussi à enregistrer leur message. Le lieutenant-colonel Pascal Tigri est un officier d’artillerie. Il appartient à la garde nationale.
Mais la déclaration n’a plus été rediffusée et le le signal de la chaîne publique Bénin TV ne fonctionne plus, rapporte notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan.
Une douzaine de militaires arrêtés
« Il s’agit d’un groupuscule de personnes qui ont uniquement la télévision. L’armée régulière reprend le contrôle. La ville (Cotonou) et le pays sont totalement sécurisés », a-t-il dit. « Tout est sous contrôle. Ils n’ont pas réussi à prendre le domicile du chef de l’État et la présidence de la République. C’est une question de temps pour que tout rentre dans l’ordre. Le nettoyage suit bien son cours », a dit à l’AFP une source militaire.
« Au petit matin de ce dimanche 7 décembre 2025, un groupuscule de soldats a engagé une mutinerie dans le but de déstabiliser l’État et ses institutions.Face à cette situation, les Forces Armées béninoises et leur hiérarchie, fidèles à leur serment, sont restées républicaines. Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre. Aussi, le gouvernement invite-t-il les populations à vaquer normalement à leurs occupations », a déclaré à la télévision nationale le ministre de l’Intérieur béninois Alassane Seidou.
D’après l’AFP, qui cite une source militaire, une douzaine de militaires ont été arrêtés. Une première source militaire a fait état de 13 arrestations, tandis qu’une autre a indiqué que « tous ceux qui sont aux arrêts sont des militaires, dont un déjà radié de nos effectifs ». Selon une source sécuritaire, les auteurs de la tentative de putsch font partie des interpellés.
La situation reste incertaine
Les voies d’accès à la présidence de la République sont bloquées par des chicanes. Des policiers sont postés devant et dévient la circulation. Des chars ont été également vu en train de rouler à vive allure en direction du boulevard de la Marina. Ailleurs dans la ville de Cotonou, le trafic est normal. Les cultes se sont tenus dans les églises ce dimanche et les fidèles sont en train de rentrer chez eux en ce moment.
Les Béninois se posent en tout cas de nombreuses questions et multiplient les appels téléphoniques pour comprendre la situation. Ils attendent encore d’avoir une déclaration avec plus de détails et puis peut être un bilan pour savoir s’il y a eu des blessés et des personnes décédées. La vidéo des mutins qui a circulé sur les réseaux sociaux, a décuplé les interrogations, et la déclaration du ministre de l’Intérieur a apporté aux Béninois quelques éclaircissements.
L’Union africaine (UA) a quant à elle affirmé condamner « fermement et sans équivoque » la tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon et a appelé les militaires à rentrer dans leurs casernes. Le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a également exhorté, dans un communiqué publié sur X, « tous les acteurs impliqués dans la tentative de coup d’État à cesser immédiatement toutes actions illégales » et à « retourner sans attendre à leurs obligations professionnelles ».
Politique
Guinée Bissau : Les putschistes évoquent un « risque de guerre civile ethnique »
Les militaires ayant pris le pouvoir en Guinée-Bissau lors d’un coup d’État ont officiellement mis en place un Conseil national de transition (CNT), selon une résolution publiée jeudi.
La junte, qui se présente sous le nom de Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre, invoque un contexte électoral marqué par un « risque de guerre civile à caractère ethnique » pour légitimer son intervention. Dans sa résolution, la junte annonce que ce Conseil national de transition aura pour mission de :
- Préparer les instruments de transition politique.
- Superviser les activités des organes de pouvoir pendant cette période.
- Élaborer une Charte nationale de transition, censée « restaurer la légalité constitutionnelle ».
Cependant, le texte ne précise ni la composition du CNT, ni les critères de sélection de ses membres, laissant planer des doutes sur sa représentativité et son fonctionnement.
La Charte de transition, dont le premier article dissout le Conseil de la magistrature pour toute la durée de la transition, entre en contradiction avec les déclarations de la junte. Celle-ci affirme pourtant vouloir « préserver le fonctionnement de la justice », tel que prévu par la Constitution. Cette mesure soulève des interrogations sur l’indépendance du pouvoir judiciaire et la crédibilité des promesses de retour à l’ordre constitutionnel.
Politique
Namibie : La présidente Netumbo Nandi Ndaitwah désignée dirigeante africaine de l’année
Les leaders africains sont célébrés pour leur engagement en faveur du développement durable et de la résilience institutionnelle.
La présidente namibienne Netumbo Nandi Ndaitwah et la juge en chef sud-africaine Mandisa Maya ont été respectivement nommées « Personnalité politique africaine de l’année » et « Personnalité féminine politique africaine de l’année » lors des prix Personnalités de l’année 2025 du magazine African Leadership Magazine (ALM).
Les POTY Awards 2025, annoncés mardi, ont été attribués après un processus en trois étapes comprenant des nominations continentales, une évaluation éditoriale et un vote mondial en ligne clôturé le 30 novembre. L’initiative, célébrée pour la 15ᵉ année consécutive, vise à honorer le leadership dans la gouvernance, les affaires, la philanthropie et le service public.
« Les lauréats incarnent un leadership qui renforce les institutions, stimule l’innovation et ouvre de nouvelles perspectives », a déclaré Ken Giami, éditeur d’ALM. La cérémonie de remise des prix se tiendra les 27 et 28 février 2026 à Accra et devrait accueillir plus de 400 délégués, avec une diffusion numérique touchant plus d’un million de personnes.
Parmi les autres lauréats figurent Patrice Talon, président du Bénin (finaliste, « Dirigeant politique de l’année ») ; Esperança da Costa, vice-présidente de l’Angola (« Femme dirigeante de l’année ») ; Barnabas Nawangwe, recteur de l’université Makerere (« Éducateur de l’année ») ; Mbaye Cisse, chef d’état-major des forces armées sénégalaises (« Leader pour la paix et la sécurité ») ; et Samuel Dossou Aworet, fondateur du groupe Petrolin (« Industriel de l’année »).
Les prix ont également récompensé des acteurs de la philanthropie, de la santé publique et du leadership des jeunes, notamment Samuel Tafesse (Éthiopie, « Philanthrope de l’année »), Wicknell Chivhayo (Zimbabwe, « Jeune philanthrope africain »), Esperance Luvindao (Namibie, « Championne de la santé publique ») et Khalil Suleiman Halilu (Nigeria, « Jeune leader africain »).
Source : https://fr.apanews.net/diplomacy/la-presidente-namibienne-designee-dirigeante-africaine-de-lannee/